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Bonjour | 02/12/2008 0:51 | English Make DC Home page | RSS feed

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« Gouverner, c’est prévoir », dit l’adage. Un bon gouvernement n’est pas seulement celui qui se plaint face aux événements, mais celui qui sait les anticiper pour éviter de les subir. Or, sur ce nouveau phénomène des immigrants Mbororo, qui envahissent la province Orientale, le gouvernement ne semble pas se réveiller « à temps » malgré les appels de détresse qui se multiplient.
 
Peuple nomade appelé autre­ment Mbororo Furata, les Mbororo sont des éleveurs afri­cains venus de la République Centrafricaine. Ils sont une com­posante d’une ethnie que 1’on peut retrouver dans plus de 18 pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Ils sont majoritairement au Nigeria et au Cameroun, mais aussi au Tchad, Niger et RCA.

En quête de pâturage pour son troupeau, ce peuple éleveur s’est installé dans le territoire d’Ango, district de Bas-Uélé, dans la province Orientale. On y compte environ 1.500 personnes et plus de mille têtes de bétail. Ces nouveaux venus occupent d’importantes étendues de terres arables, au grand dam des autochtones.

Un phénomène inquiétant

L’immigration Mbororo, ce phénomène nouveau en RDC, commence réellement á inquié­ter et menace la paix et la stabi­lité sur le plateau des Uélés. Tout le monde en parle, mais personne dans la sphère des organes déci­sionnels ne prend une mesure d’envergure pour éradiquer ce phénomène inquiétant. Dans son discours à l’ouverture de la session parlementaire ordinaire, le 15 mars 2008, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, en a largement fait mention. Mais, la suite... Et pourtant, ces éleveurs en constante migration avec leur cheptel à la recherche du pâtu­rage constituent à ce jour un véritable danger qui n’est plus à démontrer. Des échos qui par­viennent de ce coin de la Répu­blique sont alarmants : Il existe de vives tensions entre les migrants Mbororo et les autochtones Zandé des territoires de Dungu et d’Ango.

Il est à noter que ces deux territoires sont des localités où la circulation des armes légères de petit calibre est très répandue à cause de la présence des LRA (Lord Résistance Army) et SPLA (Sudan People Liberation Army) de même que les chas­seurs braconniers, attirés par le parc de la Garamba, riche en biodiversité animale.

La présence massive dans cette zone de ces différents groupes et plus particulièrement des Mbororo, a mis en péril l’agri­culture des populations locales. Les champs sont constamment dévastés ou pillés par les grou­pes armés à l’approche des ré­coltes.

Excédée par la passivité des autorités (aucune action n’ayant été entreprise), la popu­lation organise son autodéfense. La population évoque aussi les possibilités de recourir aux em­poisonnements des points d’eaux pour éliminer et les Mbororo et leurs bétails », Si jamais rien n’est fait pour leur protection.

Agir ou Périr

En quête de bons pâtura­ges pour leurs bétails, et fuyant l’épidémie de trypanosomiase qui les attaquait, les Mbororo Furata ont envahi Ango en ravageant des champs de paysans, semant ainsi la disette dans la contrée et met­tant en fuite la population autoch­tone.

D’autre part, il sied de si­gnaler qu’à ce groupe, s’est ajou­tée une bande de braconniers soudanais, tchadiens et libyens... qui sème la terreur parmi les bê­tes et la population d’Ango. Ceci crée l’insécurité dans cette partie du pays. D’ailleurs le territoire de Poko voisin est également menacé par ce mouvement d’im­migration.

C’est pourquoi l’Etat con­golais devra tout faire pour met­tre les envahisseurs Mbororo et autres hors d’état de nuire et de voler au secours de la population d’Ango rendue réfugiée sur son propre sol. Si rien n’est fait, les exemples de l’Ituri, du Nord et du Sud-Kivu sont assez élo­quents à ce sujet pour compren­dre des conséquences.

La présence permanente des Mbororo sur le sol congolais a des conséquences très néfastes, entre autres, l’insécurité pour la population et menace contre la souveraineté nationale.

La présence des Mbororo crée un couloir pour une entrée rebelle; les ravages des champs de la po­pulation autochtone par le bétail entraînant la famine ; des mala­dies transmises par la présence de ces bêtes et par les unions entre ces éleveurs et la popula­tion locale (IST, maladie du som­meil causée par les mouches tsé­-tsé); existence des déplacés in­ternes (déplacement de la popu­lation); risque de désertification du milieu suite au broutage des herbes par le bétail avec comme conséquence la destruction de la flore et la faune; la non scolarisation des enfants et le manque d’eau potable...

(Milor)

Rich Ngapi/Le Potentiel

Last edited: 26/03/2008 14:52:38

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