Le discours prononcé par la ministre Lukiana pour marquer la clôture des travaux de la 3ème session extraordinaire du Conseil National du Travail reconnaît les mérites des concertations abouties et les bonnes perspectives qu’elles ouvrent pour l’assainissement du secteur de l’Emploi en RDC.

Toutes les communications et discours prononcés à la cérémonie de clôture des travaux de la 3ème session extraordinaire du Conseil National du Travail ont reconnu les résultats positifs auxquels ont abouti les assises de la Tripartie du monde du travail congolais. Il s’agit d’avancées notoires qui répondent tant soit peu aux attentes des populations, bien que la mise en pratique des recommandations concernées et soumises à la sanction de la haute autorité du pays vont exiger de la part de toutes les composantes de ladite tripartite une franche collaboration non exempte de sacrifices pour le parfait aboutissement des objectifs visés pour le bonheur de toutes les parties.
C’est dans cet esprit que, pour sa part, la ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale, Mme Marie-Ange Lukiana, s’est exprimée dans son discours dont voici le texte intégral.
Le Conseil National du Travail éteint enfin ses lampions et il nous est un agréable devoir et ce, avant toute chose, de saluer chaleureusement et remercier tous ceux qui ont répondu à notre invitation pour rehausser de leurs présences cette cérémonie de clôture des assises éminemment sensibles qui ont réuni douze jours durant la tripartite du Monde du Travail.
En effet, le mardi 25 mars 2008, commençaient les travaux tant attendus de la 3ème session extraordinaire du Conseil National du Travail, attendu depuis plus de 5 ans par l’ensemble des partenaires sociaux et la Nation toute entière, du fait qu’elle était appelée à plancher sur les préoccupations majeures et légitimes réclamées maintes fois par tous les acteurs du Monde du Travail congolais.
Ces questions vitales et très sensibles, inscrites à l’ordre du jour, ont été examinées sans atermoiements. Il s’agit d’abord de la question du réajustement du SMIG du fait que fixé en 2002 à l’équivalence de 1$, il est tombé depuis lors à 0,6$ par jour de travail, pendant que les pays de l’Afrique centrale affichent une moyenne de 3$ par jour. L’examen de cette question démontre toute la pertinence de l’effort substantiel attendu, pour la réhabilitation de la dignité humaine de notre peuple à l’orée de cette 3ème République voulue par toute une Nation comme celle de l’espoir et des droits. En effet, avec les propositions pertinentes issues du Conseil National du Travail, fruit des efforts assidus tant des bancs des travailleurs, du Gouvernement que des Employeurs, la République est en droit aujourd’hui de relever la tête dans le concert des Nations.
Certes, il eut été plus heureux d’obtenir un consensus total en cette matière. Cependant le « Consensus moins un » obtenu ici, avec des chiffres très rapprochés entre une tendance générale de 3$ par jour de travail et une autre position de 2,5 $ par jour de travail, en partant, nous l’avons dit, de 0,6$ par jour en vigueur, après une éclipse de plus de 5 ans, sans mécanismes de révision ... tout cet effort collectif affiche un résultat satisfaisant qui propose d’une part de quintupler et d’autre part de quadrupler le SMIG.
Finalisation remarquable de 13 projets d’arrêtés sur 17 envisagés !
Par ailleurs, les mesures d’application du Code du Travail dont la carence entravent sérieusement le bon fonctionnement du Monde du Travail, sont enrichies de treize (13) arrêtés réglementant des matières éminemment sociales, adoptés tous par consensus total, et ce, article par article. Il s’agit notamment de :
- La liste des emplois réservés exclusivement aux nationaux pour concourir à réduire le fléau du chômage dans notre pays. Il en est de même des conditions d’ouverture des services privés de placement pour relayer et renforcer l’ONEM, en vue de rapprocher le plus possible les offres d’emplois auprès des demandeurs de travail.
- Les conditions de travail des enfants ont été également renforcées avec interdiction formelle d’exploiter les pires formes de travail des enfants, vécues malheureusement aujourd’hui par nos enfants, particulièrement dans les zones minières et dans certaines autres entreprises de productions diverses.
- Un model de livre de paie et de décompte écrit pour la rémunération vient à point nommé pour mettre fin à l’arbitraire.
- Les conditions de rémunération de l’apprenti ont été sécurisées pour les sortir de la situation de non droit.
- Les conditions de travail des femmes ont été améliorées du fait que la suppression de l’incapacité juridique de la femme mariée dans le Code du Travail est aujourd’hui renforcée par la loi fondamentale qu’est la Constitution de 2006 en son article 14. Des lors, toutes les autres lois qui continuent à assujettir la femme, violent la Constitution et doivent rapidement emboîter le pas au Code du Travail.
- Les questions de meilleure gestion des conflits de travail qui pullulent dans notre pays ainsi que celles de la sécurité et santé au travail ont été également pourvues des mesures d’application adéquates.
La troisième catégorie des résultats est constituée de l’appropriation des recommandations du Premier Forum National sur l’Emploi pour capitaliser au mieux le nouveau souffle transversal imprimé au chantier Emploi ainsi que toutes les questions diverses inhérentes au renforcement du dialogue social et du partenariat dans le Monde du Travail. De ce fait, sept (7) grands programmes nationaux ont été validés par consensus et vont être installés dans les tous prochains jours.
Il y a lieu de rappeler notamment le grand programme de formulation et suivi de la politique nationale de l’Emploi et de la formation professionnelle : celui de l’emploi des jeunes, celui relatif a l’emploi des femmes, ainsi que l’important programme de renforcement des capacités des structures publiques et privées qui concourent à la promotion de l’Emploi. Tous ces programmes viennent renforcer la charpente du chantier Emploi.
