Les assemblées annuelles actuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international vont servir de moment de discussions pour un nouveau programme triennal à conclure entre la Rdc et ces institutions de financement internationales avérées traditionnelles partenaires.

Pour arriver à conclure un accord avec le Fonds monétaire international, la RDC doit continuer ses efforts pour maintenir un cadre macro-économique stable. C’est une condition majeure pour arriver à finaliser les discussions en cours et conclure cet accord avec le FMI dans la meilleure des hypothèses pour la RDC en juin 2008.
Pour ce faire, les discussions entre la RDC et le FMI sur un programme triennal pouvant être appuyé par un accord financier au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC), vont se poursuivre en cette mi-avril 2008 à Washington (Etats-Unis). En effet, durant les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, prévues dans quelques jours à Washington, la délégation de la RDC aura la lourde mission de faire avancer ce dossier dans la bonne direction.
Le point sur les mesures correctives
La partie congolaise et le FMI vont devoir faire le point sur l’ensemble des politiques macro-économiques et des réformes structurelles pour 2008. Il sera certainement évalué le niveau d’exécution de recommandations formulées par la dernière mission du FMI à Kinshasa. Au fait, cette mission conduite en février 2008 par Brian Ames, chef de division au FMI, avait formulé des recommandations, portant sur la gestion des finances publiques, la composition des dépenses, l’ampleur de la masse salariale qui risque d’exclure des dépenses prioritaires en biens et services et des investissements financés sur ressources intérieures. Il s’est agi de la prise des mesures correctives pour corriger le dérapage budgétaire important des derniers mois de l’année 2007. Ce dérapage a eu comme conséquence une évolution défavorable des prix et des taux de change. D’importants indicateurs monétaires et budgétaires du programme de référence jusqu’à fin 2007, n’ont pas été respectés fin décembre 2007 en raison de dépassement des dépenses publiques.
C’est cette évolution économique et financière défavorable qui a fragilisé le gouvernement lors des discussions de fin févier 2008 à Kinshasa avec la mission des experts du FMI, sur le nouveau programme triennal appuyé par la FRPC. Depuis lors, le gouvernement a pris des mesures correctives pour la politique budgétaire. De son côté, la Banque centrale du Congo a resserré sa politique monétaire au début de l’année 2008. Tout cela devait asseoir la stabilité macro-économique à l’horizon juin 2008 pour espérer conclure les négociations avec le FMI. L’enjeu est de taille car la conclusion d’un accord sur un programme triennal, va ouvrir la voie pour l’accession de la RDC au point d’achèvement de l’initiative pays pauvres très endettés. Cela va permettre l’allégement de ± 90% de la dette extérieure congolaise.
Ainsi, la troïka financière de la RDC (les ministres des Finances et du Budget ainsi que le gouverneur de la Banque centrale du Congo) attendue cette semaine à Washington (Etats-Unis) au siège du FMP et de la Banque mondiale, à une responsabilité historique de faire avancer le dossier de la RDC dans la bonne direction. D’ores et déjà, la délégation congolaise a multiplié des séances de travail pour défendre valablement les intérêts de la République à ces assises.
J.C. Masangu va présider le G24
Au cours de ces réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, la RDC sera aussi à l’honneur. En effet, un de ses fils, le gouverneur Jean-Claude Masangu de la BCC, en sa qualité de président du Groupe intergouvernemental des Vingt-quatre pour les questions monétaires internationales et le développement, va y présider la réunion de ce Groupe. En principe, la réunion du Groupe de G 24 va avoir lieu mi-avril à Washington, sous sa présidence. Lors de la réunion du 19 octobre 2007 à Washington, le gouverneur de la BCC, J.C Masangu avait pris les commandes du G 24 pour 12 mois.
Cette réunion avait planché sur les turbulences sur les marches financières et perspectives économiques mondiales, la question de la voix et représentation au sein des institutions de Bretton Woods, la stratégie à long terme du Groupe de la Banque mondiale et le changement climatique. Cette réunion a souhaité la bienvenue à Robert Zoellick, comme nouveau président de la Banque mondiale et à Dominique Strauss Kahn, en tant que nouveau directeur général du FMI. Elle a salué l’organisation de la conférence internationale de suivi sur le financement du développement prévue à Doha en 2008.
En ce qui concerne le Comité du développement, il va se réunir aussi à Washington mi-avril 2008. La dernière réunion tenue le 21 octobre 2007 à Washington a permis au Comité de se focaliser sur la future orientation stratégique du Groupe de la Banque mondiale, la promotion des biens publics mondiaux, la mobilisation de la Banque mondiale en faveur des Etats fragiles, l’efficacité de l’aide, de l’initiative PPTE et l’ADM, les négociations multilatérales de Doha,…..
Par ailleurs, le Comité monétaire et financier international (CMFP) va également se réunir à cette occasion. Selon les informations disponibles, lors de cette réunion, le Directeur général du FMI, Dominique Strauss Kahn va faire approuver les grands projets de réforme en cours au FMP.
Ces projets touchent à la surveillance de l’économie et des marches financières, à la réforme de la gouvernance (la voix et la représentation), aux pays à faible revenu, au renforcement des capacités et aux revenus et dépenses du FMI. A propos du dernier point, il est prévu que le FMI procède à la réforme de son cadre de dépenses et de son mode de financement. Il est lancé un programme pour réduire les dépenses annuelles du FMI de 100 millions de dollars US grâce à la suppression de 300 à 400 postes sur Un effectif de plus de 2 600.
(Milor)Didier Munsala Buakasa/L’observateur
Last edited: 08/04/2008 15:51:27