A peine esquissée la chasse aux contrats miniers douteux, Russes, Chinois, Indiens, Canadiens et Africains se bousculent de nouveau au portillon de la Rdc.

Ces candidats opérateurs miniers veulent tenter leur chance. Cette fois, le gouvernement est invité à jouer la carte de la transparence dans les négociations. Et ce pour des raisons d’intérêt national. Ce faisant, il aura l’avantage de se crédibiliser aussi bien sur le plan intérieur que sur la scène internationale.
Un communiqué de presse de la firme russe Alrosa indique que son directeur exécutif, Sergei Vybomov, a rencontré les officiels de la RDC le 18 mars dernier. Sujet de discussion la coopération entre Alrosa et la RDC dans l’exploitation des mines de diamant et la production de l’énergie. Le communiqué précise qu’avant l’étape de Kinshasa, Vybomov avait précédemment conféré en Namibie avec le président Hifikepunye Pohamba et, en Angola, avec José Eduardo dos Santos.
De son côté, la société ICS Copper Syvteins Ltd (ICS) a déclaré, dans un message remis aux médias spécialisés d’outremer, qu’elle a signé une Lettre d’intention avec Trans African Minerals Limited (Trans African) en rapport avec 6 licences (autorisations) en RDC. Les autorisations qui tombent sous cet agrément concernent Bayombwe, Lubudi, Bukama, Kabalo, Kaniama et Karukuruku au Katanga.
Pour sa part, SA MINE RAL Resources Corporation (Samroc) dit avoir acheté South Africa Congo Oil Company (SacOil), une société qui détient des concessions d’hydrocarbures en KL)U, concessions évaluées à 516,9 millions de Rands sudafricains. Samroc met ainsi pied à terre en RDC dans l’industrie pétrolière. Elle s’est préparée en conséquence parce qu’elle a prévenu en mars qu’elle changerait de nom pour s’appeler désormais SacOil.
Connaître les nouvelles règles du jeu
Après transformation, Sac Oil a l’ambition de devenir une compagnie panafricaine de pétrole et de gaz. A la conclusion de la transaction, Sac Oil se convertirait en un outil qui génèrerait de l’argent pour explorer la région du lac Albert, principalement le Graben, à l’Est de la RDC, une région potentiellement riche en hydrocarbures.
Dlviii inspiration Group, Encha Group et Ricela 1758 sont propriétaires de Sac Oil, Encha contrôle environ 65% de Sam roe.
Autre tradei, AFinc. Cette société sud-coréenne a loué une concession foncière en RDC pour planter du maïs, du soja et d’autres graminées tant pour l’alimentation humaine que pour la production du bio diesel. A cet effet, AFinc a obtenu 100.000 hectares de terre pour 30 ans d’exploitation. C’est le premier investissement sud-coréen dans le secteur agricole en RDC.
Les initiateurs projettent de porter la superficie initiale à 350 000 hectares. La production attendue est de 900 000 tonnes métriques d’aliments pour hommes et bétail par an. Quant au bio diesel, l’investissement procurera 250 000 tonnes en 2013. Côté rentabilité : le projet va générer 840 millions de dollars dans la vente de ses produits.
Une révélation. La société Oriental Iron Company, ORICO, une multinationale constituée principalement de capitaux israéliens, va investir 7 milliards $ dans un projet d’exploitation de fer dans la province Orientale. Selon le ministre des Mines, ce projet consiste en l’exploitation de gisements de fer dans le territoire de Banalia et dans une partie de l’Ituri. Les députés de la Province Orientale accueillent avec satisfaction ce projet et espèrent qu’il sera le moteur de développement de la région.
Après la déconfiture subie par le gouvernement
Autre révélation. Antofagasta, un producteur de cuivre au Chili, en Amérique latine, s’intéresse aux mines en Asie centrale et en RDC. Marcelo Awad, son directeur exécutif, a annoncé les couleurs. « Depuis que nous nous sommes impliqués au Pakistan, nous nous sentons maintenant suffisamment aguerris pour défier divers autres pays, notamment la RDC à l’Asie centrale…. Je vois notre pays réussir les négociations avec la Zambie ou la RDC, ou les deux endéans 18 mois. Nous sommes impatients de connaître les nouvelles règles du jeu en RDC. Et, enfin, Ras Al Khamah Minerals & Ivletals Investisments (RMMI) ont annoncé, début mars, un investissement de 5250 millions dans les mines de la RDC. L’investisseur arabe s’intéresse à l’exploitation du cuivre et du cobalt.
Que peut, finalement, inspirer cette revue de la presse internationale, rassemblée ici par les soins de la rédaction du Potentiel? La question reste posée d’abord aux acteurs politiques Gouvernement, Parlement, Partis politiques. La société civile ne peut pas non plus l’éluder.
Notre préoccupation première est d’attirer l’attention des décideurs sur les enjeux que représentent les ressources minières du pays, l’attrait qu’elles exercent sur les industriels du monde et aussi la tentation qu’elles soulèvent dans le cœur des groupes mafieux, nationaux et étrangers.
Après la déconfiture subie par le gouvernement à la suite de la révisitation des contrats miniers délivrés hier dans l’anarchie par ses mandataires, il n’est plus responsable de récidiver dans l’octroi irrégulier de nouvelles concessions. Le gouvernement n’a plus droit à l’erreur. Il est temps que les ressources minières de la RDC enrichissent les citoyens congolais, sans discrimination. La signature de nouveaux contrats devra donc être soumise aux règles de transparence.
(Ern.)Le Potentiel