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Bonjour | 02/12/2008 0:18 | English Make DC Home page | RSS feed

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Lors de la première plénière de la session de mars 2008 de l’Assemblée nationale, tenue le jeudi 20 mars, les députés ont examiné la proposition de l’interpellation du Premier ministre déposée le 11 mars dernier au bureau de l’Assemblée par le député Delly Sesanga du MLC. La motion a été rejetée par la plénière suite à un vice de procédure. Mais, qui voulait vraiment se débarrasser de Gizenga ? Que lui reproche-t-on, au juste ? Juste après que le gouverne­ment que dirige le Premier ministre Antoine Gizenga ait ac­compli, le 24 février 2008, un an de service, soit 20% de sa durée théorique maximale, une propo­sition de l’interpellation du Pre­mier ministre a été déposée le 11 mars au bureau de l’Assemblée par le député Delly Sesanga du Mouvement de libération du Congo (MLC), parti de l’opposi­tion. Soumise à la plénière du jeudi 20 mars 2008, la motion a été recalée. Pour plusieurs dé­putés, cette interpellation viole la Constitution en ce qui concerne la procédure. D’après eux, elle a été déposée pendant les vacan­ces parlementaires alors qu’elle devrait l’être pendant une ses­sion ordinaire.

Une main noire

Bien sûr qu’un député na­tional, quel qu’il soit, peut amor­cer une interpellation, en vertu du droit lui reconnu par les articles 100 al.2 et 138-3 de la Constitu­tion ; 152-3, 171,172 du Règle­ment intérieur de l’Assemblée nationale. Mais pourquoi la motion de Sesanga n’a pas été retenue en plénière ? Aussi, une certaine opinion s’interroge sur sa motivation exacte : si le Pre­mier ministre bat de l’aile sur l’exercice de son autorité, comme chef du gouvernement, dans la conduite de la politique générale du gouvernement, qui de l’opposition et du gouvernement a vraiment intérêt à se débarras­ser de Gizenga pour l’instant? Que lui reproche-t-on exacte­ment ?

Au-delà de tout, y aurait-­il une main noire de l’AMP der­rière la proposition de l’interpel­lation du député de l’opposition Delly Sesanga? Sinon, comment peut-on comprendre qu’un Delly Sesanga, juriste réputé et prési­dent de la Commission PAJ de l’Assemblée nationale, ne se soit pas souvenu du Règlement inté­rieur de la chambre basse à la rédaction du quel il a certain­ement pris part.

Plus surprenant encore est la réaction de Sesanga de faire revenir la motion dans la gi­becière, à sa famille politique. « Je ne suis pas découragé,(...) Il est de notre devoir de remettre les pendules à l’heure et nous allons le faire (..) Je pense que nous allons mettre  en harmonie  la forme avec les recommandations de la plénière et ainsi on sera obligé de traiter du fond », a indiqué Sesanga au sortir de la plénière du jeudi 20 mars dernier.

Le député MLC reconnaît implicitement avoir agi sans l’aval de sa famille politique. Si tel était le cas, que craignait-il ? Redou­tait-il que son initiative ait moins de chance de susciter l’adhésion de sa famille politique ou était­-ce une preuve qu’il ne serait plus en odeur de sainteté avec la di­rection du parti, après la tenta­tive de création au sein du MLC d’un courant dit de « réforma­teurs radicaux » ou simple­ment parce que ce coup venait de l’AMP ?

Divorce Amp - Palu ?

De leur côté, les états-ma­jors du Parti Lumumbiste unifié (Palu) estiment qu’il y a de la ma­nipulation autour de cette inter­pellation. Les tenants de cette thèse estiment que si l’interpella­tion il y aurait, c’est la majorité qui devrait l’initier. En même temps, ils rappellent au PPRD que le gouvernement Gizenga est un gouvernement de coalition. En tant que tel, la question de remplacement du Premier ministre doit être débattue selon les clau­ses du contrat de partenariat qui lie les deux alliés.

Par ailleurs, tous les Kabilistes savent que c’est grâce à l’alliance de l’AMP avec le Palu que le président Joseph Kabila a pu être élu à l’Ouest, principalement dans la province du Bandundu. Que l’on s’affaire à déguerpir Gizenga d’une manière « cavalière », cela remet­trait en cause l’alliance. S’achemine-t-on alors vers un divorce entre l’AMP et le Palu ?

En outre, plusieurs sour­ces proches de l’opposition con­fient que cette dernière ne veut pas servir de dindon de la farce. La réaction du député Roger Lumbala est claire à cet effet : «  Le changement du gouvernement ne peut être l’affaire de l’Assemblée nationale comme on veut le faire passer.

Si le PPRD veut faire partir Antoine Gizenga, le chef de l’Etat a toutes les prérogatives pour faire partir le Premier ministre plutôt que de dire ou se servir de députes pour que le moment venu la motion de censure soit adoptée...

C’est dire que l’opposi­tion se refuse d’assumer une motion dont les commanditaires seraient des caciques de l’AMP, qui voudraient se débarrasser de Gizenga pour occuper le fauteuil de Premier ministre.

(Ern.)

Rich Ngapi/Le Potentiel

Last edited: 29/03/2008 13:02:59

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