Qu’en est-il du démarrage effectif des travaux des cinq chantiers de la reconstruction du pays qui constituent l’ossature du programme du gouvernement pour l’actuel quinquennat ? Telle est la question que se pose plus d’un au regard du report de lancement des chantiers concernés.

La semaine qui vient de s’achever mérite un arrêt pour déterminer les événements qui se sont produits dans le cadre de la reconstruction nationale et en analyser la substance globale.
En effet, la chronologie des dates relève que : du lundi 31mars au jeudi 3 avril, il s’est tenu à Pretoria, la 5ème Grande Commission mixte RDC-RSA et le jeudi 3 avril, il y a eu successivement, à Kinshasa, la signature des Plans d’Action entre la RDC et 18 agences des Nations Unies, annoncé par la Banque mondiale d’un don de Usd 50 millions pour le financement du réseau de desserte agricole » et audience accordée à une délégation conjointe « ambassadeurs de Grande Bretagne et de Chine » dans le cadre de la réalisation des 5 chantiers !
Coopération Kinshasa-Londres-Beijing
Effectivement, se retrouvant en délégation conjointe au ministère des Travaux publics, Infrastructures et Reconstruction, les ambassadeurs britannique Nick Kay et chinois Wu Zexian ont spécifié les apports respectifs de leurs pays auxdits chantiers. C’est à cette occasion qu’intervenant au terme de l’audience, le ministre Pierre Lumbi va situer le démarrage des travaux proprement dit au l5 juin 2008.
Il est vrai que dans son message de Nouvel An, le chef de l’Etat avait évoqué ce démarrage pour fin premier trimestre. Faut-il y trouver une contradiction pour cette différence d’à peine un deux mois et demi, comme le feraient sans doute les pourfendeurs des « contrats chinois »? (lire BALISES). On devrait plutôt se réjouir du fait de voir qu’un pays européen, « soupçonné » jusque-là de vouloir balkaniser la RDC par l’Est (où les anglosaxons passent pour pro-rwandais alors que Paul Kagame continue de rêver d’un Berlin II) rejoindre ouvertement la Chine (présentée en « usurpateur » des droits que détiendrait l’Occident sur notre pays)!
« Nous avons abordé la question de collaboration entre la Grande-Bretagne, la Chine et la RDC sur les projets d’infrastructures et les aspects environnementaux et sociaux », a déclaré l’ambassadeur de la Grande-Bretagne en RDC au sortir de l’audience. Pour lui, l’environnement est un facteur vital dans le développement intégré alors que pour sa part, tout en partageant le même avis, l’ambassadeur chinois est d’avis qu’il faut « absolument éviter toute amalgame entre le développement économique et la protection de l’environnement ».
Il n’y a pas double langage entre Londres et Beijing. Après tout, avant de se rendre chez le ministre congolais, les deux diplomates se sont certainement concertés. S’ils ont fait route ensemble, c’est qu’ils se sont au préalable mis d’accord.
La collaboration entre la Chine et la Grande-Bretagne dans la réalisation des chantiers portera sur les études de faisabilité et l’exécution proprement dite des travaux. Une tripartite RDC-Chine-Grande Bretagne est en voie de mise en marche pour les 5 Chantiers.
Se réjouissant de voir les discussions aboutir « aux accords concrets », Pierre Lumbi a déclaré que 20 projets concrets entrent dans la phase d’exécution le 15 juin 2008! C’est quelque chose de positif.
Coopération RDC-RSA

