Faire partir le Premier ministre après interpellation, c’est avant tout une affaire de la majorité.

Mais l’opposition se met aux avant postes de manœuvre incessante. Cela pousse à ce qu’on pose des questions. Ou l’opposition amuse la galerie sachant d’avance que la motion ne passera pas, elle a des assurances d’entraîner la majorité dans la besogne. Pour l’opposition, le départ de Gizenga une obsession. La question avait été soulevée alors que le gouvernement n’était pas encore investi. Mlc voulait déjà rejeter le programme du gouvernement avec comme conséquence refuser l’investiture à Gizenga.
Enfin, le premier conseil des ministres hors-Kinshasa a eu lieu vendredi 21 mars 2008 dans la ville portuaire de Matadi, sous la présidence du chef de l’Etat accompagné, pour la circonstance, du chef du gouvernement. Y ont pris part, évidemment, les ministres d’Etat, ministres et vice-ministres présents dans la capitale la veille.
A la hauteur de l’événement, les décisions prises au cours de la réunion et dont nous parlerons dans notre prochaine édition, sont d’une importance capitale pour la marche du pays en ce quatrième mois de l’An 2 du mandat Kabila et premier mois de l’An 2 de la primature Gizenga: Une primature menacée avec la énième motion de défiance du Mlc Delly Sesanga le jour même où le Premier ministre prenait la route du Bas-Congo.
Ainsi, l’essentiel des points est focalisé sur la situation du Bas-Congo. D’ailleurs, le ministre d’Etat Denis Kalume sera plus explicite en déclarant, juste à la fin du conseil, et ce en attendant le compte-rendu, que « pour prendre des décisions en connaissance de cause, il faut se rendre sur le terrain » et « C’est ce qui vient d’être fait ». Il a relevé la participation du gouverneur Simon Mbatshi au conseil. « Il a présenté sa province, ses problèmes, ses projets, son programme d’action et a sollicité auprès du gouvernement des appuis nécessaires a-t-il dit avant d’ajouter que le gouvernement, après avoir délibéré, a pris une série de dispositions pour l’aider ». Il s’agit des décisions annoncées. Pour terminer, Denis Kalume a estimé que « Le président de la République a vu juste; il a décidé que ça puisse se poursuivre et que la prochaine fois, ça sera dans une autre province ». Cette méthode a pour avantage de permettre aux membres du gouvernement « de quitter Kinshasa et de vivre les réalités du terrain », a-t-il conclu.
Simon Mbatshi a, quant à lui, salué cette première en ce qu’en dehors déjà tenue du conseil dans sa province c’est aussi la première fois qu’il est donné au gouverneur l’occasion de participer à une réunion de l’équipe gouvernementale. Concernant la Police, il a renouvelé ses propos tenues au lendemain des incidents de Matadi. Les forces de l’ordre ont fait leur travail, cela est vrai, mais ce qui tout aussi est vrai, c’est que certaines erreurs ont été commises. Les éléments incriminés ont été mis aux arrêts et traduits en justice. Du reste, l’inspecteur général de la police a organisé une causerie morale à l’attention desdites forces pour leur rappeler leurs missions.
Autre intervenant : le ministre du Budget. Il a annoncé le projet de création d’une taxe provinciale à déduire de la production locale.
(Ern.)
L’Avenir
Last edited: 22/03/2008 14:40:39