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La décision prise lundi 31 mars dernier par le Conseil de sécurité des Nations Unies de lever l’embargo sur les armes qui frappait la Rdc depuis plusieurs années est saluée comme une bonne nouvelle pour le pays qui peut dès lors bien organiser son programme de réforme de l’armée notamment. Le gouvernement peut enfin souffler, après la levée le lundi 31 mars 2008, par le Conseil de sécurité d’embargo sur les armes qui le frappait depuis plusieurs années. Est-ce le couronnement des efforts consentis entre-temps pour s’aligner sur les incessantes recommandations de la communauté internationale.

C’est peut-être le cas Mais il est vrai que la décision onusienne relance le débat sur la nécessité pour la République démocratique du Congo d’accélérer le processus de réforme de son armée et des services de sécurité, question autour de laquelle différentes par­ties en présence ont encore du mal à dégager une quelconque unanimité. C’est à Kinshasa de prouver que l’Onu ne s’est pas trompée dans sa dernière résolution.

Le Conseil de sécurité de l’Or­ganisation des Nations unies (Onu) a prorogé le lundi 31 mars de neuf mois le régime de sanc­tions qu’il a mis en place afin de protéger les fragiles institutions de la République démocratique du Congo contre les milices ar­mées.

Dans sa résolution 1807, déposée par la France et adop­tée à l’unanimité, le Conseil re­conduit jusqu’au 31 décembre 2008 les dispositions de ce ré­gime: embargo sur les armées, me­sures de contrôle du trafic  aérien et sanctions individuelles contre certaines personnes.

En adoptant(….) à l’unanimité par ses 15 membres la ré­solution 1807 (2008), le Conseil a décidé que les restrictions sur les armes qu’il avait imposées à tous les Etats par la résolution 1493 (2003) ne s’appliqueraient plus au gouvernement de la RDC.

Bonne nouvelle pour Kins­hasa, qui voit, en cette résolution, un couronnement des efforts de pacification de son territoire. Car, la résolution précise en des ter­mes clairs que l’embargo « ne s’applique plus » au gouverne­ment légitime de la RDC, issu des élections de 2006 qui ont marqué l’achèvement d’une longue pé­riode de transition et de restau­ration de l’état de droit dans le pays, après des années de guerre civile.

Le plus dur est à venir

Une belle étape vient d’être franchie par Kinshasa dans la mesure où la prise de position du Conseil de sécurité en faveur du gouvernement congo­lais est une brèche qui lui est ouverte pour consolider sa posi­tion dans le lancinant dossier des éléments des forces démocrati­ques pour la libération du Rwanda, disséminées sur le sol congolais.

Mais, Kinshasa doit faire plus pour attirer, plus qu’avant, la sympathie des Nations unies, maintenant qu’il semble avoir la reconnaissance internationale de ses actions. C’est bien évidem­ment vers les réformes de l’armée et des services de sécurité que se tournent les regards.

Il s’agit plus que tout autre pour Kinshasa de donner un signal fort non seulement de sa volonté à intensifier des actions à l’Est du pays mais surtout de se doter des unités de l’armée, de la police et de la sécurité capables de servir de courroie de transmission de toutes les initiatives déployées au niveau international pour venir à bout des problèmes récurrents de l’Est.

Lors de précédents renou­vellements de l’embargo, le Con­seil de sécurité en exemptait déjà les unités de l’armée et de la po­lice du pays, mais à condition qu’elles aient « achevé le pro­cessus d’intégration » ou soient « en cours d’intégration » sous le commandement unique des autorités de la RDC, en dehors du Kivu et de l’Ituri. Ces condi­tions sont considéréesAujourd’hui comme remplies.

Aux termes de cette ré­solution, le Conseil de sécurité avait décidé que tous les Etats, y compris la RDC, devraient pren­dre les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indi­rects d’armes à tous les grou­pes armés et milices étrangers et congolais opérant dans le terri­toire du Nord et du Sud-Kivu et de l’Ituni, et aux groupes qui ne sont pas parties à l’Accord glo­bal et inclusif, en République dé­mocratique du Congo.

En revanche, la résolution 1807, qui a été adoptée (hier matin), engage tous les autres Etats de continuer à respecter ces mesures qui visent les personnes et entités non gouvernementales menant des activités sur le terri­toire congolais.

Le Conseil a par ailleurs décidé de reconduire les mesu­res en matière de transport im­posées par la résolution 1596 (2005), ainsi que les mesures fi­nancières et celles ayant trait aux déplacements imposés par les résolutions 1596 (2005), 1649 (2005) et 1698 (2006).

La résolution 1807 engage explicitement tous les Etats, en particulier ceux de la région, à soutenir l’application de l’em­bargo sur les armes, et prie la Mission des Nations unies en RDC (Monuc) et le Groupe d’ex­perts de continuer à concentrer leurs activités de surveillance dans le Nord et le Sud-Kivu ainsi qu’en Ituri.

En adoptant une position diamétralement opposée à son attitude dans le traitement du dossier congolais depuis les ten­sions récurrentes de l’Est de la RDC, les Nations unies inscrivent cette démarche par le souci d’imprimer une « nouvelle dynamique » dans le pays après l’établissement d’un nouveau gouvernement.

(Milor)

Le Potentiel

Last edited: 02/04/2008 18:18:37

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