Vote unanime le week-end à l’assemblée des professeurs de l’Université de Kinshasa pour un durcissement de leur mouvement de grève pour marquer leur dépit devant la non tenue selon eux des promesses du gouvernement sur l’amélioration de leurs rémunérations.

En réaction aux propositions dites « insuffisantes » du ministre de l’ESU en rapport avec leurs revendications sociales, les professeurs de l’Université de Kinshasa, UNIKIN, ont voté à l’unanimité pour la poursuite de la grève à l’issue de leur assemblée générale tenue la semaine écoulée. Au cour de son assemblée générale tenue à la Faculté des sciences de l’Université de Kinshasa, Unikin. le vendredi 21 mars dernier, l’Association des professeurs de l’Unikin (APUKIN) a opté à l’unanimité pour la poursuite de la grève qu’ils observent depuis quasiment un mois dans leur institution.
Les professeurs en sont arrivés au durcissement de la grève après avoir décortiqué sans complaisance le discours pourtant charmant du ministre de tutelle, M.Masuga Rugamike, leur tenu au début de la semaine dernière.
Selon les professeurs de l’Unikin, le gouvernement n’a pas encore compris la gravité de la situation misérable qu’ils traversent en continuant à tenir des promesses non suivies d’effets ils continuent à croire en l’existence des 18 milliards des FC qui transparaissent encore dans les rubriques budgétaires que gère le ministre de tutelle. Nous n’avons plus besoin d’un discours démagogique » , ont-ils martelé.
Par ailleurs, les professeurs se sont montrés moins concernés par la mise sur pied d’une structure de concertation moins représentative. « Comment est-ce que la commission permanente de concertation qui comprend 28 membres peut retenir en son sein un seul professeur de l’Unikin? Et cela sans au préalable l’avoir consulté ? », se sont encore interrogés les professeurs qui jugent cette structure d’un « piège » leur tendu pour foyer leurs revendications.
Quant aux « avancées » signalées par le ministre concernant l’achat des voitures à crédit, les professeurs les ont trouvées « démagogiques » dans ce sens que beaucoup d’entre eux aspirent à la retraite et que l’entretien d’une voiture par une personne mal payée relève de l’utopie.
Signalons égaiement qu’à la fin de cette assemblée qui a coïncidé avec la paie du mois de février 2008, les professeurs n’ont pas hésité à brandir à la presse une liasse et demie des coupures de 200 francs congolais, soit 33.000 FC (presque 60 USD) touchés à titre de salaire leur affloué par le gouvernement de la République. La partie de l’enveloppe en dollars étant une prime incertaine susceptible d’être gommée à tout moment.
Pour leur part, les étudiants, surtout les finalistes de deux dernières années académiques, malgré leur mémo suppliant le gouvernement et leurs formateurs à sauver l’année académique, se sont dit très déçus par cette décision.
Le gouvernement des élus se trouve ainsi placé devant ses responsabilités. Il est l’heure de prouver à la face du monde sa volonté de bien gérer la crise ainsi ouverte. L’avenir de tout un pays en dépend.
Relance également du mouvement de grève à l’Université de Kisangani

Le malaise est général à l’ESU. Les professeurs de l’Université de Kisangani (Unikis) ont annoncé samedi dernier l’arrêt des cours jusqu’au mercredi 26 mars, rapporte la radio onusienne. A l’origine, les problèmes liés au non-paiement du salaire de février 2008 et au non-respect par le gouvernement du cahier des charges relatif à l’amélioration de la situation salariale et à la mécanisation des nouveaux docteurs et professeurs promus. Selon la source, cet arrêt des cours est une reprise de la grève qui avait été suspendue le 16 février dernier. Le professeur Jean-Prosper Sengi Bangama, président de l’association des professeurs de l’Université de Kisangani, explique les motivations de cette décision. Cette action sert justement à protester et à manifester notre indignation surtout face à la manière dont les professeurs d’université sont traités. Vraiment, nous avons constaté que nous ne sommes pas tellement pris au sérieux par l’autorité.
Le fait de nous garder affamé comme ça pendant longtemps alors que notre salaire est là et que le gouvernement nous l’a envoyé pour être payés, nous avons trouvé que c’est une manière de se moquer de nous. C’est ainsi que nous protestons aussi contre cette considération. ça, c’est pour l’arrêt des cours. Un second point pour lequel nous avons repris la grève, c’est notamment les revendications salariales que nous avons entreprises depuis longtemps. Ce n’est pas une action isolée, mais une suite par rapport aux autres actions qui ont été engagées avant. L’assemblée générale a décidé justement de pouvoir reprendre cette grève qui avait été suspendue ».
(Ern.)
Hillaire Kayembe/Le Potentiel
Last edited: 25/03/2008 17:44:14