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Une déclaration que la Société civile de Luozi, le fief électoral dans lequel le leader de Bundu dia Kongo s’était fait élire député national, s’apprête à rendre public porte acte de désaveu de ladite secte, ses membres et son chef spirituel déjà frappés d’interdit par le gouvernement. La Société civile de Luozi vient de désavouer le député national Ne Muanda Nsemi de son vrai nom Badiengila Zacharie et son mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo, en lui retirant sa confiance, par une déclaration qui sera rendue publique mercredi 26 mars à l’issue d’une marche pacifique et populaire qui y sera organisée.

Dans cette déclaration, la Société civile de Luozi monte au créneau en fusti­geant énergiquement le « comportement sadique » des 5.000 adeptes de Bundu dia Kongo qui ont pris en otage  175.772 habitants de Luozi pendant près de 6 mois.

Durant six mois, la population de Luozi, naturellement inoffensive, aussi généreuse qu’accueillante, a côtoyé ce que la Société civile de Luozi appelle  « menaces, intimidations, humiliations publi­ques, bastonnades, exactions sommaires publiques. Prise en otage pendant tout un semestre, la population de Luozi a vécu un calvaire innommable, abandonné par les autorités politico-administratives à qui étaient adressés ses cris de détresse restés sans écho.

Pour certains vieux qui ont vu se construire te chef-lieu de Luozi, voire tout le territoire avec ses 10 secteurs, ils n’avaient jamais vu pareil asservissement. Les « Makesa » de BDK ont instauré un régime de terreur, aidés et encouragés par le silence tonitruant des gouvernants. «  Vraiment, durant cette période, nous en avons vu de toutes les couleurs », déclare la source jointe au téléphone. « Les Manianga étaient abandonnés et marginalisés. L’in­tervention de la police nous a dé­livrés du joug de BDK », s’est-elle extasiée. Pour la Société civile de Luozi, le BDK est un terroriste.

N’est Mukongo qu’un «  kesa »

Les « Makesa » de BDK, qui n’ont rien des fidèles d’une secte dont ils se réclament, sinon des miliciens d’un Ne Muanda Nsemi, n’étaient inquiétés par personne. Durant cette longue et intermina­ble période de « profonde psychose », n’étaient leurs amis que ceux qui faisaient leur volonté.

Intellectuel, Monsieur, tout le monde, ci­vils, agents de l’ordre, laïcs, reli­gieux, tremblaient comme des papiers pelures devant ces jeunes hommes drogués, surexcites, endoctrinés jusqu’à la moelle épinière. Ils n’avaient peur de personne, sauf de ne pas faire la vo­lonté de Nlongi à Kongo (enten­dez, maître de Kongo). Donc pour eux, quiconque n’est pas « Kesa » (singulier de makesa) n’est par conséquent pas mukongo. Et une fois entre les griffes des « makesa » vous entendez dire « fila yandi ki tsimu kongo » (traduisez littérale­ment par envoyez-le à l’autre rive de Kongo), sachez que, si vous n’avez pas fait votre testament plus tôt, vos proches ne sauront plus jamais vos dernières volontés ; leur objectif ultime ayant été d’ins­taurer, sur l’ensemble du territoire de Luozi, un pouvoir d’obédience « bdkienne », avec pour chute, l’ins­tallation le 5 mars de leur admi­nistrateur de territoire.

Voilà qui fait dire à notre source que leurs revendications, du reste légitimes, ne sont qu’un tremplin, car ils ont d’autres agendas ca­chés. « Pourquoi lui Ne Muanda Nsemi, député national de sur­croît, n’a-t-il pas voulu présenter ces revendications par la voie officielle qu’est l’Assemblée nationale ? », s’interroge  la source ayant requis l’anonymat.

« Mes cheveux et ma barbe m’éliront même si vous ne m’élisez pas »

Pendant tout ce temps, Badiengila Zacharie était tout tranquille à Kinshasa, pendant que ceux qui lui avaient donné leurs voix, lors des élections législatives, à moins qu’il ait eus réellement ses voix de son abondante forêt de cheveux et de sa barbe, étaient en train de vivre le pire des calvaires de leur vie ici bas. En effet, alors qu’il rentrait à Kinshasa, après sa campagne élector­ale, s’adressant aux Luoziens, il avait déclaré : « même si vous ne m’élisez pas, mes cheveux et ma barbe m’éliront ».

Epris de paix et n’ayant pas « la culture du sang », les Luoziens refusent d’être embarqués, les yeux fermés, dans une histoire dont Ne Muanda Nsemi et ses « Makesa » se sont appropriés. C’est la raison d’être d’une déclaration et l’organisation à partir de 9 heures de cette « marche pacifique et populaire qui partira, selon une source pro­che de la Société civile de Luozi, de la paroisse CEC Mawanda pour le Marché central, avant d’échouer à la tribune officielle où le Coordonnateur de la Société civile de Luozi, Edouard Basiba Lolo-Nkiambi lira la déclaration.

D’une autre source, nous te­nons que du renfort en hommes a été dépêché, il y a quelques jours à Mbanza Muembe, un des bas­tions et repaires des « Makesa » dans le territoire de Luozi, préci­sément dans le village de Gbado où un groupe d’adeptes de BDK faisaient encore de la résistance dans une petite île sur le fleuve Congo.

Il y a eu des échauffou­rées entre les policiers et les adeptes. Une vingtaine d’entre eux ont été faites prisonniers et se trouvent présentement au chef-lieu du territoire de Luozi.

L’affaire Bundu dia Kongo, dont les différentes péripéties sanglan­tes datent d’une dizaine d’années, depuis Kabila père, doit interpel­ler le pouvoir central. Les petites plaies se révèlent les plus dange­reuses, lorsqu’elles sont négli­gées, dit-on. Pour avoir négligé de négocier à temps avec le BDK, en déconsidérant ses revendications, le gouvernement s’est trouvé défié par un groupe de personnes, le poussant à user des moyens musclés contre eux, c’est-à-dire à la faute.

Les plus avisés des observateurs ne cessent de se poser entre autres questions celle-ci : « pourquoi y a-t-il toujours du sang à chaque manifestation de BDK ? ».

(Milor)

Kléber Kungu/L’Observateur

Last edited: 24/03/2008 17:23:41

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