Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu en RDC et patron de la Monuc s’est entretenu pour la première fois avec le maître de Kigali dans un village du Rwanda apparemment pour préparer un prochain sommet Kabila-Kagame à New-York autour de la crise à l’Est de la RDC.

La MONUC, c’est la Mission de l’Onu au Congo. Depuis sa création en 1999 pour assurer le maintien de la paix en Rdc, elle a connu trois responsables au titre de Représentant spécial du Secrétaire Général de l’Onu. L’actuel Représentant spécial, le Britannique Alan Doss, est le quatrième. Il a succédé à l’Américain William Swing. Hier, Alan Doss a rencontré le président rwandais, Paul Kagame au Rwanda. Depuis sa prise de fonctions, c’est pour la première fois qu’il rencontre le président rwandais. Cela ne devrait pas être une préoccupation. Car, on ne veut pas donner l’impression que désormais, les affaires congolaises devront passer par Kigali, surtout lorsqu’on sait que ce pays influe à 89% dans la crise congolaise.
C’est peut-être une raison de plus pour que le chef de la Monuc se fasse inviter à Uringwito. Mais il faut craindre que l’on recourt à l’incendiaire pour éteindre le feu. La rencontre entre Kagame et Alan Doss avait eu lieu dans un village rwandais à Uringwiro. Pourquoi Alan Doss est-il allé dans ce village rwandais? La réponse à cette question vient de la déclaration de Alan Doss lui-même à l’issue de la rencontre.
Pour lui, c’est avant tout pour se présenter au président rwandais. Il a profité de cette occasion pour écouter les avis de Kagame sur certaines questions d’intérêt commun pour la sous-région. Mais, plus important, apparemment la raison principale du déplacement de Alan Doss pour Kigali, c’est la prochaine réunion à New-York, réunion entre le Rwanda et la Rdc devant des facilitations.
La réunion, apprend-on de bonne source, aura lieu au courant de ce mois d’avril. La rencontre de Uringwiro aura servi à Alan Doss de discuter sur l’ordre du jour de cette réunion avec Kagame. Il a promis d’entreprendre une similaire démarche auprès du gouvernement congolais.

La démarche est apparemment innocente. Mais elle intrigue dans la mesure où elle fait apparaître l’impression que la Rdc serait dirigée par l’Onu. On ne sait pas quel sera l’ordre du jour de cette réunion. Qui l’a convoquée ? Et pourtant. Ce pays n’est plus un non Etat, sans pouvoir légitime.
Il est donc étonnant que les institutions du pays ignorent de quoi il s’agit. En toute priorité, puisqu’il s’agit du Congo, ce pays aurait pu être le premier à donner son avis avant que l’on aille entendre celui de Kigali.
Qu’il s’agisse d’une réunion pour mettre en place les mécanismes d’application du protocole de Nairobi, comma l’a souligné en substance l’envoyé spécial dans la région des Grands Lacs, Richard Sezibera, on ne devrait pas continuer ignorer les institutions de l’Etat congolais.
L’importance accordée à Kagame dans les questions congolaises est étonnante lorsqu’on sait que ce dernier, autant qu’il veut être consulté en priorité, autant qu’il prend ses distances au moment de passer à l’œuvre et renvoie la balle dans le camp de la Rdc en estimant que la Monuc, c’est une affaire de la Rdc. Kinshasa donc, doit tout faire pour répondre aux préoccupations de Kigali.
Mais de sa part, il estime que la Rdc n’a pas de préoccupations. C’est du reste ce que reconnaît Richard Sezibare lorsque de savoir cette question de savoir ce que Kigali pense de la nomination de Alan Doss, il n’est que « le nouveau représentant qui collabore étroitement avec le gouvernement congolais pour résoudre le problème de force négative, ce qui est une préoccupation majeure sans doute pertinente mais traitée avec trop de suspects subterfuge.
(Ern.)L’Avenir
Last edited: 10/04/2008 12:15:52