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Bonjour | 07/08/2008 22:20 | English Make DC Home page | RSS feed

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A peine a-t-il « fêté » l’an 1 de l’investiture de son gouvernement, voilà que les nouvelles du limogeage du Premier ministre Antoine Gizenga se font de plus en plus insistantes. Cette fois-ci, la machine de la suc­cession du patriarche est partie à la quatrième vitesse comme jamais cela n’avait été le cas auparavant. Dans tous les cas, la guerre de tranchées pour la succes­sion du chef du gouvernement est ouverte.

Partira ? Partira pas ? Le dé­part d’Antoine Gizenga de son poste de Premier ministre de l’ac­tuel gouvernement s’est, une fois de plus, fait inviter dans les sa­lons huppés de la ville. On en parle en des termes beaucoup plus précis que naguère au point où les dés semblent définitive­ment jetés pour l’actuel locataire de 1’Hôtel du gouvernement.

« Il est en train de passer ses deniers jours à la Primature », affirme une source digne de foi qui fait même état de tout der­niers réglages qui s’opèrent au niveau de la famille politique du président de la République.

Pas si facile que ça...

Pour beaucoup, il ne s’agit là que d’une vieille rengaine. Juste pour retomber dans des plaisanteries déjà ressassées du limogeage du Premier ministre. Peut-être ont-ils raison dans la mesure où ce n’est pas pour la première fois qu’Antoine Gizenga est donné pour partant de la primature, sans qu’évidemment rien ne change dans la nomen­clature. Pour peu qu’on accorde du crédit à ces « spéculations », laisse-t-on entendre sur un ton mi-moqueur mi-sérieux, jamais on n’a jusque là quitté le domaine de la spéculation ou de ces réinvestissements à répétition qui, par saison, s’emparent du micro­cosme politique congolais.

Il est vrai qu’après toutes les péripéties qui ont jalonné les treize mois du « règne » d’An­toine Gizenga, l’heure est venue de donner absolument au pays un nouveau Premier ministre.
 On ne pense plus autrement à l’Al­liance de la majorité présiden­tielle, confirme » un membre de la Coordination de l’AMP dont le parti occupe la position de tête dans cette plate-forme politique. 

« Au jour d’aujourd’hui, se défend-on, la situation nous exige de prendre cette déci­sion. Cela est d’autant plus vrai que nous parlons déjà du Premier ministre Gizenga au passé ».  « Si 1’AMP ne le fait pas maintenant, avertit la même source, rassurez-vous que son avenir politique et celui du chef de l’Etat ne seraient plus que derrière nous».

La question est celle de savoir si le président de la Répu­blique va en fin de compte se résoudre à se débarrasser d’An­toine Gizenga.  Quels dividen­des le chef de la majorité va-t-il en tirer », se demande un autre dirigeant de l’AMP qui ne voit pas Joseph Kabila « pren­dre pour le moment un tel risque ».

Un risque qui n’est pas du tout moindre quand on sait que le président de la Républi­que pourrait, dans ce cas-là, se mettre sur son dos tout l’Ouest, plus précisément la province de Bandundu dont les voix ont été déterminantes lors de la présiden­tielle de 2006.

Quelques hypothèses

Fort du fait que le Premier ministre n’a pas une côte d’en­fer dans l’opinion où l’on critique sans ménagement son action a la tête du gouvernement de coali­tion, le PPRD, dans sa majorité ne jure plus que par le départ, hic et nunc, d’Antoine Gizenga.

On ne s’en cache plus. « Le décor est déjà planté. Pas question de continuer à soutenir un Premier ministre qui a montré ses limites et ses insuffisances, un premier ministre qui n’est pas visible et audible ».

Mais les choses pourraient ne pas être aussi faciles qu’on le croirait. « On est, rappelle-t-on, en face d’un gouvernement de coalition », qui a pour soubas­sement l’accord de gouvernement signé, fin 2006, entre l’AMP, le PALU et l’UDEMO. Mais, dans les coulisses du PPRD, l’on susurre que le con­sensus serait déjà obtenu a ce niveau pour mettre fin a cet ac­cord de gouvernement.

« Qui peut accepter que le chef de 1’Etat puisse faire demain les frais de la mauvaise prestation du Premier ministre Gizenga , s’interroge-t-on dans ces milieux.

« Ce serait suicidaire et pour Joseph Kabila et pour le parti car ils courent le risque, de plus en plus évident, de broyer  du noir aux prochains scrutins », ne cesse-t-on de se dire.

L’on estime que plus rien, à ce niveau, ne s’oppose à ce que les pions soient replacés, tout en préservant l’équilibre géopoliti­que qui veut que le Premier mi­nistre soit de l’Ouest, contraire­ment au président de la Républi­que qui est de l’Est.
« Même sans Gizenga, les intérêts du Palu seront sauvegardés », af­firme-t-on à l’AMP dont la posi­tion ne serait pas vue de mau­vais oeil de la part des chancelleries occidentales qui ne cachent pas leur désenchantement vis-à­vis de l’actuel premier ministre.

Entre-temps, au Palu, on ne veut pas entendre une telle partition dans la mesure où le parti lumumbiste ne continuera à battre qu’au rythme de cet ac­cord de gouvernance qui, selon ses membres, « court jusqu’à la fin de l’actuel mandat » qui est de cinq ans. « Nous nous en tenons à nos engagements comme à la prunelle de nos yeux », se défend-on bec et on­gles au Palu.

Même si Antoine Gizenga tombait de son piédestal, il fau­drait que le Palu, en tant que par­tie signataire, se charge de dési­gner celui qui va prendre la main. « Aucune autre instance que le Palu il a le  droit de proposer le nom du successeur de Gizenga », affirme-t-on.
La situation étant ce qu’elle est aujourd’hui, il est évi­dent que le dernier mot revienne au président de la République. Va-t-il faire le reste de son mandat avec ou sans Antoine Gizenga comme premier ministre ? On ne le sait. Mais ce qui est du moins sur, la guerre de tranchées pour la succession de  «  Yandi ve » poursuit son bonhomme de chemin.

(Milor)

Le Potentiel

Last edited: 31/03/2008 15:32:59

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