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Bonjour | 06/09/2010 3:46 | English Make DC Home page | RSS feed

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Pour leur patrouille nocture, les policiers reçoivent aussi du café, du sucre et des cigarettes des mains de commerçants pour ne pas fermer l’œil. Depuis qu’ils sont payés par les commerçants pour garder leurs biens, les policiers de Beni au Nord-Est de la RD Congo font preuve d’efficacité. Pourtant leur fonction est, légalement, d’assurer la sécurité de tous et non de remplacer les sentinelles des privés.

« Ici on ne stationne pas. Au moindre faux pas, votre place est au cachot… ». Ainsi parle avec fermeté aux passants, un policier debout devant un magasin au centre commercial de Beni. Dans cette ville de l’Est de la République démocratique du Congo, située à 350 km de Goma, capitale du Nord-Kivu, les commerçants font, en effet, désormais appel aux policiers pour assurer la protection de leurs affaires. Chaque soir, dès 20h, les agents de l’ordre font la ronde au marché central de Kilokwa et au centre commercial de la ville. Postés devant des magasins, armés aux poings, menottes, matraque attachées à la ceinture… leur présence décourage d’éventuels brigands.

« Si nous avons pris cette option, c’est parce que les vielles sentinelles ne remplissaient pas leur tâche devant les voleurs armés », explique Cléophas Katembo, président du centre de négoce de Mabakanga, à l’Est de la ville. Munies de machettes ou de flèches, les sentinelles ne faisaient guère le poids face aux braquages des bandits qui, eux, sont généralement armés de fusils. « Lors des attaques des magasins, les plus chanceux des sentinelles étaient simplement ligotées, tandis que d’autres étaient tuées sur le champ… », rapporte l’Inspecteur de police de Beni, Muloba Kyakubanda.

Les vols et attaques des biens des commerçants devenant légion, vers fin 2007 les commerçants de cette ville se sont résolus à recourir à la protection de la police, avec l’appui des autorités locales. Pour un autre officier de police, il est normal qu’un privé puisse requérir une protection spéciale de la police. Mais sous certaines conditions pour ne pas détourner la police de sa mission de service public. « La nécessité doit être appréciée par la police après vérification de l’ampleur des menaces », précise-t-il.

Des patrouilles dissuasives

Mais il semble que ce sont essentiellement les avantages pécuniaires qui jouent. Dans chaque quartier où ils ont des boutiques, les commerçants se cotisent tous les mois et remettent l’argent récolté au commissariat de police le plus proche, pour motiver les policiers qui veillent sur leurs biens. Commandant de police au quartier Tamende, au sud de la ville, Jérôme Kakule reçoit 82.500 FC (150 $) tous les mois. « Je paie 17.500 FC (30$) à chaque policier envoyé à la surveillance, en plus de son salaire mensuel. Ce qui les motive, car ils deviennent plus actifs et travaillent avec plus de conscience professionnelle », témoigne-t-il.

(Yes)

Jacques Kikuni Kokonyange/Le Palmarès

Last edited: 01/04/2008 13:52:57

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