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Bonjour | 06/07/2008 3:14 | English Make DC Home page | RSS feed

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Après la présentation et la levée de la dépouille mortelle à l’hôpital Beaujon de Clichy la Garenne, tout ce monde s’’est retrouvé à la paroisse Saint Charles de Blancmesnil pour une cérémonie religieuse à l’issue de laquelle le cortège s’’est dirigé vers le cimétière de Pantin où repose désormais « Madame Ya Poto ». Les obsèques de Mère Malou ont eu lieu, comme prévu, samedi dernier au cimetière de Pantin en banlieue parisienne en présence de nombreux Congolais, parmi lesquels des artistes dont Papa Wemba, Werrason, Fally Ipupa, Mister Siatula, Blaise Bula, Fafa de Molokaï…, Frère Thomas Lokofé, pour ne pas les citer tous. Après la présentation et la levée de la dépouille mortelle à la morgue de l’Hôpital Beaujon de Clichy la Garenne, tout ce monde s’est retrouvé à la paroisse Saint Charles de Blanc-Mesnil pour une cérémonie religieuse à l’issue de laquelle le cortège s’est dirigé vers le cimetière de Pantin où repose désormais « Madame Ya Poto ».

Une collation a été offerte en guise de clôture des obsèques agrémentée par plusieurs artistes, nous signale César Ngadi.

Mère Malou, de son vrai nom Marie-Louise Likuse, est décédée à 60 ans d’une hémorragie cérébrale

Arrivé de Kinshasa, Papa Wemba a été étroitement associé à l’organisation des obsèques par la famille de la défunte qui a, par ce geste, consacré les liens qui unissaient la star de la chanson à cette dame gratifiée de centaines de dédicaces dans les chansons comme nulle autre avant.

Mère Malou, de son vrai nom Marie-Louise Likuse, est décédée à 60 ans d’une hémorragie cérébrale causée par une chute sur la chaussée cinq jours plus tôt en sortant d’un bureau de tabac. Alertés par des passants témoins de la chute, les secours l’ont amenée à l’hôpital Gaujon de Clichy La Garenne où les médecins l’ont opérée après avoir constatée qu’elle était victime d’une hémorragie.

Une opération qui a été suivie du coma dans lequel la défunte est restée pendant cinq jours jusqu’à son décès.
L’accident, l’hospitalisation et l’opération avaient été connus tardivement de la famille qui avait contacté la police après être restée environ trois jours sans les nouvelles de Mère Malou qui appelait quasi quotidiennement un de ses frères qui vit en région parisienne.

Ce sont les recherches lancées par la police, à la demande de ce frère, que la famille et les amis ont localisé Mère Malou qui était dans le coma et qui n’a pas pu alors communiquer avec les siens. Les rumeurs des vœux qu’elle aurait exprimés sur son lit d’hôpital pour ses obsèques sont, en effet, fantaisistes.

De Tabu Ley à Papa Wemba, sous les projecteurs puis portées aux nues

Les premiers contacts de Mère Malou avec la musique datent d’une collaboration avec Tabu Ley en tant que danseuse et avec qui elle s’est produite dans plusieurs pays africains au grand courroux de son père qui en était même venu aux mains avec le patron de l’orchestre Afrisa International.

La sainte colère paternelle ne fit rien face à l’éblouissement des projecteurs de la scène qui maintint la jeune Marie-Louise dans l’univers « féérique » de la musique. Mère Malou était vouée à la musique sous une forme ou une autre. Elle vécut, ensuite, de très près la naissance et l’émergence de Zaïko Langa-Langa et fit même de certains voyages du groupe au Congo Brazzaville.

Quelques années plus tard, quand Papa Wemba réussit une carrière solo fulgurante et crée son univers de « religion kitendi » autrement identifiée par la Sape, Mère Malou est au cœur de cette planète à la fois comme égérie du chanteur-sapeur, mais également comme matrone et modèle de toutes les midinettes des deux Congo et de l’Angola qui ne rêvent que d’être dans la lumière comme celle qu’on appelait « Mère première » comme pour la classer à part, hors catégorie. Un monde à part brocardé souvent par le commun des Congolais de la diaspora craignant l’amalgame.

Le restaurant « Fula ngenge » fermé, comme un ultime épisode

Mère Malou adorait le chic et les griffes chères, et essayait de se donner légalement les moyens de cette coûteuse et dévorante passion. Elle tenait dans le dix-huitième arrondissement de Paris le café Fula Ngenge où pour les sapeurs il fallait être vu et flamber afin de se faire adouber.

C’était une affaire qui forcément marchait jusqu’au jour où un des habitués impliqué dans une bagarre devant le café insulta des agents de police.

Le café, déjà dans le collimateur pour ce type de comportements, fut frappé d’une très lourde amende qui la condamna.

Ce coup fatal obligea Mère Malou à quitter, en même temps, son logement qui se situait dans le même immeuble que le café pour s’installer ailleurs.

C’était il y a un peu plus d’un an. Elle aura laissé manifestement dans le dix-huitième ses repères et sa rage de vivre.

Une rage de vivre qui lui permit de faire face notamment à une attaque qui lui causa une paralysie faciale partielle en 1998. Gracile, toujours furieusement sapée, elle a continué à arpenter, sereine et presque aérienne, les lieux et scènes qui l’ont vénérée et faite reine comme pour défier le temps que certains disaient inlassablement qu’il lui était compté…

Dernière coquetterie de la regrettée, c’est en printemps, saison symbolisant la jeunesse mais aussi l’élégance et le romantisme des fleurs naissantes, que sera portée sous terre dans son pays d’adoption Mère Malou « Madame ya poto ».

AEM/MMC

Last edited: 01/04/2008 09:59:46

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