Le suivi des travaux de la Conférence sur la paix au Kivu organisé récemment à Goma se remarque par le nouveau jalon posé de l’installation solennelle dans la même ville chef-lieu du Nord-Kivu des structures du Programme Amani que préside l’Abbé Malu Malu.

La cérémonie officielle d’installation de différentes structures du « Programme Amani » devait avoir lieu dans la mi-journée jeudi 3 avril à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Plusieurs personnalités nationales et internationales devaient y prendre part, rapporte radiookapi.net.
Parmi ces personnalités, figure Alan Doss, représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en République démocratique du Congo. Celui-ci avait déjà foulé le sol de Goma, accompagné de cinq autres ambassadeurs. Du côté des autorités congolaises, on attendait l’arrivée du ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité, Denis Kalume Numbi et son collègue des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Antipas Mbusa Nyamwisi. C’est l’hôtel Ihusi de Goma qui devait servir de cadre à cette manifestation.
Par la même occasion, le programme prévoyait le lancement de la session ordinaire de la commission technique mixte paix, sécurité et reconstruction du Nord et du Sud-Kivu. Celle-ci devait être coprésidée par la Monuc et le coordonnateur national adjoint en charge de la commission technique mixte, l’amiral Didier Etumba.
Les groupes armes se disent écartés
Il convient de rappeler que les ordonnances présidentielles publiées le 20 mars dernier, afin de concrétiser les structures d’exécution du « Programme Amani », ont créé des mécontentements parmi les groupes armés du Nord-Kivu. Il s’agit, entre autres, des ordonnances nommant les coordonnateurs nationaux adjoints des commissions techniques et leurs secrétaires permanents, en plus des coordinations techniques des observatoires de cohabitation intercommunautaire et de gouvernance.
Les groupes armés disent avoir été écartés des postes de responsabilité et de commandement. Déjà, dans une lettre du Pareco datée du 25 mars, ce mouvement dit suspendre sa participation au processus de suivi des accords de la conférence, renseigne notre source.
Le Pareco dénonce le fait que les ordonnances aient privilégié le Congrès national pour la défense du peuple de Laurent Nkunda, ainsi que les anciens cadres de la Commission électorale indépendante (CEI). En effet, concernant lesdites nominations, le vice-amiral Didier Etumba prend la coordination nationale adjointe de la commission technique mixte paix et sécurité. Le secrétariat permanent est assuré par René Abandi, du CNDP de Laurent Nkunda.
Du côté des commissions techniques observatoires du programme, sont nommés coordonnateurs : M. l’abbé Justin Nkunzi, pour la cohabitation intercommunautaire avec comme coordonnateur adjoint Banyene Mubawa. Pour le Pareco, les propositions des noms et les fonctions attendues n’ont pas été respectées.
De leur coté, les Maï-Maï de Vurondo, les Kifuafua, les Kasidiens et autres, expriment eux aussi, leur déception, telle que le dit ici, Didier Bitaki : « Ce n’est pas ce que les gens pensaient qui est sorti malheureusement. Quand nous avons proposé les listes, nous avons réparti toute chose. Par exemple, à la coordination nationale vous allez trouver des noms, 50% CNDP et 50% gouvernement. Au niveau des sous-coordinations, 50% CNDP et 50% gouvernement et Société civile. Mais, nous n’avons trouvé aucun nom des membres des groupes armés, dans toute la structure en commençant par le niveau national jusqu’au niveau provincial.
Les Maï-Maï de Ruwenzori quant à eux, demandent que les noms de tous ceux qui sont censés œuvrer dans les différentes sous-commissions techniques provinciales soient repris dans une autre ordonnance.
Quant aux Maï-Maï Mongols, ils approuvent ces nominations. Mais, c’est uniquement pour privilégier le rétablissement de la paix, a indiqué Félicien Miganda. A signaler que le CNDP est resté injoignable depuis la publication de ces nominations.
(Ern.)Le Potentiel
Last edited: 05/04/2008 16:30:14