La jouissance à nouveau du légitime droit de la RDC à son réarmement n’est pas à célébrer béatement, mais une opportunité à saisir pour prendre toutes ses responsabilités en mains dans le cadre des engagements à concrétiser pour la sécurisation du pays et de la région des Grands Lacs

Dans sa solution 18104 adoptée le 13 mars avait sommé les groupes armés hutu rwandais opérant dans la région de déposer les armes, sous peine de sanctions supplémentaires Cette résolution visait essentiellement des rebelles hutu rwandais, pour la plupart regroupés au sein des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) qui ont participé au génocide rwandais de 1994. Ce génocide, essentiellement dirigé contre les Tutsi, a fait, selon l’Onu, environ 800.000 morts.
Concrétiser les accords existants
L’adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies de cette résolution ne dédouane pas la RDC des engagements sous -régionaux souscrits autant à Nairobi qu’ailleurs pour consolider la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs. Bien au contraire, l’acte posé par l’Onu condamne la RDC à redoubler d’efforts pour garantir au plus tard le 31 décembre 2008 sa capacité à faire plus.
La résolution rappelle, à ce propos, le communiqué conjoint des gouvernements de la RDC et de la République du Rwanda, signé à Nairobi le 9 novembre 2007, et le document final de la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans le Nord et le Sud-Kivu qui s’est tenue il Goma du 6 au 23 janvier 2008, qui constituent, ensemble, « une étape importante vers le rétablissement d’une paix et d’une stabilité durables dans la région des Grands lacs, et comptant qu’ils seront intégralement appliqués ».
Sur ce point, la résolution souligne que de Conseil de sécurité réexaminera le 31 décembre 2008 au plus tard, les mesures visées, afin de les ajuster en fonction de la consolidation de la sécurité en RDC, et en particulier des progrès accomplis dans la réforme du secteur de la sécurité, y compris l’intégration des forces armées et la reforme de la police nationale, ainsi que dans le désarmement, la démobilisation, le rapatriement, la réinstallation et la réintégration des groupes armés congolais et étrangers.
« Réaffirmant son attachement à la souveraineté, à l’intégrité territoriale et l’indépendance politique de la République démocratique du Congo et de tous les Etats de la région. Et se déclarant à nouveau gravement préoccupé par la présence des groupes amés et des milices dans l’Est de la République démocratique du Congo, en particulier dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu et dans le district de l’Ituri, qui perpétuent un climat d’insécurité dans l’ensemble de la région » le Conseil de sécurité précise que « c’est au gouvernement de la République démocratique du Congo qu’il incombe au premier chef d’assurer la sécurité sur son territoire et de protéger les civils dans le respect de l’état de droit, des droits de l’homme et du droit international humanitaire ».
Autant dire que c’est un nouveau challenge qui vient de s’imposer au gouvernement de Kinshasa, challenge qui exigera, sans nul doute, des efforts supplémentaires dans l’armée comme dans les services de sécurité pour parvenir à concrétiser le vœu de Washington.
Il ne faudrait donc pas, après cette résolution, que Kinshasa s’emporte dans un triomphalisme qui risquerait de se retourner totalement en sa défaveur. Il faut plutôt diversifier des actions, se montrer plus entreprenant sur terrain pour qu’à l’échéance du 31 décembre 2008 la RDC comme d’autres partenaires engagés dans ce processus retracent un nouveau schéma de pacification de la région des Grands Lacs africains.
(Milor)
Le Potentiel
Last edited: 02/04/2008 16:46:44