« Gouverner, c’est prévoir », dit l’adage. Un bon gouvernement n’est pas seulement celui qui se plaint face aux événements, mais celui qui sait les anticiper pour éviter de les subir.

Or, sur ce nouveau phénomène des immigrants Mbororo, qui envahissent la province Orientale, le gouvernement ne semble pas se réveiller « à temps » malgré les appels de détresse qui se multiplient.
Peuple nomade appelé autrement Mbororo Furata, les Mbororo sont des éleveurs africains venus de la République Centrafricaine. Ils sont une composante d’une ethnie que 1’on peut retrouver dans plus de 18 pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Ils sont majoritairement au Nigeria et au Cameroun, mais aussi au Tchad, Niger et RCA.
En quête de pâturage pour son troupeau, ce peuple éleveur s’est installé dans le territoire d’Ango, district de Bas-Uélé, dans la province Orientale. On y compte environ 1.500 personnes et plus de mille têtes de bétail. Ces nouveaux venus occupent d’importantes étendues de terres arables, au grand dam des autochtones.
Un phénomène inquiétant
L’immigration Mbororo, ce phénomène nouveau en RDC, commence réellement á inquiéter et menace la paix et la stabilité sur le plateau des Uélés. Tout le monde en parle, mais personne dans la sphère des organes décisionnels ne prend une mesure d’envergure pour éradiquer ce phénomène inquiétant. Dans son discours à l’ouverture de la session parlementaire ordinaire, le 15 mars 2008, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, en a largement fait mention. Mais, la suite... Et pourtant, ces éleveurs en constante migration avec leur cheptel à la recherche du pâturage constituent à ce jour un véritable danger qui n’est plus à démontrer. Des échos qui parviennent de ce coin de la République sont alarmants : Il existe de vives tensions entre les migrants Mbororo et les autochtones Zandé des territoires de Dungu et d’Ango.
Il est à noter que ces deux territoires sont des localités où la circulation des armes légères de petit calibre est très répandue à cause de la présence des LRA (Lord Résistance Army) et SPLA (Sudan People Liberation Army) de même que les chasseurs braconniers, attirés par le parc de la Garamba, riche en biodiversité animale.
La présence massive dans cette zone de ces différents groupes et plus particulièrement des Mbororo, a mis en péril l’agriculture des populations locales. Les champs sont constamment dévastés ou pillés par les groupes armés à l’approche des récoltes.
Excédée par la passivité des autorités (aucune action n’ayant été entreprise), la population organise son autodéfense. La population évoque aussi les possibilités de recourir aux empoisonnements des points d’eaux pour éliminer et les Mbororo et leurs bétails », Si jamais rien n’est fait pour leur protection.
Agir ou Périr
En quête de bons pâturages pour leurs bétails, et fuyant l’épidémie de trypanosomiase qui les attaquait, les Mbororo Furata ont envahi Ango en ravageant des champs de paysans, semant ainsi la disette dans la contrée et mettant en fuite la population autochtone.
D’autre part, il sied de signaler qu’à ce groupe, s’est ajoutée une bande de braconniers soudanais, tchadiens et libyens... qui sème la terreur parmi les bêtes et la population d’Ango. Ceci crée l’insécurité dans cette partie du pays. D’ailleurs le territoire de Poko voisin est également menacé par ce mouvement d’immigration.
C’est pourquoi l’Etat congolais devra tout faire pour mettre les envahisseurs Mbororo et autres hors d’état de nuire et de voler au secours de la population d’Ango rendue réfugiée sur son propre sol. Si rien n’est fait, les exemples de l’Ituri, du Nord et du Sud-Kivu sont assez éloquents à ce sujet pour comprendre des conséquences.
La présence permanente des Mbororo sur le sol congolais a des conséquences très néfastes, entre autres, l’insécurité pour la population et menace contre la souveraineté nationale.
La présence des Mbororo crée un couloir pour une entrée rebelle; les ravages des champs de la population autochtone par le bétail entraînant la famine ; des maladies transmises par la présence de ces bêtes et par les unions entre ces éleveurs et la population locale (IST, maladie du sommeil causée par les mouches tsé-tsé); existence des déplacés internes (déplacement de la population); risque de désertification du milieu suite au broutage des herbes par le bétail avec comme conséquence la destruction de la flore et la faune; la non scolarisation des enfants et le manque d’eau potable...
(Milor)Rich Ngapi/Le Potentiel
Last edited: 26/03/2008 14:52:38