Une avenue dans Kinshasa sera débaptisée au nom de Lutumba Simaro, par décision de l’autorité urbaine. L’événement du jubilé d’or de la carrière musicale de l’artiste musicien Lutumba Simaro a vécu.

Le samedi 29 mars, la voûte du somptueux cadre du Salon Congo du Grand Hôtel/Kinshasa avait failli s’effondrer sous les pulsions émises par la guitare de l’artiste et les cris de joie de ses admirateurs.
Cette soirée demeurera gravée dans les mémoires des convives et aussi, dans les annales de la musique congolaise. En effet, M. Yves Kambala, organisateur de cet événement, avait tenu à récompenser et à honorer l’artiste de son vivant. Cela, afin que ce dernier transmette aux générations futures un comportement à adopter pour la consécration de la rumba.
« Car, la rumba est le comportement par lequel se fonde la vraie musique congolaise... », a laissé entendre Sam Mangwana. Et aussi, pour interpeller la conscience des dirigeants congolais qui n’attendent que des fins tragiques pour offrir aux artistes disparus des grandioses obsèques. Contrairement à ce que la RD Congo (autorités, artistes, etc.) devait procurer pour cette grande fête, rien de tel n’a été effectif. A l’inverse, la pluie, en guise de bénédiction, avait mouillé le sol kinois, deux heures avant le début de la cérémonie.
Ainsi, après la série des témoignages des amis, des proches et des artistes parmi lesquels Papa Wemba et Josky Kiambukuta, par des éléments filmés, le bal dansant avait débuté par la chanson « Ebale ya Zaïre », interprétée par Sam Mangwana. Ce dernier aura, dès lors, parcouru une série de mélopées qui lui ont ouvert les portes de la gloire, rappelle-t-il souvent. Notamment « Faute ya commerçant » et « Cedou », avant de laisser le micro à Michel Boyinbanda, un ancien de l’OK Jazz. A la suite de ce dernier, plusieurs autres chantres comme Malage de Lungendo, Mbilia Bel, Shakembo, Manda Chante, Alain Mpela, Bendo Son et Ndombe Opetum, ont également prêté leurs voix, en exécutant quelques-unes des délices du « poète Simaro Masiya ». Les convives de ce dernier, parmi lesquelles une forte délégation venue du Congo/Brazzaville, ont religieusement dégusté des « élixirs musicaux » comme « Fifi innocent », « Annie obosani », « Nalembi », « Vaccination ya ba soucis », « Mbau na ko récupéré yo », « Kadima », « Ofela » et « Daty pétrole ».
Pour sa part, Lutumba Simaro a remercié l’Eternel pour son existence sur terre et pour les qualités qu’Il lui a offertes. Celles qui lui valent depuis plus de vingt ans, l’estime d’un grand public. En guise de reconnaissance, il a ajouté: « Même s’il y a tant de livres dans ma bibliothèque je n’oublierai pas où se trouve la Bible. Merci Dieu ».Ceci, pour dire que sa carrière a connu la contribution du Créateur Suprême bien qu’il reconnaît que ce dernier ne lui a pas accordé une belle voix. Un proverbe dans ce sens: « Dieu ne peut pas donner toutes les capacités à l’être humain ». Ma richesse « c’est mon savoir. Même si le monde ne paie pas, du moins, je serai enterré aux côtés des richesses de mon pays. Ainsi, je jouirai de toutes ces richesses que je n’ai pu avoir sur terre... », a enseigné l’artiste poète. Du moins, Simon Lutumba Ndomanueno dit « Simaro Masiya » vivra éternellement grâce à ses oeuvres. D’autre part, il sied de signaler cependant qu’une avenue dans Kinshasa sera débaptisée au nom de Lutumba Simaro, par décision de l’autorité urbaine, a-t-on appris.
(Milor)Bob Ambongo/Uhuru
Last edited: 02/04/2008 16:22:00