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L’affaire Bundu dia Kongo créé l’événement à l’Assemblée nationale où le ministre Kalume et le député Ne Muanda Nsemi ont présenté chacun sa version des croustillantes réalités de l’indéniable tragédie survenue autour de cette crise qui agite la province du Bas-Congo. C’est dans une salle des Congrès chauffée à blanc que le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, a déclaré reprise  la séance de la Chambre basse afin de poursuivre l’ordre du jour à la plénière de jeudi 20 mars dernier.

 A  cet ordre du jour figurait la question orale avec débat adressée au ministre en charge de l’Intérieur Décentralisation et Sécurité, Denis Kalume Numbi, par l’honorable Kiakwama Kia Kiziki, sur la gestion des événements du Bas-­Congo autour de ce qu’il est désormais convenu d’appeler «  Affaire Buidu dia Kongo ».

D’emblée, le ministre d’Etat, accompagné d’une forte délégation de ses collaborateurs élargis jusqu’aux officiers généraux de l’armée, a fait son entrée dans la salle où il s’est installé.

On ne pouvait manquer de noter avec étonnement le caractère impressionnant de sa suite, laquelle traînait avec elle, des documents et autres supports visuels pouvant servir d’appui aux réponses du ministre d’Etat.

Sans plus tarder, l’honorable V. Kamerhe accorde la parole à l’auteur de la question orale afin de la poser au ministre d’Etat.

Député Kiakwama avant tout donne les raisons pour lesquelles les événements malheureux du Bas-­Congo doivent êtres débattus à l’Assemblée nationale. Notamment, pour que l’Assemblée se saisisse d’un tel dossier et que la population concernée sache que toute situation, où qu’elle se produit, finit par être portée à la connaissance du Parlement. À cet effet, les avis du peuple congolais sont les bienvenus, a-t-il dit. Et demander sur un ton impérieux que cesse les missions nocturnes et que le tout soit traité sur la table et tout haut.

Que veut Kiakwama ?

Au total, 16 préoccupations ont constitué cette question orale. L’auteur a voulu obtenir du ministre d’Etat des explications claires sur les faits délictuels et criminels allégués pour que le gouvernement procède à l’usage des moyens forts devant les populations civiles de Luozi, Seke-Banza, etc.

Plus d’une fois, la population du Bas-­Congo a été victime de la violence de la part des agents de l’ordre pourtant - sensés
Restaurer l’autorité de l’Etat. Le ministre devait y apporter des explications. Mais également sur la politique du gouvernement dans la gestion du mécontentement de la population du Bas-­Congo. Comment y trouver des solutions ?
Bien plus, quels sont les auteurs de ces actes et qu’est-ce qu’on a fait d’eux, pourquoi fallait-il que les éléments de la police partent de Kinshasa et qu’elle a été leur mission exacte ? Où devait-elle (police) intervenir et pour combien de temps ? Quel est votre bilan des morts et des blessés ? Qu’elle est votre politique de gestion de toutes les victimes ? Qu’a-t-on fait des policiers indisciplinés ? Quelles initiatives votre gouvernement a-t-il prises pour désamorcer la crise, pour entrer en contact avec les adeptes de BDK ? Qu’a fait le gouvernement des résultats de l’enquête parlementaire sur les événements survenus dans la même province en janvier 2007 ? Autant de questions posées au ministre d’Etat et qui concernaient les faits allégués. Dans la 2ème, celle qui concernait les événements, quand l’autorité de l’Etat sera t-elle établie? Pourquoi avoir choisi de recourir à la violence ? Est-il nécessaire que chaque intervention de la police se solde par mort d’hommes ?

La cacophonie institutionnelle ?

V. Kamerhe, comme il en a l’habitude, a résumé avec la maîtrise qui convient, les préoccupations de l’honorable Kiakuwama .

Mais, avant d’accorder la parole au ministre d’Etat, il s’est appesanti sur certains cas concrets qui mettent au-devant de la scène. La cacophonie entre le gouvernement    et l’Assemblée nationale. À cet effet, un intervenant a même dit que la deuxième institution citée ne doit pas être la caisse de résonance de la première. Et pour cause? Des cas illustratifs sont légions.

Lors de l’écrasement de l’Antonov 26, l’année dernière, à Kingasani ya Suka, l’histoire retiendra que la révocation de l’ancien ministre des Transports est intervenue avant que ce dernier ne se présente à l’Assemblée nationale où il a été convoqué. Idem pour l’Adg de la Snel qui avait suivi le même sort. C’est-à-dire relevé de ses fonctions alors qu’il était convoqué à l’Assemblée nationale en rapport avec les coupures du courant électrique à Kinshasa et en provinces.

Le dernier exemple en date est celui du mouvement mystico­politico-religieux Bundu dia Kongo dissous avant que Ne Mwanda Nsemi ne prenne la parole à l’Assemblée pour être entendu sur les faits à la base de la radiation de son mouvement.

Le président V. Kamerhe a plaidé pour l’amélioration de bons rapports entre les deux institutions pour éviter à la longue que son institution ne soit prise de court au moment où des débats, sur des dossiers brûlants de l’heure, sont attendus à l’Assemblée nationale.

Kalume, tout feux tout flammes.

Le ministre Denis Kalume en homme Averti a procédé méthodiquement pour asseoir la conviction des honorables députés ainsi que de toute l’assistance sur les faits constitutifs des réponses que les élus du peuple attendaient. Déjà, dans les images qui étaient projetées sur un support audiovisuel, certaines préoccupations de l’honorable Kiakwama ont  trouvé leurs réponses.

Ainsi, sur le petit écran, on pouvait déjà voir les adeptes de BDK chanter leur hymne national et hisser leur drapeau y compris les actes de xénophobie et la chasse aux non originaires, la destruction des symboles, les tortures, la chasse aux agents de l’Etat  la détention des armes à feu, les témoignages sur les personnes exécutées, incinérées par supplice de coller, la dimension militaire de ce mouvement par l’entraînement des jeunes gens.

Pour compléter ces images. Denis Kalume s’est livré à la lecture de certains documents émanant de la Société civile des évêques etc... et établissant la responsabilité de BDK.

Dans sa réplique, Ne Mwanda Nsemi a tout rejeté en bloc, sur le génocide programmé du peuple kongo. Il a posé le vrai problème des Bakongos en insistant sur les frustrations et les injustices dont est victime son peuple.

Dans un long plaidoyer, il a réussi à renvoyer l’ascenseur, au point d’arracher des applaudissements à la plénière qui paraissait au départ, hostile à sa cause. Solidarité entre parlementaires un nom du sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs, logique comparative entre ce qui vient de se passer au Bas-Congo et les frasques de Nkunda au Kivu et de Kyungu au Katanga, le rejet global des accusations du gouvernement en évoquant des montages des images... Bref, de chaudes empoignades entre Kalume et Ne Muanda Nsemi mais, qui n’ont pas dégénéré à cause d’une police de débat menée avec brio par l’excellent Président de l’Assemblée nationale somme toute, ce n’est que partie remise les Députés allaient  encore se retrouver ce jeudi dans l’hémicycle.

(Milor)

Le Palmarès

Last edited: 27/03/2008 16:13:17

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