Moisson incontestablement abondante !
Au regard de tout ce qui précède, la tripartite du Monde du Travail composée du Gouvernement des Employeurs et des Travailleurs, peut dire sans fausse modestie que le Conseil National du Travail en sa 3ème session extraordinaire a doté la Nation d’une moisson abondante. Cette moisson importante est d’autant plus heureuse qu’elle a un impact significatif sur la vie socio-économique du pays, en ce qu’elle agit directement sur la paix sociale, le climat des affaires, l’amélioration de la consommation, le niveau et la qualité de la vie des populations, la protection de l’outil de travail, la protection des catégories sociales sensibles, ainsi que les bases de relance de la culture du travail bien fait et du changement des mentalités en général en milieu professionnel.
Tous ces résultats issus de plusieurs jours des travaux intensifs sont présentés aujourd’hui à la Nation par les représentants des 4 organisations professionnelles d’employeurs que compte notre pays, à savoir la FEC, l’ANEP, la COPEMECO, la FENAPEC, les douze syndicats des travailleurs les plus représentatifs que sont la CSC, UNTC, OTUC, CDT, Solidarité, CTP, FOSYCO, SOPA, NDS, ACTIONS, FGTK et ATC, ainsi que les représentants de 12 Ministères membres du CNT: Emploi, Travail et Prévoyance Sociale, Agriculture, Plan, Budget, Justice, Fonction Publique, Santé Publique, EPSP, Economie Nationale, Droits Humains, Jeunesse, Affaires Sociales.

Dès lors, il est un devoir pour nous de féliciter malheureusement tous ces compatriotes, membres du CNT ainsi que les Experts qui ont hypothéqué leur propre travail et activités habituels pour se mettre résolument et d’une manière assidu au service de la Nation, en vue de répondre aux vœux pressants et maintes fois exprimés tant par les Employeurs que les Travailleurs, matières exclusives ayant constituée l’ordre du jour de la 3ème session.
Nous remercions le Gouvernement de la République qui, prenant la mesure de l’enjeu socio-économique du C.N.T, a fourni les efforts nécessaires pour permettre à ces assises de se dérouler dans de bonnes conditions. Nous remercions également l’I.N.S.S. et l’I.N.P.P. dont les apports dans le cadre de la réforme ont sécurisé les travaux de plusieurs prolongations inhérentes à la délicatesse des négociations sur le SMIG.
Notre gratitude va également à l’endroit du BIT pour son encadrement moral tout au long des travaux. L’accompagnement permanent de la Présidence de la République et de la Primature ainsi que du Ministère provincial de l’Emploi a constitué un apport très remarquable. Qu’ils daignent trouver ici l’expression de notre gratitude.
Pour nos partenaires sociaux, Employeurs et Travailleurs, nous nous ferons le devoir, aux côtés de Son Excellence Monsieur le Ministre d’Etat, président de la Commission politique et sociale du Gouvernement, d’être votre interprète en vue de soumettre au Gouvernement vos préoccupations relatives aux allégements fiscaux recherchés, particulièrement pour le secteur agropastoral, mesures édictées du reste par la Loi de 2002 portant Code du Travail. Il en est de même, du fonctionnement que nous voulons désormais régulier de la Commission d’évaluation annuelle du SMIG prévue par la loi.
Nous en appelons cependant à la conscience de tons les partenaires sociaux, de traduire dans les faits la volonté exprimée à travers l’ensemble des textes d’application dont vous venez de doter le Monde du Travail Congolais pour l’amélioration des relations professionnelles. De même que nous demandons à tous de se départir des comportements susceptibles de perturber le climat social qui se veut responsable, pour favoriser la promulgation du nouveau SMIG. Il s’agit particulièrement des agitations, des grèves intempestives, des volte-face, des spéculations et des dictats.
Pas de découragement, suivant la recommandation du Chef de l’Etat !
Enfin, il y a lieu de réaffirmer que les matières demeurées pendantes dont notamment les dispositions relatives au travail des personnes avec handicaps, lesquelles nécessitent un approfondissement eu égard à leurs caractères éminemment techniques seront examinées en priorité lors de la prochaine session.
La session du Conseil National du Travail qui s’achève est survenue à un moment où le Gouvernement de la République cherchait a trouver des solutions durables aux préoccupations des opérateurs du Monde du Travail en matière de la législation sociale, des salaires, des emplois et de la protection sociale.
Au regard des résultats, force est de conclure avec le Chef de l’Etat, Son Excellence Joseph Kabila Kabange, visionnaire des Cinq chantiers, quand il disait à l’occasion de son discours du 06 décembre 2007 devant le Parlement, je cite :
« L’année qui commence augure des lendemains meilleurs pour notre peuple ».
« Plutôt que de nous décourager, nous devons saisir toutes les opportunités qui s’offrent à Nous, et nous devons le faire tous ensemble, quelles que soient nos divergences ».
« Avec le travail et l’engagement de chacun de nous et avec l’aide du Seigneur, lentement mais sûrement, la réalité est entrain de rattraper le rêve ».
« La Nation Congolaise se porte mieux ... et son état s’améliore chaque jour davantage ».
« Que Dieu vous bénisse! ».
« Que Dieu bénisse le Congo! » Dixit Joseph Kabila Kabange, Président de la République. Merci.
DN/MMC
Last edited: 10/04/2008 18:20:37