Apparemment on ne parviendra pas à résoudre le problème de l’engorgement du port de Matadi dont ne cessent de se plaindre les opérateurs économiques tant que perdurent les longues filières des formalités de dénouement à la base actuellement du blocage de quelque 4.665 containers.

Le port de Matadi a été construit pour recevoir 1.700 conteneurs de 20 pieds. A ce jour, les importateurs ne savent plus à quel saint se vouer. Des conteneurs sont bloqués pour des formalités de dédouanement, causant un réel préjudice à l’économie et aux opérateurs économiques évoluant en RDC. Sans délais, l’Ofida, l’OCC et Bivac sont invités à se concerter avec les usagers de la douane.
De janvier à mars 2008, l’Ofida n’a pu réaliser des performances au même prorata que les autres régies financières. Et pour cause? Les dédouanements s’opèrent au compte-gouttes depuis que l’opérateur Bivac est arrivé. La réticence mieux la résistance des usagers de la douane face à cette nouvelle donne a causé un énorme manque à gagner au Trésor public.
Ainsi que le renseigne la situation du compte général du Trésor à la clôture du premier trimestre. L’Ofida a enregistré plutôt une contre-performance. Au mois de février, les recettes étaient de 28.647.543.446,89 francs congolais alors qu’au mois de mars, les recettes ont chuté à 27.755.832:592,67 francs congolais.
Et pourtant, l’arrivée de Bivac visait la maximisation des recettes. L’effet obtenu s’avère contreproductif au regard de résultats. Entre-temps, au port de Matadi le plus grand pourvoyeur de recettes de l’Ofida, les choses ne semblent pas évoluer positivement.
Des informations recueillies sur place, il ressort que 4.600 conteneurs de 20 pieds sont toujours stockés au port de Matadi. La vente publique aux enchères de marchandises visant son désengagement n’a pu résoudre la difficulté. Bien au contraire, la situation a davantage empiré. Ce qu’a confirmé la semaine passée le directeur du département de port maritime de l’Onatra, à la presse.
Ainsi, le directeur Tito Umba di Malanda a-t-il révélé que ses installations contiennent « au moins 4 635 conteneurs de 20 pieds ». Ce qui en augmente le nombre dans le parc portuaire. « Notre grande crainte est qu’on a 6.000 conteneurs alors que le 26 mars dernier, nous les avons diminués à 5 454. Nous constatons une augmentation d’au moins 1181 conteneurs. 4 665 conteneurs ne peuvent pas sortir du port parce qu’ils n’ont reçu aucune instruction », a-t-il déclaré, désespéré.
Ce cadre de l’Onatra ne lie pas l’engorgement actuel du port de Matadi au manque d’engins mais, à des pesanteurs administratives. Ce qui implique inévitablement le système Bivac.
La solution consisterait à adapter les exigences de nouvelles dispositions aux réalités de l’économie congolaise confrontée au secteur informel. Il ne s’agit pas de contraindre l’Etat à travailler dans l’informel, mais de trouver des solutions idoines susceptibles de pallier les insuffisances actuellement constatées. L’Etat congolais, à travers l’Ofida, doit prendre l’initiative de l’adaptation de cette donne imposée par les réalités du terrain. Une rencontre entre les trois intervenants, à savoir : l’Ofida, l’OCC et Bivac. Ils ont l’obligation de prendre le taureau par les cornes et proposer des solutions qui ne fragilisent pas les recettes de l’Etat.
(Ern.)Bienvenue-Marie Bakumanya/Le Potentiel
Last edited: 10/04/2008 12:31:13