Les rapports entre certains sénateurs et leurs assistants ne sont pas du tout au beau fixe, à en croire les informations en notre possession.

A la base de la détérioration de leurs rapports, la volonté de certains membres de la Chambre haute à flouer leurs assistants, en percevant à la source les émoluments revenant à ces derniers et qui s’élèvent à 250.000 FC pour chaque assistant. Initialement, cette somme représentait l’équivalent de 500 dollars lorsque la monnaie nationale n’avait pas encore Connu sa dépréciation actuelle.
Ironie du sort, cette somme représente à peine le dixième des émoluments d’un sénateur, qui est de 5.250 dollars et qui devrait d’ailleurs être revu à la hausse. Si l’on en croit les indiscrétions, ce salaire pourrait être porté à 8.000 dollars.
Comme pour se moquer voir narguer la majorité des Congolais sous-payés, une sénatrice s’exprimant récemment sur le plateau d’une chaîne de télévision, a eu le culot d’affirmer que les parlementaires sont ainsi payés pour le travail qu’ils abattent. Et que les autres Congolais qui s’estiment mal payés n’ont qu’à revendiquer leur part auprès du gouvernement. À l’écoute de ces propos, certains de nos compatriotes ont avoué leur déception, d’autant que leur auteur était jusqu’il y a peu, une fervente combattante au sein d’un parti de l’opposition extra parlementaire.
Pour revenir aux assistants des sénateurs qui se disent maltraités par leurs maîtres, beaucoup sont sidérés de voir que leurs maîtres s’acharnent pour s’approprier des revenus payés par le trésor public comme si ceux qui leur sont versés n’étaient pas suffisants pour nouer les deux bouts du mois. C’est ainsi que, pour avoir désobéi à ce qui a tout l’air d’un détournement, certains assistants se sont fait virés pour être remplacés par d’autres personnes plus ou moins consentantes.
Un de ces assistants rabroués l’a été surtout pour avoir réclamé son dû pour subvenir aux soins de santé de son épouse hospitalisée.
Pourtant, à ce que l’on sache, l’idée de doter les sénateurs des assistants (ils sont 106 au total) serait venue de l’Union européenne, qui voyait en cela une forme de lutte contre le chômage. C’est ainsi que même les députés se sont vus aussi autorisés à s’entourer des assistants.
Au vue des abus ainsi déplorés dans le chef de certains membres de la chambre haute du Parlement, des observateurs souhaitent que des assistants soient plutôt affectés auprès des différentes commissions qui composent la chambre pour ne plus être des proies faciles des sénateurs boulimiques.
Du reste, il n’est pas normal que pour êtres assistés, nombre de sénateurs fassent appel à leurs propres membres de famille, alors que le pays regorge de personnes suffisamment qualifiées pour le travail parlementaire. C’est ici que l’attention du Président de la chambre haute est attirée, afin que cessent les abus dont certains de ses collègues se rendent coupables.
(Ern.)KLB/Le Phare
Last edited: 08/04/2008 17:34:48