La conférence de presse hebdomadaire de la Monuc a été consacrée essentiellement à l’analyse du communiqué du Conseil de sécurité de l’Onu relatif à la résolution 1804/2008, sur le désarmement des forces négatives au Congo ainsi que sur les tensions qui prévalent dans l’Ouest et dans l’Est du pays.
Dans un communiqué rendu public par le Conseil de sécurité, il vient d’être demandé urgemment et immédiatement aux différentes forces rwandaises, notamment les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (Fdlr), les ex Forces armées rwandaises (Ex Far) Interhamwe et d’autres groupes armés rwandaises opérant dans l’Est de la Rdc de déposer les armes.
En effet, cette résolution 1804/2008, adoptée à l’unanimité, recommande aux différents groupes armés précités de se rendre auprès de la Monuc en vue de leurs désarmements.
Par ailleurs, il leur est demandé de cesser de recruter des enfants pour en faire des soldats, de libérer tous ceux qui sont associés avec eux et de mettre fin aux actes de violences sexuelles.
Dans le même ordre d’idées, le Conseil de sécurité exige des gouvernements de la Rdc et du Rwanda d’intensifier leur coopération afin de donner suite aux engagements énoncés dans le communiqué de Nairobi, signé dernièrement, en vue de créer les conditions propices au rapatriement des combattants démobilisés.
Ainsi donc, les Etats membres sont appelés à envisager des mesures nécessaires pour empêcher tout soutien financier technique ou autre, à tous ces groupes opérant au Congo.
Dans un autre registre, la Monuc se dit très préoccupée par des affrontements opposant les groupes armés locaux et étrangers dans l'est de la République démocratique du Congo et condamne la situation restant "très tendue" au Bas-Congo.
Selon le porte-parole de la Monuc au Nord-Kivu, "six personnes ont été tuées au cours d'affrontements" entre des miliciens locaux Maï Maï des Patriotes résistants congolais (Pareco) et des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), a déclaré le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich, porte-parole militaire de la Monuc, au cours de cette conférence de presse.
Ces affrontements, a-t-il signalé, ont duré deux jours, soit les 8 et 9 mars, dans les environs de Kashebere, à 100 km au nord-ouest de la capitale provinciale Goma, entraînant la fuite de "plusieurs centaines d'habitants".
Des affrontements entre FDLR et Pareco ont aussi été signalés à environ 70 km au nord de Goma et dans la province voisine du Sud-Kivu.
Par ailleurs, au cours des 15 derniers jours au Nord-Kivu, "les insurgés du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et des éléments Maï Maï des Pareco ont été impliqués dans plusieurs échanges de coups de feu", a indiqué le lieutenant-colonel Dietrich.
Des accrochages fréquents opposent le CNDP du chef rebelle tutsi Laurent Nkunda et les miliciens locaux des Pareco, au Nord-Kivu, en violation d'un cessez-le-feu signé en janvier 2008 par tous les groupes armés congolais des deux Kivu.
Pendant ce temps, dans le district de l'Ituri (nord-est), des accrochages continuent d'opposer régulièrement des miliciens réfractaires au désarmement des Forces de résistance patriotiques d'Ituri (FRPI) et l'armée congolaise.
Enfin au Bas-Congo, dans l'ouest de la RDC, la situation sécuritaire "reste très tendue", selon la Monuc, après de brutales opérations de police contre le mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo (BDK).
C.L/MMC
Last edited: 20/03/2008 15:21:58