Joseph Kabila n’a pas de repos. Revenant de l’Inde où il a fait entendre la voix de l’Afrique centrale, il est arrivé jeudi à Lubumbashi aux petites heures du matin. Ce vendredi, tout indique que le Chef de l’Etat sera personnellement à Kasumbalesa pour lancer les travaux de l’autoroute Lubumbashi-Kasumbalesa.
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C’est un défi relevé et un pari de gagner pour le gouvernement congolais. Le ministre des Travaux publics, Infrastructures et Reconstruction, quant à lui, il est au Katanga depuis le lundi, jour prévu pour le lancement des travaux pour ce chantier. Si la date a été changée, c’est parce que le chef de l’Etat a tenu à donner la solennité voulue à cet événement en présidant personnellement la cérémonie. Avaient également précédé le chef de l’Etat dans la capitale du cuivre outre Pierre Lumbi des Tpir, Martin Kabwelelu des Mines et Godefroid Mayobo, ministre près le Premier ministre. Plus personne ne peut douter de l’effectivité des cinq chantiers surtout après la prestation de Pierre Lumbi au Grand Hôtel Kinshasa.
Le constat est clair et s’impose aux observateurs de tous les bords. Au plan politique, au lieu de reconnaître que le gouvernement est sur la bonne voie, le débat change de sujet pour se cramponner dans l’absurde. Un gouvernement immobile peut-il réussir les résultats auxquels on assiste aujourd’hui ?
Des avancées au plan sécuritaire
Au plan sécuritaire, les choses bougent même si on ne veut pas le reconnaître pour le besoin de la cause. Le secrétaire général de l’Onu donne un témoignage désintéressé qui est digne de foi. En effet, Ban Ki-Moon se félicite des mesures « importantes » prises pour trouver la solution à l’instabilité dans l’Est de la Rdc.
C’est ce que Kemal Saiki, porte-parole de la Monuc, a rapporté mercredi au cours du point de presse hebdomadaire à Kinshasa. Il se faisait écho du message du SG de l’Onu rendu public mardi.
« M. Ban Ki-Moon estime que les processus de Nairobi et de Goma ont établi des cadres permettant de gérer des problèmes sécuritaires en suspens notamment dans le Kivu, avant de souligner que la réussite de ces deux processus dépendra au final de la détermination de bonne foi et de la volonté politique de toutes les parties ».
Donnant le gage de la réussite de ces mesures, le SG de l’Onu ne dit pas que cela ne dépendrait que du gouvernement congolais ou de la gueule du Premier ministre.
Il est allé loin en ajoutant que « le maintien de l’engagement international demeure essentiel et observe une augmentation du nombre de violations confirmées du cessez-le-feu, source majeure de préoccupation ».

Personne encore une fois, sauf mauvaise foi, ne peut mettre en doute la volonté du gouvernement congolais de mettre fin à la situation d’insécurité à l’Est et reconnaître que la situation très complexe nécessite une grande mobilisation internationale. En faire une question seulement de la politique interne et partisane, c’est se moquer de toutes les victimes de cette insécurité.
Il demande au gouvernement congolais « de garantir la nature inclusive du processus ». C’est le cheval de bataille du gouvernement que d’aucuns considèrent à tort comme une faiblesse. Le dossier ayant des implications régionales, la Rdc a déployé une diplomatie agissante mais aussi et surtout dans une humilité qui ne vise que le bien des populations congolaises. Ces efforts sont remarquables. C’est ce qui a poussé le SG de l’Onu à féliciter « la poursuite du dialogue entre les pays de la région des Grands Lacs ».
La bonne gouvernance
Au plan économique, les pourfendeurs du gouvernement parlent de l’inflation et en font une affaire encore une fois de politique nationale. Répondant à cette critique faite encore une fois pour le besoin de la cause, le ministre des Finances, Athanase Matenda a fait savoir que « L’inflation a deux origines monétaire et ou importée. Pour la Rdc, il s’agit des incidences négatives de la tendance inflationniste persistante sur l’échiquier mondial ». Car, il ne suffit pas de relever la présence de l’inflation sans tenir compte du contexte mondial. Le gouvernement Gizenga II n’a plus à faire des preuves de bonne gouvernance. Ce serait même l’une des sources de ses ennuis. Sinon, on ne parlerait pas du bonus de 29 milliards de francs congolais dégagé au 1er trimestre. D’aucuns cherchent des explications à ce bonus alors qu’ils ne font aucun effort pour trouver les explications à l’inflation.
Ainsi, lorsque le prix du baril de pétrole troue le plafond de quelque 110 dollars, il y a des analystes congolais qui en font porter le chapeau au gouvernement congolais en considérant la hausse des prix du pétrole à la pompe comme une question de politique nationale. Tout est calcul politique. Il n’y a donc aucune critique faite contre le gouvernement qui tienne debout.
Une passe en or à l’opposition
Une passe en or est ainsi faite à l’opposition. Il semblerait que la redistribution des cartes essentiellement au sein du gouvernement serait la préoccupation. Mais, comment avoir la peau de Gizenga II ? On voulait d’abord opposer les deux têtes de l’exécutif pour cause que le gouvernement ne faisait aucun effort pour concrétiser les cinq chantiers.

