Le retour de rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans leur pays figure parmi les recommandations de l’Acte d’engagement de Goma.

Ces rebelles rwandais présentent un véritable danger pour le pays. C’est pourquoi, ils sont sommés par la communauté internationale et le gouvernement congolais de rentrer librement au Rwanda. De leur côté, ils exigent de garanties sécuritaires.
« Que la communauté internationale garantisse leur retour au Rwanda », telle est la condition posée par les rebelles hutu rwandais vendredi, à Nyabiondo dans le territoire de Masisi. Cette exigence est intervenue après une séance d’échange avec la commission mixte de sensibilisation comprenant l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu, les sections DDRRR, Public information de la Monuc et un délégué de la Banque mondiale.
Pour le chef de section de la Monuc chargé du désarmement, démobilisation, rapatriement, réinsertion et réinstallation, le suivi est fait pour tous les combattants hutu rwandais qui passent par le processus DDRRR. Selon radio Okapi, une dizaine d’officiers FDLR ont répondu présents à cette séance de sensibilisation. Ils ont déclaré avoir à leur disposition toute une brigade basée à Nyabiondo. Lors de cette rencontre avec l’équipe mixte de sensibilisation, la mission a fait deux propositions aux combattants hutu rwandais. La première est que ces combattants acceptent volontairement de retourner dans leur pays (le Rwanda). La deuxième: que ceux qui voudront rester au Congo introduisent une demande de statut de réfugié. Pour le commandant de la brigade FDLR de Nyabiondo, qui a requis l’anonymat, il faudra au préalable que le gouvernement rwandais mette fin à la discrimination sociale qui est exercée contre les Hutu.
Nécessité d’un dialogue
Le colonel FDLR se dit favorable au retour. Mais il insiste notamment sur la nécessité d’un dialogue avec le gouvernement rwandais: « Je demande au gouvernement rwandais d’établir un dialogue avec ses opposants afin que tout le monde se retrouve dans son pays natal ».
Ndiaga Diagne, chef d’équipe de la section DDRRR de la Monuc, rassure que plus de 15.000 hutu rwandais sont déjà rapatriés au Rwanda depuis le début du Programme de rapatriement en 2001, et que la communauté internationale assure le suivi de leur sécurité sur place.
Il est prévu une prochaine séance de sensibilisation avec projection de films portant sur les témoignages de ceux qui sont déjà rentrés et intégrés dans la vie au Rwanda.
L’implication de toutes les forces du pays, y compris celle de la Communauté internationale en vue du retour des hutu rwandais dans leur pays, estiment les observateurs, est un atout important dans la recherche d’une paix durable dans les deux provinces du Kivu. Certains observateurs politiques estiment que le préalable posé par les rebelles ne peut se justifier que lorsqu’ils seront sur place, au Rwanda, pour que le gouvernement de ce pays puisse y répondre. Ce qui compte pour le moment selon le Programme Amani dont les organes viennent d’être installés à Goma, c’est leur retour au Rwanda où ils devront présenter aux autorités de ce pays toutes les revendications liées à leur situation politique et sécuritaire.
(Ern.)Stephane Etinga/Le Potentiel
Last edited: 10/04/2008 13:43:48