S’agissant de la coopération RDC-RSA, Pretoria a accueilli du 31 mars au 3 avril dernier, la 5ème Grande Commission. Plusieurs articles ont été consacrés à la rencontre. Il ressort des interventions faites par Joseph Kabila et Thabo Mbeki et rapportées par les confrères ayant couvert les travaux un satisfecit mutuel «…je suis satisfait de la coopération dans le domaine de la défense avec l’Afrique du Sud. C’est tout un processus qui, jusque là, a produit des résultats. Et sur le terrain, Il y a beaucoup de travail de formation surtout », a déclaré le chef de l’Etat congolais. Effectivement, de l’évaluation des 30 accords conclus, il ressort que ceux d’ordre sécuritaire ont été concrétisés jusqu’à concurrence de 83% pendant que les accords d’ordre économique et social ne les auront été qu’à 12%.
Pour un pays post-conflit, il y a de quoi se réjouir du fait que la sécurité ait atteint près de 80 % des résultats escomptés. Mais, en même temps, il y a de quoi déplorer que l’économie et le social n’aient pas dépassé le cap de 15%.
Or, le pays post-conflit a un sérieux problème tous ses besoins sécuritaires, économiques et sociaux (se) réclament la priorité des priorités.
Résultat: Kinshasa n’a pas de choix alternatif que de constater comment Pretoria le ramène auprès de la Bad, cet autre pendant du Fmi et de la Banque mondiale. L’invite est sortie de la bouche du président Thabo Mbeki en personne. « En ce qui concerne les projets économiques, tel que les études de faisabilité l’exigent, certains projets sont des sujets dont nous allons discuter avec la banque africaine de développement. La Bad a présentement des fonds pour ce travail de préparation des projets. Et, tous deux, nous allons approcher la Bad pour financer ce projet, a-t-il dit. Parlant de l’ensemble des projets socioéconomiques, il a été d’une clarté honnête: « Pour compléter et finaliser une fois pour toute, nous comptons sur les investisseurs potentiels pour accomplir ce projet en particulier. Ca peut-être des banques ou des institutions », a-t-il souligné.
C’est un message fort !
Système des Nations Unies aucun chiffre...
Un message venu, du reste du système des Nations Unies le même jeudi 3 avril à l’occasion de la signature des Plans d’Action (2008-2012) du Pnud au BIT en passant notamment par l’Oms, l’Unesco et autres l’Unpfa, ils sont au total 18, ces organismes. Tout aussi présents qu’opérationnels dans les 5 Chantiers. L’Oms et l’Unesco sont par exemple dans le chantier « Santé et Education », le Pnud dans les chantiers « Eau et Electricité », « Routes » et « Logement », le Bit dans le chantier « Emploi »!

« Les agences onusiennes sont des partenaires constants de la RDC, avec ses 18 agences qui travaillent conjointement avec la population et le gouvernement. Ensemble nous travaillerons vers la reconstruction du pays », a déclaré Ross Moutain qui est d’avis que « La question ne devrait pas être toujours posée sur l’argent ». Pour lui, il est plutôt important « de réfléchir sur la contribution de l’ONU avec sa neutralité politique, soutenue par la communauté internationale et sa compétence internationale qui sont présentes ici, à travers l’ONU, pour aider à résoudre les problèmes du pays ».
Pour l’ensemble des projets, aucun chiffre n’a été avancé.
Banque mondiale : encore un don !
C’est, du reste, dans le même contexte qu’il faut situer le don de Usd 50 millions approuvé récemment par les administrateurs de la Banque mondiale, don fait à la RDC par plusieurs partenaires extérieurs sous la coordination de cette institution.
Sont visés près de 1.800 km d’axes routiers censés résoudre les problèmes consécutifs au délabrement essentiellement du réseau dit « desserte agricole », soit la moyenne de Usd 27.700 le km!
On ne devrait pas s’en plaindre parce que de toute évidence, il s’agit d’évaluations extra-gouvernementales faites généralement avec le concours des Ong !
Au moins, ce n’est pas parce que c’est un don que le gouvernement congolais devrait s’interdire du droit de savoir si tel tronçon est réalisé ou non. D’autant qu’aux yeux de la population, Banque mondiale ou Union européenne, don ou prêt, la seule responsabilité engageable est celle du Pouvoir!
A quand le vrai démarrage
Au regard de ce qui précède, la question fondamentale demeure : à quand, en effet, le démarrage des 5 Chantiers !
(Ern.)Omer Nsongo die Lema/L’Avenir
Last edited: 08/04/2008 17:53:06