La Monuc a eu connaissance de communication d’associations locales de défense des droits de l’homme sur la présence possible de ce qui semblerait être des fosses communes à Manterne, village du Bas-Fleuve situé à quelques kilomètres de Boma dans la province du Bas-Congo.

Son porte-parole, Kemal Saïki l'a déclaré au cours du dernier point de presse le mercredi 9 avril 2008. Il a indiqué qu’une équipe de la section des Droits de l’homme de la Monuc est au courant de ces allégations afin d’obtenir des précisions et d’établir les éléments d’informations au sujet de l’existence de fosses communes. Il a précisé qu’à l’état actuel de la situation, la Monuc le peut pas donner davantage de précisions et de détails exacts sinon qu’il y a des investigations sur les lieux.
A rappeler que le mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo (BDK) aurait déclaré que » cinq fosses communes ont été découvertes à Manterne et que des centaines de cadavres auraient été jetées dans des rivières, au cours de l’opération menée par la police nationale congolaise en février et mars dernier, contre les adeptes de bundu dia kongo ».
Certaines sources dont l’AFP et la Radio onusienne ont repris les affirmations des ONGs locales de la défense des droits de l’homme qui ont témoigné sur l’existence des fosses communes.
Mais selon elles, les corps qu’elles contenaient, auraient été déplacés avant l’arrivée des missions d’enquête.
L’ONG de défense des droits de l’homme « La Voix des sans Voix » (VSV) aurait assuré qu’une fosse commune était découverte à Manterne. Le 2 avril 2008, une équipe composée d’un substitut du procureur de Matadi, d’un agent de Croix-Rouge locale et d’un médecin légiste aurait constaté sur place que la « fosse avait été ouverte puis recouverte, mais y aurait tout de même retrouvé un tissu de corps humain ».
L’ONG de la défense des droits de l’homme, VSV a affirmé dans un communiqué que « la découverte des fosses communes à Manterne fait suite au massacre des adeptes de BDK dont les autorités cherchent à effacer toutes les traces ».
Contactée par l’AFP, la vice-présidente de 1’Assemblée provinciale du Bas-Congo, Mme Marie-José Fulu Masaka, a affirmé que « la mission d’enquête qu’elle avait menée début avril à Manterne et dans d’autres localités ne permettait pas de conclure à la présence des fosses communes ».
Fosses communes du bas-Congo : la commission parlementaire ne nie ni ne confirme leur existence
Le rapport de la commission de l’Assemblée provinciale présenté à la plénière mercredi ne confirme ni n’infirme la présence des fosses communes entre les villages de Lungavasa et Manterne. Cette commission de l’assemblée provinciale était chargée de vérifier l’existence ou non de fosses communes en ce lieu.
En effet, d’après l’honorable Paku Mapangula, président de la commission, son équipe est descendue sur terrain la première fois accompagnée du procureur de la République de Boma. Sur le lieu, ce dernier a fait photographier l’endroit et à la place, quelques indices tout en priant l’autorité administrative de Lungavasa et Manterne de sécuriser le site.
Curieusement, lorsque la commission et le procureur de la République de Boma sont redescendus sur le terrain le lendemain, poursuit la même source, avant la fouille, ils ont constaté que le site avait changé de configuration.
Après avoir fouillé, le lieu, aucun corps n’a été trouvé dans les fosses, à part des braises sèches et l’odeur nauséabonde. Toujours d’après le président de la commission, l’équipe de la Croix-Rouge qui a creusé les fosses a découvert quelques cache-nez et une membrane humaine confirmée du reste par le Dr Mabiala comme une peau de plante humaine.
Dans ses recommandations, la commission parlementaire a demandé que les autorités politico- administratives de la ville de Boma et Manterne soient suspendues pour besoin d’enquête. Pour avoir refusé de sécuriser le site, ces autorités, renchérit la commission, doivent être traduites en justice par le gouvernement provincial du Bas-Congo.
La commission doit attendre les rapports du procureur de la République de Boma et du médecin légiste pour compléter le dossier.
(MilorEyenga Sana/Radiookapi.net/Le Potentiel
Last edited: 11/04/2008 16:52:49