De Faro où il séjourne voici bientôt une année, Jean-Pierre Bemba a réagi mardi à la lettre qui lui a été adressée par le Sénat pour « l’informer qu’à partir de la date de la réception de (son) courrier, ses absences non justifiées en plénière commenceront à être comptées ». Visiblement déçu de la tournure des événements et se disant surpris d’apprendre par médias interposés la décision de la Chambre haute, il continue de soutenir la dimension politique de son problème…

Visiblement déçu de la tournure des événements et se disant surpris d’apprendre par médias interposés la décision de la Chambre haute (c’est-là une contradiction), il continue de soutenir la dimension politique de son problème. « La question de mon retour reste éminemment politique et doit être traitée comme telle », a-t-il dit. Il demande au bureau de cette institution « d’accompagner les conditions » de son retour en avançant comme raison la violence, à deux reprises, dont il a été victime en août 2006 et en mars 2007. Il envisage d’écrire au Gouvernement dans le sens de connaître ses « interlocuteurs pour discuter des conditions ». On est loin, mais alors très loin du « tête-à-tête Kabila-Bemba » escompté jusque-là ! Au fait, le courrier échangé entre le Bureau du Sénat et la Primature par leurs lettres du 24 et du 29 mars derniers a le mérite d’avoir amené, pour la première fois, la chambre haute à s’adresser à son membre qui s’est mis volontairement aux « abonnés absents ».
Les médias parus mardi 1er avril 2008 l’ont suffisamment exploité.
En effet, en réponse au Bureau du Sénat engagé par Léon Kengo wa Dondo, le Gouvernement, souligne le Premier ministre Antoine Gizenga, a tenu « à rappeler que le départ pour des soins à l’étranger du Sénateur Jean-Pierre Bemba a été autorisé par votre Institution dont il est membre ; ce qui – par voie de conséquence – signifie qu’il revient à la chambre haute de faire son travail de suivi.
Et celle-ci l’a fait rapidement.

Comme nous avons reçu une réponse de l’exécutif, nous avons adressé un courrier à M. Bemba pour lui informer que le décompte allait commencer », a annoncé à la presse le rapporteur Modeste Mutinga qui, dans un communiqué relatif à l’absence prolongée du Chairman aux séances plénières de cette institution, et daté du 31 mars 2008, donne la chronologie des faits et se termine par cette phrase (assassine, dirait l’autre) : « Par conséquent, les préoccupations soulevées par le Sénateur Jean-Pierre BEMBA GOMBO ayant trouvé leur réponse par la lettre du Premier Ministre dont une copie lui a été réservée, le Bureau du Sénat vient de s’adresser à l’Honorable Jean-Pierre BEMBA, par sa lettre n° CAB/1579/SEC.1/DLL/2008 du 31 mars 2008, le priant de se conformer, dès réception de la présente, aux prescrits de l’article 204-6 du Règlement Intérieur libellé comme suit : « Le mandat du Sénateur prend fin par : … ».
Suit la description de ces conditions, à savoir l’expiration de la législature, le décès, la démission, l’empêchement définitif, l’incapacité permanente, l’absence non justifiée et non autorisée à plus d’un quart des séances d’une session, l’exclusion prévue par la loi électorale, l’acceptation d’une fonction incompatible avec le mandat de sénateur et la condamnation irrévocable à une peine de servitude pénale principale pour infraction intentionnelle.
C’est assez significatif que le Sénat ait réagi en évoquant justement cet article s’appuyant sur l’article 110 de la Constitution énoncé dans les mêmes termes.
Il y a lieu de noter que depuis son entrée en fonction il y a de cela une année environ, c’est pour la première fois que la chambre haute écrit à Jean-Pierre Bemba dans ce sens-là.
(Yes)
Omer Nsongo die Lema/L’Avenir
Last edited: 05/04/2008 14:32:46