Le chef de l’Etat était donc amené à se désolidariser de son Premier ministre qui, selon les critiques, empêcherait la réalisation des promesses électorales.
Au moment où le gouvernement démontre qu’il est en mesure de réaliser son programme et amorcer ainsi le développement du pays notamment avec la construction des infrastructures, on est étonné que la majorité dise le contraire au peuple congolais. La presse nationale fait état des déclarations de certains membres de la majorité qui ne jureraient que sur le départ du Premier ministre et du gouvernement parce qu’il y aurait immobilisme. Une façon pour ces membres de la majorité de dire au peuple congolais que les travaux qu’inaugure le Chef de l’Etat ne représenteraient rien.
Il est impossible, sauf suicide politique, que tel comportement soit celui de la majorité. Jusque-là, on n’a aucune réunion de l’Amp qui aurait pris position dans ce sens. On parle aussi et souvent du Pprd à qui, on prêterait des intentions. Car, officiellement, le parti majoritaire de la coalition n’a jamais fait des déclarations officielles dans le sens de se saborder en sabordant l’action du gouvernement. D’où viennent alors les déclarations qui alimentent la polémique dans les médias ? Apparemment, il s’agit des actions solitaires et marginales de quelques individus. Le tort des structures officielles de la majorité, c’est de se taire au point de confirmer l’adage selon lequel qui ne dit mot consent.
Plus malin que la majorité
L’opposition profite au maximum de la situation qui prévaut dans la majorité. Les observateurs sont d’avis que si les locales avaient lieu demain, la majorité y ferait fiasco parce qu’elle aurait passé les mois au pouvoir à se saborder, à démontrer au peuple qu’elle n’est capable de rien, surtout incapable de tenir les promesse électorales. Au lieu de voir les chantiers qui poussent partout, la population ne ferait foi qu’au témoignage de la majorité sur sa propre incapacité.
D’autres observateurs sont d’avis que l’opposition est à la base des débats sur le prétendu immobilisme du gouvernement. Car, elle a peur qu’avec les cinq chantiers, la majorité prépare la réélection de Joseph Kabila et la reconduction de la majorité après 2011. Pour-ce faire, l’opposition a intérêt à semer la zizanie dans la majorité. En cas du départ de Gizenga, l’opposition aurait l’avantage de voir le Palu basculer dans son camp.
C’est pour cette raison que cette opposition veut qu’il soit clair dans l’opinion que c’est le Pprd ou l’Amp qui veut le départ de Gizenga. Demain, elle sera aux avant-plans pour dire pourquoi on ne voulait pas de Gizenga. On doit être sûr que personne ne parlera de l’immobilisme dont on se régale aujourd’hui. Pourquoi donc la majorité au pouvoir veut-elle se suicider au moment où les cinq chantiers redonnent l’espoir au peuple congolais ?

La politique est avant tout une affaire de choix. Des choix mal opérés au moment qu’il fallait sont toujours suicidaires. Que veut la majorité ? Croit-elle aux cinq chantiers?
Une majorité soudée gène l’opposition
Cette majorité par certaines prises de position, fait une contre campagne à Joseph Kabila. Ainsi par exemple, au lieu de se féliciter de voir le chef de file au devant de l’actualité, certains auraient voulu le voir sous l’ombre du Premier ministre.
Et pourtant, quiconque voudrait voir Joseph Kabila se représenter après 2011, doit être heureux de le voir jouer effectivement son rôle d’inspirateur de l’action du gouvernement en lieu et place d’un président qui règnerait alors que le Premier ministre gouvernerait.
Le Chef du gouvernement aurait l’ambition de disputer à Joseph Kabila le leadership en prévision de 2011, il se jetterait dans la bataille se précipitant sur les inaugurations et autres, question de revendiquer la paternité pour des raisons électoralistes.
La passe que Gizenga fait à Joseph Kabila en le laissant se positionner comme seul leader d’une majorité qui pourrait se maintenir après 2011, gène l’opposition qui veut à tout prix casser cet avantage qu’a Joseph Kabila sur son éventuel challenger après 2011. Dommage que dans la majorité, beaucoup n’ont pas encore compris que demain dépendra d’aujourd’hui.
Comprenne qui peut.
(Ern.)Joachim Diana G./L’Avenir