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Les faits étalés devant l’Assemblée nationale par le ministre Kalume et le député Ne Muanda Nsemi leader de Bundu dia Kongo sur les incidents autour du dossier de cette secte sont d’une telle gravité qu’ils appellent une clarification et même un traitement en justice. De graves accusations de tentative de « coup d’Etat », « génocide » et frustration ont été portées hier mer­credi 26-mars à Kinshasa contre  deux généraux du Maniema et du Katanga », qui auraient reçu selon le député Ne Muanda Nsemi (leur identité n’a pas été dévoilée) l’équivalent en livres sterling de 90 mil­lions de dollars américains  en deux tranches de 30 et 60 millions ». Ce qui reste à prouver. C’était lors de la séance plénière d’hier mercredi à l’Assemblée nationale autour de la question orale initiée par le député Gilbert Kiakwama Kia Kiziki sur les événe­ments du bas congo.

Premier à prendre la parole, le ministre de l’Intérieur, Denis Kalume, a imputé au chef spirituel du mouvement politico-reli­gieux, Ne Muanda Nsemi, l’ins­tauration d’un « Etat d’excep­tion » à travers des « Juge­ments », des menaces de mort et des attaques contre certains mis­sionnaires chrétiens, la chasse aux policiers et aux agents des services de sécurité « non originaires » de la province du Bas­-Congo. Le ministre de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité a accusé le chef spirituel de BDK, l’incriminant d’être « l’auteur in­tellectuel » de ce qui s’est passé dans le Bas-Congo. Il a affirmé que, ne sachant pas ac­céder à Ne Muanda Nsemi, le gouvernement a été obligé d’or­ganiser une opération policière dont le but était de « restaurer l’autorité de l’Etat ».

Malheureusement, cette opération a causé morts d’hom­mes, a-t-il déploré. Il a procédé à la projection d’un film avec des images à l’appui. A travers ce film, on a démontré que BDK « est une épine dans le pied de la démocratie ». «  Barbarie, violation massive des droits de l’homme ; xénophobie ; chasse aux non originaires, rébellion, attaques à tous les sym­boles de l’Etat ». Ce sont là les quelques titres que comportait ce film.

Des actes qui, selon le ministre, sapaient à la base l’auto­rité de l’Etat dans cette partie  et autres menaces de mort à l’égard de certains pasteurs et prêtres catholiques, des condam­nations des personnes n’appar­tenant pas au BDK, la chasse menée contre les agents de la police, de l’Agence nationale de renseignements (ANR), ou encore de la Direction générale des migrations (DGM), dans certains postes frontaliers et des person­nes d’autres origines que le Kongo.

D’où le ministre a sollicité l’Assemblée nationale de décider du sort à réserver aux  responsables matériels et intellectuel de ces massacres, qui selon lui est le chef du mouvement BDK.

Ne muanda nsemi s’ explique

Devant les graves accusa­tions mises à sa charge, Ne Muanda Nsemi a donné sa ver­sion des faits sur la situation dra­matique qui prévaut dans le Bas ­Congo suite aux événements macabres ayant endeuillé la pro­vince.

Dans son intervention, Ne Muanda Nsemi a commencé par attirer l’attention des députés sur leur responsabilité. Son exposé a porté sur la restauration de l’autorité de 1’Etat, les vrais pro­blèmes du Kongo central et sur la question de savoir où est la responsabilité du chef spirituel de Bundu dia Kongo (BDK). Mais avant d’en arriver là, Ne Muanda Nsemi a ouvert trois parenthèses, la première parenthèse a tourné autour de la « sévère mise en garde » que le président de l’As­semblée a faite au député Ne Muanda Nsemi lors de son dis­cours d’ouverture de la session ordinaire de mars. Il a fallu donc qu’il fixe aussi l’opinion là des­sus.

La deuxième parenthèse a porté sur la responsabilité des députés devant l’affaire Bundu dia Kongo. Ne Muanda Nsemi a invité ses collègues à ne pas com­mettre l’erreur de se prononcer dans la précipitation sur ce dos­sier au risque de tomber dans le piège. Car, d’après lui, « le  pays est infecté des Maradona » qui cherchent à faire des montages pour nuire. C’est ainsi qu’il a con­vié les députés à la vigilance.

Il a demandé au ministre en charge de l’Intérieur, Décen­tralisation et Sécurité de projeter toute son intervention sur son entretien avec ses adeptes et nulle part il n’a déclaré qu’il était un demi-Dieu. « J’ai été  pris au mots. Qu’on projette le film entier et on comprendra que les allégations du ministre ne se vérifient pas », a-t-il rejeté.

A cet effet, Ne Muanda Nsemi a relégué les accusations du ministre de l’Intérieur. A en croire le chef du mouvement BDK, « il s’agit d’un montage dont le but est d’écraser le  mouvement BDK et ainsi taire toutes les frustrations et les in­justices dont sont victimes les populations du Bas- Congo . Lesquelles frustrations, a-t-il pour suivi, justifient certains com­portements des adeptes de BDK.

Accusé d’avoir utilisé des armes à feu, Ne Muanda Nsemi a rejeté ce qu’il considère comme étant des allégations con­tre BDK. Il a exigé que justice soit faite. Par ailleurs, il a exigé la tenue d’une table ronde pour définir les normes de la politique qui doit être de mise à l’avenir dans la province, il a par ailleurs, réclame que « le gouverneur actuel du Bas ­Congo et son adjoint soient remplacés par deux dignes fils de la province qui sont popu­laires et que la Communauté internationale diligente une enquête pour établir toutes les responsabilités et punir les cou­pables ».

A la plénière  les débats se poursuivent et les députés attendent des justifica­tions de chaque côté. Chacune des parties devra, a l’issue des débats, apporter ses éléments de preuve pour étayer ses alléga­tions. La situation qui prévaut dans le Bas-Congo est d’une extrême gravité que seule la vérité des faits devra départager les uns et les autres et rétablir la paix durable dans la province.

(Milor)

Le Potentiel

Last edited: 27/03/2008 17:31:50

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