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Le 39ème anniversaire de la mort du premier président du Congo indépendant, Joseph Kasa-Vubu, le père de l’indépendance congolaise, est passé comme un fait divers, les gouvernants d’aujourd’hui comme ceux d’hier l’ayant relégué aux oubliettes. Il y a 39 années passées depuis que le premier président de la République démocratique du Congo, Joseph Kasa-Vubu, est décédé. Le devoir de mémoire impose à l’occasion de ce 39ème anniversaire de la disparition du Père de l’indépendance congolaise, de rappeler le cheminement de l’un des artisans de la brillante œuvre de libération de la patrie du joug colonial.

Trente-neuf ans après sa mort, le souvenir de cette personnalité s’est émoussé dans les esprits de la grande majorité des Congolais, d’autant que Kasa-Vubu a été jeté aux oubliettes par ses adversaires politiques après l’avoir évincé du pouvoir. De plus en plus les générations nées après les années de l’indépendance perdent des repères et ne savent plus où recueillir des témoignages fiables sur les mérites de l’illustre disparu. Et pourtant, la jeunesse congolaise gagnerait en s’appropriant quelques édifiants traits de l’homme dit du 4 janvier 1959.

La 1ère République : 1960-1965

Les élections mises sur pied en 1960 virent le MNC/L obtenir la majorité ; Kasa-Vubu devint président de la République et Lumumba Premier ministre. Suivit alors une période chaotique marquée notamment par la rébellion de l’armée contre les officiers blancs. Afin de protéger ses ressortissants au Congo, le gouvernement belge envoya des troupes sur place - une mesure à laquelle les autorités locales réagirent en déposant une plainte auprès des Nations unies et organisa un pont aérien que bon nombre de Belges, cédant à la panique, utilisèrent pour rentrer au pays.

Dès juillet 1960, la province du Katanga, avec à sa tête Moïse Kapenda Tshombe, fit sécession. Dans le Sud Kasaï également, on assista à des tentatives séparatistes. Le 14 septembre, le colonel Joseph-Désiré Mobutu opéra un coup d’Etat avec le soutien du service de renseignements américain (CIA), en annonçant la « neutralisation » de M. Kasa-Vubu, du gouvernement Lumumba et des deux Chambres jusqu’au 31 décembre 1960.

Le 19 septembre est créé le collège des commissaires qui fit appel aux techniciens. Celui-ci devait durer jusqu’au 9 février 1961 et fut parfois appelé le collège des étudiants. Douze commissaires étaient diplômés de l’université, une dizaine poursuivaient des études universitaires.

Lumumba, qui avait été relevé de ses fonctions par Kasa-Vubu, fut arrêté en décembre et transféré au Katanga où il périt en février 1961 dans des circonstances mystérieuses. Entre-temps, sous la conduite de Gizenga, ses partisans constituèrent dans la province de l’Est un contre-gouvernement qui, après la mort de Lumumba, fut notamment reconnu par l’ex-Union soviétique. La reconquête du Katanga fut menée à bien en janvier 1963 grâce à l’intervention des soldats de l’ONU.

En 1964, après le départ du contingent onusien, Adoula, qui exerçait la fonction de Premier ministre depuis 1961, s’effaça au profit de Tshombe. Celui-ci engagea des mercenaires blancs pour contrer les partisans de Lumumba. Les combats firent environ un demi-million de morts parmi les Congolais. Tshombe, qui avait posé sa candidature à la présidence, fut destitué par Kasa-Vubu. Condamné à mort pour haute trahison, il s’enfuit en Europe, mais fut enlevé en 1967 et conduit en Algérie où il mourut en 1969.

L’homme de grandes vertus

En ce moment précis où le pays se recherche encore dans son processus de rétablissement de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national, l’exemple du président Kasa-Vubu pourrait nous inspirer pour que nous puissions retrouver la concorde dans notre pays.

L’on se souviendra de certaines positions qu’il a prises dans le cadre de l’union de tous les Congolais avant et après l’indépendance. Fondamentalement fédéraliste, Kasa-Vubu n’a pas hésité à diriger un Congo unitariste, quitte à l’inclure moins vite dans le processus du fédéralisme. Les intérêts du pays ont prévalu à chaque fois qu’il était appelé à prendre les grandes décisions.

Déjà dans son combat pour l’indépendance, avant même qu’il ne fut à la tête du pays, Kasa-Vubu avait une vision : aucun fils représentatif du pays ne pouvait être absent lors des grandes décisions avec les colonisateurs. Raison pour laquelle il a exigé la libération de leur compagnon de lutte Patrice Lumumba et inspiré la formation du Front Commun à la Table Ronde de Bruxelles en 1960.

Au pouvoir, il a su se déployer pour juguler les sécessions (Elisabethville, Bakwanga et Stanley-ville) par des dialogues et rencontres avec ses frères dont l’aboutissement fut la formation du gouvernement Adoula. (Conférences de Tananarive, Coquilathville et le conclave de Lovanium). Il a pu, par exemple, lors de son passage à Elisabethville en 1960, réconcilier Jason Sendwe et Moïse Tshombe ; de même, à Bakwanga, il a réconcilié Mwanangana Kalamba et Kalonji Ditunga (Lulua et Luba).

Toute la pensée du président Kasa-Vubu peut se résumer en cette phrase-testament dite à Mgr Raymond Ndudi en présence de son fils… sur son lit de mort le 24 mars 1969 : « Dites, Mgr, aux autorités de notre pays, de veiller à la sauvegarde de l’unité nationale et de préserver l’indépendance nationale ».

(Yes)

Rich Ngapi/Le Potentiel

Last edited: 31/03/2008 14:35:21

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