La rencontre interinstitutionnelle semble avoir été l’occasion pour Joseph Kabila de lever le malentendu autour de l’action du gouvernement.

La rencontre du gouvernement à Matadi s’est terminée sur une note rassurante. La situation créée par le Bdk dans la province du Bas-Congo n’avait pas fini d’agiter une situation politique très agitée à l’Est du pays que le parlement, par les présidents des chambres, venait d’en rajouter dans deux discours qui contredisaient ce que le chef de l’Etat avait dit il y a quelques mois devant le même parlement, à savoir que le pays allait mieux cette fois qu’il y a quinze ans.
Le députe Delly Sesanga avait eu vent, estime-t-on dans l’opinion, de cette fronde au niveau des deux bureaux des deux chambres pour pousser le président de l’Assemblée nationale au bout de la logique.
En effet, se disait Delly Sesanga, si la situation était aussi catastrophique que peinte par l’un des ténors de la majorité, il n’y avait pas de raisons que le gouvernement Gizenga ne tombe pas par motion de défiance.
Delly Sesanga était encouragé par un certain discours tenu par certains membres de la majorité, pas des moindres, pour estimer que cette fois ou jamais. Dans l’opinion, les carottes étaient cuites pour le patriarche du Palu, non parce qu’on mettait en cause son action mais parce que le complot ourdi contre lui trouvait enfin un terrain d’aboutissement.
Delly Sesanga, est-ce une marionnette ?
Delly Sesanga n’aurait été que le bras armé dans ce complot dont le maître d’ouvrage serait dans la majorité, mieux dans l’Amp. Il s’agirait d’un dépoussiérage d’un vieux conflit. Il semblerait qu’au lendemain du deuxième tour de la présidentielle, toutes les ambitions étaient permises. Personne dans l’Amp n’envisageait le deuxième tour qui obligerait Joseph Kabila de faire des alliances. Même devant le fait accompli du deuxième tour, beaucoup pensaient que l’on pouvait batailler pour récupérer les indécis et gagner les élections sans avoir besoin d’alliances.
Selon des sources crédibles, Joseph Kabila avait personnellement décidé d’éviter ce risque. Car, s’il était très facile d’aller parler aux militants du Palu et obtenir leur vote, on ne savait pas où se trouvaient les indécis et quel discours leur tenir. L’accord intervenu entre l’Amp et le Palu a permis à Joseph Kabila de battre JP Bemba au deuxième tour avec une certaine aisance. Il semble que ceux qui ne voulaient pas de cet accord parce qu’ils tenaient beaucoup à ce poste de Premier ministre attendaient le patriarche lumumbiste au tournant. Plus les jours passent plus ceux-ci brûlent d’impatience.
La rentrée parlementaire a été choisie pour régler les comptes au Premier ministre. Ceux qui soutiennent cet argument parlent du fait que les membres de l’Amp, s’ils étaient de bonne foi, auraient multiplié les occasions de rencontres pour voir en famille ce qui marche et ce qui ne marche pas. Car, en effet, Gizenga est certes Premier ministre, mais ses ministres viennent des formations de l’Amp, du Palu et de l’Udemo.
Ont-ils des rencontres avec leurs formations politiques ? L’Amp a-t-elle déjà trouvé l’opportunité de parler avec ceux qui gèrent le pays au nom de la majorité ? Autant de questions qu’on se pose dans l’opinion. Logiquement, l’opinion apporte le conflit au niveau du chef de l’Etat et de son Premier ministre. On va ainsi chercher des explications à ce prétendu conflit dans certains faits, par exemple des ministres qui résisteraient aux ordres du Premier ministre.
(Milor)L’Avenir
Last edited: 25/03/2008 17:13:29