L’opinion redoutait un verdict fatal pour le député leader de Bundu dia Kongo et même pour le ministre d’Etat à l’Intérieur dans le traitement à l’Assemblée nationale de l’affaire Bundu dia Kongo. A la place a triomphé l’équilibrisme du doigté du président de la Chambre basse du Parlement.

Le Bureau de l’Assemblée nationale, son président Vital Kamerhe en tête a sorti le grand jeu dans la gestion du dossier de Bundu dia Kongo. Alors que d’aucuns croyaient le dossier clos après le verdict gouvernemental décrétant la dissolution de ce mouvement politico-religieux, la chambre basse du Parlement, par le truchement de la question orale du député Gilbert Kikwama adressée au ministre de l’Intérieur Denis Kalume, a administré à l’opinion tant nationale qu’internationale une grande leçon de démocratie.
En effet, puisant dans la sagesse, l’intelligence, la psychologie, la fermeté, le sens de responsabilité, mais aussi l’humour qu’on lui connaît, Vital Kamerhe a distribué la parole à quiconque voulait s’exprimer. Ainsi, tous les sons de cloches ont été entendus. Soucieux de la participation indirecte de nos concitoyens au débat, le président de l’Assemblée nationale est allé jusqu’à réclamer à la Snel de rétablir sans délai l’électricité dans les parties de Kinshasa et du Bas-Congo où étaient signalées des coupures d’ordre purement technique.
Ce faisant, il a apporté à la population bas-congolaise en particulier et nationale en général la preuve qu’il n’y avait rien à cacher, qu’il n’y avait aucun coup monté et que tout se déroulait dans la plus grande transparence. On peut ainsi affirmer que la méthode kamerhienne a eu le mérite de rassurer tout le monde et d’apaiser les esprits. L’Etat congolais est au service de tous ses fils indistinctement et ne sera jamais contre une partie de la population.
Plus que jamais dans une robe de sapeur-pompier, Vital Kamerhe a su trouver les mots et les accents justes pour décourager les extrémistes de tout bord et leur faire prendre conscience de la nécessité de se mettre au service du développement et de la reconstruction de toutes les provinces sans exclusive, rejoignant en cela l’engagement présidentiel pris au début du quinquennal encours et qu’entend matérialiser la réalisation de cinq chantiers.
Ainsi donc, des journées entières ont été réservées à la question orale et aux conclusions du député Kiakwama, aux accusations de Denis Kalume contre Bundu dia Kongo et aux critiques violentes de Ne Muanda Nsemi contre le gouvernement.
De même, des députés de toutes les sensibilités politiques comme des indépendants ont eu l’opportunité de vider leur sac, dans la passion ou la modération selon le cas. Le débat d’idées était tellement levé que certains parlementaires ont brisé le carcan de la discipline de groupe pour se comporter en francs tireurs soit contre Denis Kalume, soit contre Ne Muanda Nsemi.
Toutes les vérités, même blessantes, ont été entendues à la tribune du palais du Peuple, sous le contrôle de Vital Kamerhe, qui n’hésitait pas à faire retirer à leurs auteurs des propos jugés désobligeants. La liberté de pensée et de parole était portée à un niveau tel que des notables Kongo, qui avaient peur de s’exprimer pour ou contre BDK, pour ou contre Kalume, ont donné libre cours à leurs convictions profondes, voire à leurs sentiments.
Au bout du compte, l’examen du dossier Bundu dia Kongo a eu le mérite de rappeler à tous que l’autorité publique et l’ordre public doivent être sauvegardés dans un pays qui tient à cheminer vers l’Etat de droit.
A l’inverse, les adeptes de Bundu dia Kongo qui se sont crus à un moment donné exclus de la « maison commune » ont été rassurés quant à la prise en compte de leurs revendications par les institutions républicaines.
