Certains commerçants du marché central de Kinshasa sont aux abois. Ils seraient plus de deux mille, ces pères et mères de familles, dont les espaces sont ravis pour la construction des magasins entourant toute la périphérie.

Ils pointent du doigt un expatrié d’origine indienne, qui serait en complicité avec certaines autorités. Mais l’administrateur du marché déclare que personne ne sera jeté dans la rue. Quant aux magasins en question, ils restent un patrimoine de l’Hôtel de ville.
Le pavillon 11/Bolingo du marché central vient d’être barricadé. Chassés depuis deux semaines, les vendeurs des matériaux électriques qui s’y trouvent encombrent maintenant l’avenue Bolingo. Ceux du pavillon 11/Bonanza viennent d’être sommés de vider les lieux. Les membres des comités des vendeurs du marché central-Pavillon 11 /Bonanza spécialisés dans la vente de fournitures de bureau affirment qu’ils sont préjudiciés au profit d’un homme d’affaires de nationalité indienne. Selon eux, celui-ci serait en complicité avec Mme Chantal Mboyo, administrateur du marché.
A cause des constructions qui bordent ce marché, les avenues de l’Ecole, des Marais et Bolingo sont aujourd’hui asphyxiés. La circulation y est encombrée et les véhicules ne peuvent plus rouler librement. Ces vendeurs révèlent que sur l’avenue de l’Ecole. Ce sont d’abord les vendeurs de friperie qui avaient été délogés. Maintenant, cet expatrié vient construire d’autres magasins pavillonnaires sur une superficie de 50m sur 60m, et qui occuperont toute la bande en face de l’immeuble Bonanza. Donc, ce sont les vendeurs des fournitures de bureau, des bandes-cassettes et de friperie qui seront obligés d’aller dans la rue, avec ce que cela comporte comme encombrement de la circulation.
Comme crainte, ils arguent que ces constructions terminées, aucun patron ne voudra que les commerçants vendent devant son magasin. Ainsi, plus de deux mille personnes seront poussées à un chômage forcé. Un des membres de ce comité déclare « Nous avons acheté les tables chez l’administrateur du marché. Nous payons la patente, la taxe journalière, la taxe d’occupation des tables, du service d’hygiène, de salubrité et celle dite économique. Curieusement, l’autorité ne tient pas compte de tout cela ».
Pourtant, disent-ils, le gouverneur André Kimbuta leur avait promis ceci lors de sa visite d’il y a six mois : « J’ai décidé que cet expatrié ne construise plus sur l’espace restant.
Oyo etikali ya bana mboka (Ndfr. : Ceci reste pour les compatriotes). Curieusement, cet indien continue de tout occuper ». Autre crainte des vendeurs : avec ces magasins qui vont encombrer le marché, les sapeurs-pompiers ne pourraient pas intervenir en cas d’incendie.
Administrateur du marché: craintes injustifiées
Parlant au nom de Mme l’administrateur titulaire, M. Kabeya, administrateur chargé de l’administration et des finances, a dit que les craintes des vendeurs du pavillon 11 sont injustifiées. D’abord, il a précisé que les magasins construits par cet Indien appartiennent à l’Hôtel de vile. Dans les clauses du contrat, il aura droit à un certain montant pour récupérer l’argent qu’il investit. Donc, aucun espace ne lui a été vendu.
Quant au sort des vendeurs, l’administrateur Kabeya a rassuré que personne ne sera chassé, d’autant plus que sans eux, le marché n’aurait plus sa raison d’être. A ce sujet, il a cité l’exemple des magasins construits du côté de l’avenue des Marais. Il a affirmé que ceux qui y vendaient sont casés quelque part dans ce marché. Après la fin des travaux, ils seront réinstallés derrière ces magasins. Même chose pour ceux qui occupaient une partie du pavillon 11 sur l’avenue Bolingo.
Ils vendent toujours dans ce marché. Selon l’administrateur Kabeya, il y aura toujours de la place pour tout le monde. A l’actif de M. Hassan, l’administrateur Kabeya nous a présenté le pavillon 5 qui a été totalement réhabilité, et qui sera de nouveau occupé bientôt. Aussi, la construction de cette chaîne des magasins donne une certaine élégance au marché, sans oublier l’argent que leurs loyers vont générer. A ce sujet, M. Kabeya a dit que l’argent obtenu des taxes est insignifiant. Il est englouti dans le payement du personnel et l’entretien.
Donc, la construction de ces magasins sera d’un grand apport pour l’Hôtel de ville. Pour terminer, l’administrateur Kabeya a révélé que le marché central s’étend de l’avenue Lowa à l’avenue du Commerce d’une part, et de l’avenue Kasa-Vubu à l’avenue Luambo Makiadi d’autre part. Ce qui veut dire que personne ne sera jeté dans la rue. Les vendeurs du pavillon Bonanza devraient donc se tranquilliser.
(Milor)
Donantien Ngandu Mupompa/Le Potentiel
Last edited: 27/03/2008 17:17:19