Environ 10 à 13 % des citadins de la capitale de la RDC présentent des perturbations de la fonction rénale, révèle une enquête du département de médecine interne des Cliniques Universitaires de Kinshasa (CUK).

Une bonne partie de Kinois souffrent de perturbations de la fonction rénale. Une enquête menée par le département de médecine interne des cliniques universitaires de Kinshasa (CUK) révèle que 10 à 13 % des Kinois sont confrontés à ces anomalies de fonctionnement des reins.
Les maladies des reins passent presque inaperçues dans l’opinion. Beaucoup de gens en souffrent. Faute de connaissances ou des moyens financiers, elles ne s’en aperçoivent pas. Ces maladies ont atteint des proportions jamais égalées en République démocratique du Congo, affirment les spécialistes.
Cela se référant au nombre de cas enregistrés dans les formations hospitalières du pays. Une situation qu’ils qualifient de « préoccupante ». Preuve : le premier résultat des enquêtes menées par le département de médecine interne aux Cliniques universitaires de Kinshasa (CUK) montre qu’il y a 10 à 13 % de la population adulte de la ville de Kinshasa qui ont un problème de perturbation de la fonction rénale.
Dans une interview accordée à Renaître, bimensuel chrétien d’information et d’opinion paraissant à Kinshasa (voir édition n° 6 du 31 mars 2008), le Dr Nazaire Nseka Mangani, néphrologue et chef de département de médecine interne aux Cliniques universitaires de Kinshasa (CUK), fait l’état des lieux de ces maladies.
Selon le Dr Nseka Mangani, il y a plusieurs types de maladies de reins. L’insuffisance rénale aiguë et l’insuffisance rénale chronique sont, à ses dires, des maladies qui attirent l’attention parce qu’elles exigent un coût financier très important et peuvent entraîner la mort.
L’insuffisance rénale aiguë est principalement causée par la malaria, la typhoïde, et tous les cas de septicémie. Elle est causée aussi par la prise d’antibiotiques du type Gentamicine, des anti-inflamatoires, des produits de contraste radiologique, des produits de médecine traditionnelle. Quant à l’insuffisance rénale chronique, les causes les plus fréquentes sont l’hypertension artérielle et le diabète.
Quelles sont les différentes atteintes des reins et leurs symptômes ? Il rappelle que le rein est composé de plusieurs unités structurelles appelées névromes dans lesquelles se trouve un filtre de sang appelé glomérule. Beaucoup de maladies des reins sont causées par l’affection de ce filtre. Ces maladies peuvent entraîner l’insuffisance rénale et présenter de signes de protéinurie (perte de protéines) et d’hématurie (la perte des globules dans les urines). A noter que quand vous avez la protéinurie, vous ne ressentez ou ne voyez absolument rien. C’est aussi le cas pour l’hématurie, lorsque cette perte est minime. Cependant, vos reins sont déjà atteints et vont évoluer progressivement vers l’insuffisance rénale. Lorsque celle-ci est suffisamment avancée, vous commencerez à voir les premiers symptômes. C’est déjà tard à ce moment-là.
Différence entre une atteinte et une insuffisance rénale
Le Dr Nseka Mangani fait une analogie avec une atteinte au niveau de la main. « Quand vous avez une plaie, il s’agit d’une atteinte de la main. Une atteinte rénale est comparable à une plaie au niveau du rein. Mais quand vous avez une plaie au niveau de la main, cela peut ne pas vous empêcher d’utiliser la main. Mais si la main ne peut plus exercer ses fonctions, on parle de l’insuffisance dans la fonction de la main. Pour le rein, quand vous avez une plaie et que le rein continue à faire correctement son travail, nous disons qu’il y a une atteinte rénale. Mais quand vous avez une atteinte du rein que celui-ci ne sait plus exercer ses fonctions, on parle alors d’une insuffisance rénale », indique-il.
D’autre part, le néphrologue fixe l’opinion sur la catégorie de personnes la plus exposée aux maladies des reins. « Pour l’insuffisance rénale aiguë, c’est tout le monde qui y est exposé, parce qu’elle est causée par la malaria, la typhoïde et les infections généralisées qui affectent tout le monde. Cela vaut également pour les cas de médication aux antibiotiques et autres, médecines traditionnelles, ainsi que pour les produits de contraste radiologiques », affirme-t-il.
(Milor)Le Potentiel