Au niveau des décideurs, tout le monde a compris que la Nation avait tout à perdre de laisser des compatriotes en errance dans les forêts de Luozi et de Seke-Banza, avec tous les risques de les voir basculer dans une clandestinité aux conséquences imprévisibles. L’on a compris aussi que la police nationale commence à être suffisamment outillée, en ressources humaines et matérielles, pour les opérations de maintien ou de rétablissement de l’ordre public.
Et que, dans son modus operandi, elle s’appuie sur les préscrits de la loi. Hélas, comme dans toute oeuvre humaine, elle n’est pas à l’abri des dérapages, parfois meurtriers. Au-delà des frustrations de Bundu dia Kongo, s’impose la nécessité de la prise en compte, par les gouvernants, des préoccupations politiques, sociales, économiques et culturelles des compatriotes du Congo profond. C’est avec justesse que l’Assemblée Nationale a retenu la recommandation suggérant la tenue prochaine, dans toutes les provinces, des conférences économiques. La pauvreté a été épinglée comme un vrai poison pour la démocratie, la cohésion nationale, la paix, la stabilité des institutions, le développement car de nature à nous de détourner tous de l’essentiel.
Enfin, le dialogue a montré ses vertus, en amenant les Congolais à résoudre eux-mêmes une situation explosive, sans « facilitation étrangère », évitant ainsi au pays un front politique et social à forte coloration tribalo-ethnique. A présent, la tension est réellement tombée. Il reste, pour l’avenir immédiat, au gouvernement central, à l’exécutif provincial du Bas-Congo et à Bundu dia Kongo de traduire en actes les recommandations de l’Assemblée Nationale.
Ne Muanda Nsemi a été reçu par Kamerhe après la séance

Reçu par le président de l’Assemblée nationale dès la fin de la plénière de samedi, Ne Muanda Nsemi a qualifié son interlocuteur de très sage pour avoir réussi l’atterrissage en douceur d’un dossier très sensible. Il a rappelé que l’Assemblée nationale avait fait de très bonnes recommandations au gouvernement dans le dossier Bdk l’année passée, sans qu’aucune recommandation ne soit d’application.
Ne Muanda Nsemi se veut réservé quant aux présentes résolutions. Il attend voir la bonne foi de l’Exécutif cette fois-ci avant de confirmer son adhésion.
JC M'Vuemba salue l’aboutissement du dossier BDK
Réagissant aux recommandations en rapport avec l’affaire Bundu dia Kongo, le député Jean-Claude Vuemba Luzamba s’est dit satisfait du travail abattu par ses pairs.
« Il est heureux que la Représentation nationale ait pris ses responsabilités pour faire aboutir le dossier BDK, en évitant ainsi le pire dans le Bas-Congo, et par- de là Kinshasa et au Bandundu, où sont implantés les adeptes de BDK. L’élu de Kasangulu a plaidé pour l’organisation, dans un bref délai, d’une table ronde au Bas-Congo. Celle-ci, selon l’orateur, ne devrait pas avoir de sujet tabou. Tous les sujets touchant aux intérêts tout comme à l’avenir du peuple Kongo devraient y être traités, parce que l’objectif principal sera la réconciliation des fils et filles Kongo », a-t-il fait savoir. Avant d’indiquer qu’une injustice règne actuellement entre certains districts et territoires du bas-Congo.
Concernant le BDK dissout, il renseigne qu’on l’achemine vers la régularisation des statuts du mouvement qui est par essence culturel, conformément à la recommandation de la plénière.
Selon Jean-Claude Vuemba c’est grâce à la diplomatie secrète qu’il salue en passant qu’on est arrivé à une solution apaisée sur le dossier. Car, ajoute-t-il, le pouvoir avait déjà décidé le liquider politiquement Ne Muanda Nsemi.
Dans ce chapitre il félicite le Chef de l’Etat pour son implication dans la recherche de la vérité, ce qui permit a l’opinion d’entendre un autre son de cloche, celui du chef spirituel de Bdk qui était vivement incriminé.
(Milor)Kimp/Dom/Le Phare
Last edited: 01/04/2008 15:29:46