Les prochaines assemblées annuelles de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International prévues le 12 et le 13 courant à Washington n’ont rien de particulier si ce n’est pour le cas de la RDC qui doit y plaider sa cause pour l’avenir de sa coopération avec ces institutions.
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Les institutions de Bretton Woods (Fonds monétaire international et Banque mondiale) tiennent leurs assemblées annuelles de printemps du 12 au 13 avril 2008 à Washington.
De prime abord, ce rendez-vous annuel de ces deux institutions financières internationales n’a rien d’extraordinaire pour autant qu’il demeure généralement l’occasion de faire le point sur l’état économique et financier du monde. Ce n’est pas étonnant que la crise américaine du « supprime » ou des prêts immobiliers à risque figure en bonne place lors de ce grand forum économique mondial.
Mais, pour la République démocratique du Congo, le forum de Washington est celui de tous les enjeux. Car, c’est de lui que dépendra en grande partie l’avenir des relations entre le FMI et le gouvernement de la RDC; relations en gel depuis la fin brutale du premier programme économique du gouvernement, soutenu par le FMI au titre de Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance, un certain 31 mars 2006.
A Kinshasa, l’on est donc bien conscient de la position à défendre à Washington. Il s’agit de rien ménager pour amener les services du FMI à adhérer à la vision de l’exécutif pour une éventuelle conclusion d’un deuxième programme triennal.
La question n’a pas échappé à l’entretien que le ministre du Budget a eu, en début de Semaine, avec l’ambassadeur des Etats-Unis en RDC. Sans broncher, le diplomate américain a fait savoir à son interlocuteur que rien, en termes d’appui budgétaire ne sera alloué à la RDC tant que le pays ne sera pas lié au Fmi sur base d’un accord formel. Ainsi, comme l’ont fait remarquer différents partenaires bi et multilatéraux, les Etats-Unis on fini par s’aligner à la logique commune des bailleurs de fonds de la RDC. Pas de programme avec le FM I, pas d’appuis budgétaires non plus en faveur de la RDC.
Tout compte fait, la RDC est bien obligée de convaincre.
A Washington, les assemblées annuelles de ce mois d’avril vont soit sceller un nouveau pacte entre le FMI et la RDC ou signer l’acte, d’isolement financier du pays sur la scène internationale.

Toutefois, au-delà de la dimension technique du problème, la forte mainmise du FMI, et d’autres bailleurs de fonds, sur la conduite des affaires économiques et financières de la RDC, est une entorse à la mise en oeuvre, au niveau local, d’un programme de développement, prenant en compte les réalités du pays.
Le fait pour l’ensemble des partenaires extérieurs de la RDC, de subordonner leurs promesses d’apports à la conclusion d’un accord formel entre la RDC et le FMI, prouve à suffisance que la RDC est bien loin d’affranchir de la forte tutelle économique internationale. Le pays est réellement en situation d’asservissement, contraint par ceux qui tiennent les finances internationales, à demeurer, encore et toujours, sous leur coupe au travers des institutions de Bretton Woods.
Il est temps, semble-t-on dire, de suivre la voie tracée par les pays de l’Amérique latine par la création d’une Banque du Sud. Mais, il y a des préalables, et non des moindres, que les Nations pauvres d’Afrique, à l’instar de la RDC, devront affronter pour leur émancipation.
Mais, y a-t-il encore chez nous des dirigeants capables de susciter un tel débat ? C’est malheureusement, des oiseaux rares que l’on compte sur le bout de doigts dans le continent noir. Tous ayant été remodelés, suivant les termes fixés par les maîtres de la haute finance. Aussi, la mort dans l’âme, l’on est bien obligé de suivre la cadence imposée par le FMI. A Kinshasa, l’on se prépare déjà pour le grand oral du 12 au 13 avril 2008 à Washington.
(Milor)
Le Potentiel
Last edited: 02/04/2008 18:27:20