Pour la ministre du travail et prévoyance sociale Marie-Ange Lukiana, ces expatriés se sont érigés sur des positions dominantes à tous les niveaux de la commercialisation et de la distribution.
Marie-Ange Lukiana a fait cette déclaration la semaine dernière aux assises de la 3ème session extraordinaire du conseil national du travail. Selon elle, une liste des emplois interdits aux étrangers sera publiée à l’issue de ses travaux, en vue d’aérer l’espace économique au profit des nationaux.
L’avenue du commerce, au centre ville, est l’un des points chauds de la capitale où s’observe ce phénomène. Une congolaise témoigne. « Je suis gérante d’une quincaillerie. Et nous sommes environnés de pakistanais, d’indiens qui, eux aussi, se livrent exactement au même commerce que nous. Ils sont entrain d’importer avec de gros moyens, alors, si eux aussi doivent se livrer au commerce de détail, nous ne pouvons pas leur tenir tête. »
Pour un analyste économique ayant requis l’anonymat, le gouvernement doit appliquer ces mesures. « Cette nouvelle peut nous réjouir si l’application est faite exactement comme on l’entend dans les textes. Sinon, ça sera encore la même chose que la loi particulière sur le commerce en 1973. Cette loi n’a jamais été appliquée dans son intégralité. »
Amadou Dialo, ressortissant malien tenancier d’un restaurant de fortune, se dit non favorable à une telle mesure. « Ça, c’est une chose inacceptable. C’est impossible pour moi aussi. On paie la patente, on paie tout ici. Tout le monde ne peut pas faire le grand commerce. »
Pour le secrétaire général de l’économie, l’exercice du commerce par les étrangers doit se faire sur dérogation du chef de l’Etat. « C’est la problème de respect de la loi. Le président de la République doit, nécessairement, s’impliquer pour autoriser aux étrangers l’exercice du commerce. [Il faut aussi] l’implication des autres autorités en matière du petit commerce. Ils ne peuvent pas délivrer la patente aux étrangers ».
Radio Okapi/MMC
Last edited: 31/03/2008 17:46:16