La solution trouvée d’interdiction par le pouvoir des activités de Bundu dia Kongo avec le retrait décidé de son autorisation d’exercice signifient que le dossier vient d’être clôturé. Pour autant des interrogations demeurent au sujet du dialogue envisagé pour un examen approfondi de l’affaire.

L’épée de Damoclès est tombé sur la tête de la secte politico-religieuse Bundu dia Kongo. Son l’agrément a été retiré pour déviationnisme. Dura lex, send lex : la loi est dure, mais c’est la loi. Cependant la loi ne ferme pas la porte à d’autres opportunités pour justifier justement la force de la loi et éviter que l’Affaire Bundu dia Kongo ne fasse des émules. D’ou l’obligation morale et politique pour le gouvernement de s’appesantir sur cette question en allant au fond du problème.
Réuni à Matadi, chef-lieu de la Province du Bas-Congo, le Conseil des ministres s’est penché sur le dossier Bundu dia Kongo, cette secte religieuse qui est au centre de graves incidents qui se sont produits dans la province du Bas-Congo et ont fait de nombreux morts. Bien plus, l’autorité de l’Etat a été défiée, suscitant de nombreuses inquiétudes au sein de la communauté nationale et internationale.
Au terme de cette réunion du vendredi 21 mars à Matadi, le gouvernement a décidé de retirer l’agrément à Bundu dia Kongo en tant qu’association sans but lucratif. Et ce pour déviationnisme. Entre-temps, des poursuites judiciaires sont engagées à l’endroit de certains adeptes de ce mouvement à la suite des violences commises sur les populations civiles et agents de l’ordre.
Le gouvernement a décidé également de sévir contre les agents de police reconnus coupables de violences contre les populations civiles. On ne peut que saluer cette décision du gouvernement pour autant qu’elle vise à affirmer l’autorité de l’Etat, à protéger les populations dans un Etat laïc où il y a la liberté de religion, où nul ne peut imposer sa volonté à d’autres selon ses croyances, ou défier l’autorité de l’Etat. La loi est dure, mais c’est la loi.
Ouverture du dialogue
Cependant, la loi ne ferme pas du tout la porte à d’autres opportunités susceptibles de nouer un dialogue franc et productif. Certes, au regard de certains témoignages poignants, quelques adeptes de Bundu dia Kongo ont outrepassé les limites de liberté de croyance et de respect de l’autorité de l’Etat. Mais rien n’interdit au gouvernement d’assumer ses responsabilités en allant au fond du problème pour éviter justement la « tibétisation » du phénomène Bundu dia Kongo, jusqu’au-delà des frontières nationales. L’essentiel consiste a entretenir un dialogue permanent pour ne pas créer des émules avant que l’on saisisse la portée exacte des textes et lois de la République.
En ces temps qui courent, des rumeurs des plus invraisemblables circulent. Des esprits fertiles parleraient de la découverte de certains minerais dans le district de Luozi. Ce qui fait monter quelques esprits en leur donnant beaucoup d’idées. Voila qui ferait monter la tension. Soit.
En vérité, l’absence de l’affirmation de l’autorité de l’Etat dans la gestion de cette affaire qui ne date pas du mois évrier dernier, serait en grande partie à la base de ce fait que le vase ait débordé. Aussi, la panacée passe par l’institutionnalisation du dialogue pour éviter le recours à la force, souvent disproportionnée.. Et du fait que la violence appelle toujours la violence, on risque d’entretenir une spirale infernale.
(Ern.)Le Potentiel
Last edited: 24/03/2008 17:12:13