Les ministres des Finances et du Budget comptent convaincre les bailleurs des fonds du Fmi et de la BM sur la capacité de bonne gouvernance dont peut se prévaloir le gouvernement, du fait du bonus budgétaire réalisé dans les finances publiques au cours du mois de mars 2008.
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Les ministres congolais des Finances et du Budget sont porteurs d’une bonne nouvelle aux bailleurs de fonds sur la tenue des finances publiques congolaises. Le dérapage constaté à la fin de l’année 2007 et au début de l’année 2008 ne serait qu’un lointain souvenir. Un bonus de 29.347.755.598,45 francs congolais est réalisé par le gouvernement au premier trimestre 2008. Au déjà d’une simple photographie, il faut en faire une politique de gestion des finances publiques, en bannissant le recours systématique à la planche à billets.
Lors des prochaines assemblées de printemps des institutions de Bretton Woods, préparatoires des celles annuelles, le gouvernement congolais compte s’y présenter la tête haute avec un dossier contenant les performances réalisées au cours de ce premier trimestre dans la gestion des finances publiques. Un bonus de près de 30 milliards de francs congolais dégagé à la clôture du premier trimestre 2008.
Au mois de novembre tout comme en décembre 2007, le gouvernement avait brillé par un manque de rigueur dans la tenue du compte général du Trésor. Par deux fois, le gouvernement a obtenu des avances de la Banque centrale du Congo de l’ordre de 28 milliards de francs congolais mensuel, soit un financement monétaire de 56 milliards de francs congolais. Le dérapage constaté alors, avait eu une répercussion cracheuse sur les paramètres conjecturaux. La surchauffe sur le marché de change a remonté le taux de 500 Fc à 560 Fc pour un dollar américain.
Aussitôt après La réprobation générale, tant sur le plan interne qu’externe, la troïka congolaise en charge des finances publiques est rentrée dans l’orthodoxie de la gestion au point qu’en janvier 2008, le déficit enregistré n’était plus que de 6.667.660.786,26 fc, renseigne la situation provisoire arrêtée par la Banque centrale du Congo.
Redoublant d’efforts au mois de février, le gouvernement a repris le chemin du bonus, en dépensant moins que les recettes 5.206.171.682,98 Francs congolais de différence positive. Pour tout couronner, au mois de mars, le compte général du Trésor a enregistré un solde positif de 30.809.244.701,73 francs congolais. Le bonus cumulé sur la période sous examen s’élève ainsi à 29.347.755.598,45 francs congolais.
Forts de ce résultat, Adolphe Muzito et Matenda Kyelu qui ont effectué le déplacement de Washington pourraient fléchir la position du Fmi notamment dans la conclusion d’un programme économique avec la RDC.
Ainsi qu’on le constate, durant le premier trimestre, les recettes se sont élevées à 276.104.725.122,50 francs congolais contre 246.756.969.524,05 francs congolais.
Sans impact sur les prix
Cependant, ce résultat encourageant n’a pas inversé la courbe ascendante des prix sur le marché. Le taux de change oscille entre 550 et 560 Fc, le dollar américain. Pour le ministre des Finances, « l’inflation a deux origines: monétaire ou importée ». Pour ce qui Concerne actuellement la RDC, il s’agit des incidences négatives de la tendance inflationniste persistante sur l’échiquier mondial. La parfaite illustration est faite par le prix du baril du pétrole qui a franchi le plafond de 110 Usd. D’autre part, la parité dollar-euro a également une influence sur les finances en RDC.
Pendant ce temps, note Athanase Matenda Kyelu, les offres ne suivent pas toujours la demande à cause de la flambée des prix sur les marchés mondiaux provoquée elle-même par la rareté de ressources.
Le duo gouvernemental s’est réjoui du retour dans la zone de stabilité monétaire. L’objectif d’un taux moyen de 535 Fc en 2008 a de fortes chances d’être atteint, a conclu le ministre Matenda. Aux assemblées annuelles de juin, le gouvernement congolais sera amené à affiner les discussions afin d’obtenir le programme économique, voie obligée pour atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE.
Simple photographie ?
Au lieu de dormir sur ses lauriers, avec le sentiment d’un travail accompli, le gouvernement est plutôt appelé à maintenir cette bonne tenue des finances publiques. Toutefois, cette situation ne demeure pas moins qu’une photographie de la situation du compte général du trésor, à un moment donné. Résistera-t-elle face à la fronde sociale du côté des professeurs d’université, du personnel soignant des hôpitaux, de la hausse des prix du carburant, sans compter la vive tentation de vivre au-dessus des moyens mobilisés ? Le risque est grand et réel de faire recours à la planche à billets pour les affronter.
Bloquer les dépenses obligatoires, au lieu de comprimer le train de vie de l’Etat au sommet peut aussi avoir des répercussions dans un proche avenir. Si l’on ne fait pas attention. Dans ce cas, cette photographie n’aurait pas servi La cause de La bonne gouvernance, mais celle d’une autosatisfaction. On n’est pas encore là!
(Milor)Bienvenu-Marie Bakumanya/Le Potentiel
Last edited: 08/04/2008 16:07:26