Le ministre d’Etat à l’Intérieur, à la Décentralisation et à la Sécurité, Denis Kalume Numbi, a réitéré en fin de semaine l’engagement du gouvernement congolais à poursuivre la lutte contre les mines antipersonnel, à l’occasion de la célébration, à l’Hôtel Memling, de la 3ème journée internationale de la lutte anti-mines à Kinshasa.

Il s’agit d’un grand défi pour la RDC qui sort d’un long conflit, a dit M. Denis Kalume Numbi. En ratifiant en mai 2002 la Convention d’Ottawa (Canada) qui a pris en compte la lutte anti-mines, la RDC, a-t-il dit, s’est rangée du côté des Etats du monde pour combattre ce fléau qui mutile, tue des membres des communautés de base.
En 2004, la RDC avait déclaré tous les stocks des mines antipersonnel, contribuant ainsi à la promotion de l’interdiction de stockage, d’usage et de transfert des mines. Le ministère de l’Intérieur qui a, dans ses attributions, la protection civile, réalise les immenses dégâts causés par ces engins de la mort. Dans ce cadre, ce ministère a mis en place un point focal chargé de la coordination de tout ce qui est relatif à la lutte anti-mines, une structure nationale et un bureau de coordination représentant plusieurs ministères intéressés, en attendant l’adoption d’une législation en la matière. Ce point focal doit profondément réfléchir sur les problèmes liés à la définition des mines antipersonnel, au déminage et à la réinsertion des victimes.
Mesurer les progrès accomplis
Pour le représentant spécial adjoint du secrétaire général de l’ONU en RDC, Ross Mountain, la célébration de cette journée est une occasion de réfléchir et de mesurer les progrès accomplis dans la conjugaison des différents efforts de la société civile, du gouvernement, des Nations Unies et des ONG pour l’élimination de ce fléau.
De 15.000 à 20.000 victimes par an, il y a juste quelques années, le nombre des victimes de mines et des restes explosifs de guerre est passé à environ 6.000 en 2007. Vingt-quatre pays touchés par les mines ayant ratifié la convention voient se rapprocher la fin du délai de dix ans imparti pour l’élimination des mines posées sur leur territoire.
Les programmes d’aide à la lutte anti-mines doivent, selon lui, concourir à assurer le respect des droits des personnes handicapées. Tout en félicitant le gouvernement congolais pour son engagement, M. Ross Mountain a fait valoir, par ailleurs, que la sensibilisation des populations au danger des mines et autres résidus explosifs de guerre doit constituer la priorité des priorités dans la stratégie de lutte.
Programme du directeur de l’UNAMACC
Le directeur du Centre de coordination de lutte anti-mines en RDC « United Nations Mine Action Coordination Center, Harouna Ouedraogo, a rappelé dans son discours-programme les efforts de l’UNAMACC, notamment au Katanga, au Sud-Kivu et au Nord-Kivu, en Equateur ou encore dans la Province orientale et le Maniema où des accidents continuent de se produire et de nombreux Congolais d’être tués ou mutilés, simplement pour avoir eu le tort de vouloir subvenir à leurs besoins vitaux.
Dans sa résolution 1.291, le Conseil de sécurité de l’ONU, rappelle-t-on, dès les premières heures de leur intervention dans ce pays, donnait à la MONUC le mandat de déployer des experts de lutte anti-mines pour « évaluer le problème, initier et coordonner la lutte et assister le gouvernement dans la prise en compte du problème ».
Des organisations telles que Handicap International, Danish Church Aid et Mine advisouy Group (britannique) apportent leur contribution à la lutte. D’autres messages ont été donnés à cette occasion, par des représentants des opérateurs internationaux, des ONG nationales, du HCR, de l’UNICEF ainsi qu’une projection d’un document audio sur les activités de lutte anti-mines, avant une pièce de théâtre jouée par les comédiens du Groupe Tumaw.
(Yes)Acp
Last edited: 08/04/2008 15:28:44