Les toilettes étant hors d’usage, chacun se débrouille à sa façon. Ceux qui sortent chaque matin pour vaquer à leurs occupations le font où ils vont. Par contre, ceux qui restent à longueur de journées dans la parcelle se contentent des toilettes qui ne remplissent pas les bonnes conditions d’hyhiène.
Une fois dans le besoin, les enfants comme les adultes recourent aux vases, communément appelées « pots » pour faire leur besoin puis, vont jeter le « paquet » dans un trou.
L’odeur des urines et des excréments se répand tellement vite que même les voisins sont mal à l’aise. « Je ne sais pas comment les gens de cette parcelle vivent », déclare un voisin. L’air est vraiment pollué. On ne sait plus rester longtemps à l’extérieur pour prendre l’air. La vie devient très difficile. Nous sommes obligés de faire un régime. Manger peu pour éviter d’aller souvent aux toilettes parce que les toilettes sont très sales ; ça donne la nausée.
Une dame que nous avons trouvée en train de manger s’est ainsi exprimée : « Je mange bien. Après, où irai-je ? Manger est devenu vraiment un problème. Moi qui suis mère de trois enfants, on m’oblige à faire le grand besoin dans le pot, bien qu’étant en bonne santé. Ceci simplement parce que nous louons dans une parcelle familiale où tout le monde est responsable », a-t-elle conclu.
Une autre locataire nous révèle son petit secret: « Je vends au marché Gambela. Le matin quand j’arrive au marché, je commence d’abord par m’introduire dans les toilettes moyennant 50 FC pour faire mes besoins. Mon mari aussi se débrouille partout où il va. Le soir après avoir mangé, nous avalons quelques comprimés de tétracycline pour nous empêcher d’aller aux toilettes ».
Un locataire exprime son inquiétude : « nous sommes là, nous vivons vraiment comme des animaux. Des responsables comme nous, pourquoi doivent-ils nous traiter de la sorte ? L’argent qu’ils ont demandé pour vider la fosse septique, nous l’avons donné. Jusque-là, l’affaire n’est pas réglée. Nous sommes tous mal à l’aise ici. Eux, comme nous, vivons tous dans de très mauvaises conditions. Facilement nous pouvons tomber victimes d’une épidémie banale due à la saleté.
Un jeune célibataire qui a aussi sa porte dans la même parcelle s’explique à son tour: « Je suis allé moi même m’enquérir de la situation auprès de la personne chargée de récolter l’argent pour la vidange de fosse septique; celle-ci me répondra que d’autres personnes n’ont pas encore contribué y compris les propriétaires ; connaissant bien nos gens, une chose est sure, l’argent a été dépensé. Maintenant, ils cherchent d’autres moyens pour résoudre ce problème. Comment est-ce que nous allons continuer à vivre dans de telles conditions ? Le temps que cette situation mettra n’est pas connu. Déjà, nous vivons très mal ici. La respect de biens d’autrui n’y est pas. Souvent, ils nous embêtent par des services qu’ils nous demandent de leur rendre même pendant des heures tardives.
(Ern.)Fideline Kithumbu/Forum des As
Last edited: 25/03/2008 17:02:01