La décision du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies de ne pas renouveler le mandat de son expert indépendant sur les droits humains pour la Rdc, Me Titinga Frédéric Pacéré a suscité beaucoup de controverses. Le spectre de JP Bemba, de Nkunda et de Bundu dia Kongo plane à Génève.

Il s’est ouvert à Genève une réunion du conseil des droits de l’Homme des Nations Unies. Tout tourne autour de l’amélioration des droits de l’homme en RDC.
Cependant, si les droits de l’Homme des Nations Unies ont décidé de ne pas renouveler le mandat de son expert, il n’est pas de l’entendement de l’organisation américaine Human Rights Watch (HRW). Elle a vivement critiqué cette décision du conseil de l’ONU.
Pour cette dernière, cette décision prise la semaine dernière par le conseil basé à Genève représentait une trahison de ses responsabilités vis-à-vis du peuple congolais.
Et pour cause, les affrontements entre les militaires de Jean-Pierre Bemba et les FARDC. HRW soutient que bien que les élections aient été une grande victoire pour le pays, il y a encore de très sérieuses inquiétudes particulièrement avec les nouvelles violences dans l’ouest du Congo et la fragilité des accords de paix dans l’est. Et Juliette de Rivero, directrice de plaidoyer de HRW à Genève d’ajouter:« Nous ne pensons pas que la situation ait suffisamment changé pour mettre fin à cette mission; nous pensons qu’elle aurait dû être renforcée par des ressources complémentaires ».
Les combats entre les forces de Nkunda, les groupes armés locaux et étrangers ont également été évoqués afin d’obliger le conseil des droits de l’homme de l’ONU de reconsidérer sa
vision dans l’amélioration de la situation des droits de l’homme en RDC.
L’Egypte au côté de la RDC
L’Egypte qui a pris la parole au cours de cette rencontre au nom des 53 membres du groupe africain des Nations Unies, a refusé de cautionner cette vision négationniste de l’Ong américaine des droits de l’homme. Agissant en accord avec ce qu’elle a dit être les souhaits du gouvernement congolais, le représentant égyptien a recommandé vivement que le mandat ne soit pas renouvelé, citant les avancées politiques d’après-guerre et la stabilité dans le pays. Le représentant de la RDC au conseil a déclaré que le gouvernement congolais travaillait pour améliorer la situation des droits de l’Homme dans le pays.
« Je pense que la situation ici s’améliore de plus en plus »,a affirmé Kudura Kasongo dans un entretien avec IPS. « Et les droits de l’homme comprennent également l’accès à ces choses comme la nourriture et les soins de santé. Elle dépend de la capacité de l’administration locale à gérer ces choses. Elle n’est pas excellente, mais elle s’améliore ».
La Monuc aussi accusée
La MONUC, la mission de maintien de la paix, la plus grande au monde, comptant environ 17.000 personnes, n’a pas été épargnée. Elle a également essuyé des critiques depuis sa création en 1999.
Les soldats de maintien de la paix de l’ONU ont été impliqués dans une entreprise de contrebande de l’or contre des armes avec les milices locales dans l’Est de la RDC en 2005 et un rapport interne de 2004 de l’ONU a conclu que des abus et exploitations sexuels des femmes et des filles à la fois par des militaires et des civils de la force semblaient être « significatifs généralisés et en cours ».
Des fonctionnaires locaux de la mission ont semblé adopter une position prudente sur le départ de Pacéré.
L’incapacité de l’expert indépendant sur les droits humains pour la RDC,Titinga Frédéric Pacéré, à mobiliser le soutien international pour les réformes des droits humains en cours, a été également avancée comme une raison pour mettre fin à ses activités.
Une déclaration de Genève est attendue dans les prochains jours à l’issue desdits travaux.
(Ern.)Le Palmarès
Last edited: 08/04/2008 17:30:35