La plénière de l’Assemblée nationale a convenu de sursoir pour vice de procédure la motion d’interpellation du Premier ministre, ce qui a amené le député auteur de la motion à reporter à la semaine prochaine sa démarche mieux élaborée et en conformité aux prescrits de la réglementation en la matière.

La plénière de l’Assemblée nationale a inscrit jeudi à son ordre du jour entre autres, à l’adoption du calendrier de la session de mars et le sujet relatif à l’interpellation du Premier ministre Antoine Gizenga. Celle-ci a été initiée et déposée au bureau de l’Assemblée nationale par Delly Sessanga, député du MLC. Mais, avant d’entrer dans le vif de la matière du jour, le président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe s’est livré à une description quasi-exhaustive de l’environnement de crise de cette session ordinaire.
En ce qui concerne l’interpellation du Premier ministre, un an après sa prise des fonctions à la tête du gouvernement de la République les députés ont cherché à avoir tous les éclaircissement sur sa gestion du pays.
Le débat s’est focalisé sur le projet de la motion de censure contre le Premier ministre dont l’examen a été à la base de la confusion au sein de l’opposition. La motion de l’honorable Sessanga s’est butée à une difficulté de procédure. L’opposition lui reproche d’avoir fait cavalier seul en initiant cette motion. Elle aurait souhaité la traiter en son sein avant le dépôt au bureau de l’Assemblée. En outre, le Règlement intérieur de la Chambre basse du Parlement prévoit que la motion soit introduite pendant la session en cours. Mais, pour le cas d’espèce, elle a été déposée pendant les vacances parlementaires.
Au sortir de cette plénière le député Sessanga a indiqué que : « Je ne suis pas découragé, je pense que l’Assemblée nationale doit gagner en crédibilité parce qu’il doit pouvoir contrôler. Ce pays va très mal sur tout le plan. Nous n’avons gouvernement qui a une politique trouvable et censée. Il est de notre devoir de remettre les pendules à l’heure et nous allons le faire. Ce qui est constat désormais c’est que, pour soustraire le Premier ministre et son gouvernement de la mise en œuvre de la responsabilité, en recours à des expédients de procédure, ce qui n’est pas honnête parce qu’il faut pouvoir recourir à des arguments de fond. Donc je pense que nous allons mettre en harmonie la forme avec les recommandations de la plénière et ainsi on sera obligé de traiter du fond ».
Réagissant à son tour sur la motion de censure contre le Premier ministre, Roger Lumbala a déclaré que: « Le changement du gouvernement ne peut pas être l’affaire de l’Assemblée nationale comme on veut le faire croire. Si le Pprd veut faire partir Antoine Gizenga, le chef de l’Etat a toutes les prérogatives de prendre ses responsabilités pour limoger le Premier ministre que de dire ou de se servir des députés pour que le moment venu, la motion de censure soit adoptée. Nous voulons que le Premier ministre améliore les conditions de vie des Congolais. Le souci que nous avons est d’éviter de tomber encore dans l’instabilité de nos institutions ».
Antoine Gizenga divise l’AMP et l’Opposition

Moment de répit pour le Premier ministre Gizenga avec le renvoi de l’interpellation initiée par le député Delly Sessanga.
D’aucuns avaient cru que les choses iraient plus vite que prévu à l’Assemblée nationale où la question orale pilotée par un membre du MLC avait déjà reçu l’aval de la conférence des présidents. Mais, à la lumière de la plénière d’hier, Gizenga peut momentanément pousser un « ouf » de soulagement.
Depuis quelques jours, l’Assemblée nationale vit au rythme d’une possible interpellation du Premier ministre Antoine Gizenga Fundji. L’initiative de la question orale est venue d’un opposant: le MLC Delly Sessanga Hipung. La motion a même été avalisée à la conférence de présidents, organe rassemblant le bureau de la chambre basse et les présidents des commissions et des groupes parlementaires pour préparer l’ordre du jour.
Mais, au cours de la plénière d’hier, l’interpellation du Premier ministre Antoine Gizenga n’a pas pu récolter la sanction nécessaire pour sa matérialisation. C’est de la sorte que la question orale du député Delly Sessanga a été jugée irrecevable parce que n’ayant pas respecté la procédure en la matière. En fin de compte, elle a tout simplement été renvoyée à plus tard, le temps pour Sessanga de reformuler sa question tout en veillant au respect de la procédure.
Curieusement, la motion contrecarrant la question orale de Sessanga est venue d’un autre groupe d’opposition: le groupe parlementaire Ordre des démocrates républicains (ODR) présidé par Roger Lumbala. Il importe de relever aussi que, d’après nos sources, l’initiative de Delly Sessanga n’aurait pas du tout été endossée par son parti politique, le MLC. Il lui revient donc de se concerter d’abord avec sa formation politique pour reformuler sa question orale ou son interpellation.
On peut relever que les trois groupes parlementaires regroupant les membres de l’opposition ne semblent pas encore accorder leurs violons sur l’interpellation du Premier ministre Antoine Gizenga. Sinon, la question orale de Sessanga aurait du coup le soutien total de son parti d’abord et ensuite de deux autres groupes, à savoir le Groupe parlementaire des Chrétiens démocrates (GPCD) cher au président Gilbert Kiakwama et l’Ordre des démocrates républicains (ODR). Antoine Gizenga semble diviser l’opposition.
Pendant ce temps, à en croire nos sources, dans les rangs même de la majorité (AMP+PALU), la fronde contre Gizenga semble encore loin de faire l’unanimité. Ce qui, à ce stade, ne favoriserait pas totalement un climat en faveur de l’interpellation du Premier ministre. Il faudrait, dès lors, attendre la formulation de la question orale du député Sessanga pour maîtriser la tendance dominante sur l’interpellation de Gizenga.
Outre l’interpellation du Premier ministre Gizenga, la plénière d’hier s’est également penchée sur la question orale du député Gilbert Kiakwama Kia Kiziki, président des Chrétiens démocrates. A travers cette question orale, il est question de l’interpellation du ministre d’Etat à l’intérieur, décentralisation et sécurité, Denis Kalume Numbi, sur l’affaire Bundu dia Kongo. Le ministre de l’Intérieur, décentralisation et sécurité devra s’expliquer sur les événements survenus dernièrement dans la province du Bas-Congo. Excuse, il est donc attendu ce mardi à la chambre basse.
Au cours de la même plénière, les députés ont adopté le projet de calendrier des travaux de la session ordinaire de mars 2008.
Notamment, les rapports des commissions mixtes paritaires sur certaines lois, les arriérés législatifs, les nouvelles matières ainsi que les rapports de différentes enquêtes parlementaires.
(Ern.)
MM/Le Palmarès -Forum des As
Last edited: 21/03/2008 15:23:36