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Bonjour | 20/07/2008 1:23 | English Make DC Home page | RSS feed

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Il n’est plus possible pour la majorité au pouvoir de voiler la crise qui la mine en son sein dès lors que le Parlement entérine la motion d’interpellation du Premier ministre pour répondre de sa gestion de l’Etat déjà objet de critique sans complaisance des deux présidents des chambres du Parlement. L’interpellation an­noncée du Premier Ministre ne peut se concrétiser sans l’appui des ténors de l’AMP, explique ton au Parti Lu­mumbiste Unifié.

« C’est une déclaration de guerre et rien d’autre ». Au Parti Lumumbiste Uni­fié, on ne décolère pas. On dit surtout savoir à quoi s’en tenir depuis que plusieurs mois déjà, d’insinuations en ironies, l’entreprise de fragilisation et de démolition du Premier Ministre avait commencé. « Le Patriarche a préféré garder son calme et nous avons tous adopté un profil bas pour donner une chance à la majorité et à notre pays », tonne un militant du Palu qui en a vu d’autres.

Pour lui comme pour tant d’autres de ses camarades, la tonalité des discours de la rentrée parlementaire, aussi bien à l’assemblée Nationale et qu’au Sénat, était un « signal ». Il n’en démord pas : «  Un mot d’ordre doit avoir été donné pour la mise à mort. Mais autant ils nous avaient approché au grand jour, autant nous aurions souhaité qu’ils opèrent de la même manière, au lieu de recourir des supplétifs.

Le divorce est gérable quand il est décidé de commun accord, autrement, ce sont les enfants qui souffrent, et les tristes réalités du cou­ple étalées au grand jour » avertit-il.

C’est vrai que le double réquisitoire de Vital Kamerhe et Léon Kengo, samedi dernier, se vou­lait sans complaisance. Des analystes sont allés même, jusqu’à dire que s’il ne démissionnait pas de lui-même après ce coup de semonce, c’est que Gi­zenga chercherait à se faire pousser dehors pour en ti­rer profit. La confirmation, estiment les mêmes analys­tes, serait l’interpellation du Premier Ministre à l’initiative du président de la commission politico-administrative et judicaire de l’Assemblée Nationale, le MLC Delly Sessanga Hippung. Selon des sources généralement bien informées, le principe en aurait été discuté et ap­prouvé par la conférence des présidents. Il ne res­terait plus au Président de l’Assemblée. Nationale que d’en obtenir le quitus...

Divorce

Premier problème donc: quel sera l’avis du Chef de l’Etat  peut-il lais­ser faire ses troupes sans en tirer toutes les consé­quences logiques ? Et le Premier Ministre lui-même, pourrait-il accepter de se prêter à un jeu dont il est convaincu qu’il consacrera sa mise à mort ? Deuxième problème quelle que soit l’opinion personnelle d’An­tome Gizenga Fundji, on voit mal ce dernier accepter de se laisser déshabiller, de laisser liquider tous ces mythes qui ont bâti sa légende d’opposant farou­che  d’homme intègre et de nationaliste intransigeant.

N’ayant pas d’ambition et ne cherchant pas les plaisirs d’un exercice solitaire du pouvoir, le vieux lion pende pourrait surprendre. Et c’est le troisième problème, en termes de conséquences politiques d’un acte somme toute inédit.

Il ne faudra pas seulement trouver de nou­veaux équilibres au sein de la majorité et se préparer à affronter une opposition reconfigurée. Il y a pire, en termes de stabilité politique d’un pays toujours à la mer­ci de la moindre poussée de fièvre.

L’Est est si loin d’avoir retrouvé sa sérénité, alors que le Centre conti­nue, comme par le passé, à bouder. Quel sera alors le bénéfice pour une majo­rité qui aura réussi le tour de force de faire froncer le sourcil d’une capitale tou­jours aussi frondeuse, avec en prime un Bandundu de plus en plus dubitatif et un Bas-Congo qui conteste de plus en plus ouvertement ?

 Un cas de figure inédit, dans lequel, selon certains stratèges, le moindre mal serait paradoxalement de se retrouver avec à la fois Antoine Gizenga, Etienne Tshisekedi et Jean Pierre Bemba dans une opposition reconfigurée.

Reste les évidences. Premièrement la confirma­tion de l’interpellation ne peut se faire qu’avec l’ac­cord de la conférence des présidents. Ce qui signifie­rait automatiquement la con­sommation du divorce entre l’AMP et le Palu pour une plongée dans l’inconnue. Deuxièmement le Palu choisira contre  vents et ma­rées et avec un bel ensem­ble de faire bloc autour de son chef historique. Il suffira d’observer, dans les jours qui viennent, l’évolution du discours et de la posture du Palu dans les quartiers populaires pour apprécier le temps qu’il risque bientôt de faire dans la capitale.

Ça va chauffer

Il reste, d’ici là à répondre à certaines ques­tions de fond. Notamment celle de savoir si l’initiative du Député Sessanga a le soutien du groupe parle­mentaire MLC subitement devenue une opposition responsable face à une ma­jorité incapable de se déterminer et de gérer les ambi­tions de ses ténors. Dans le cas contraire, le président de la commission politico-administrative et judiciaire de l’Assemblée Nationale devra batailler pour con­vaincre qu’il n’a pas voca­tion à jouer les supplétifs d’une majorité refusant de s’assumer et d’avancer à visage découvert. On ob­servera particulièrement, à ce sujet, l’attitude du MLC oblige, s’il n’approuve pas l’initiative, de le dire haut et fort afin d’évacuer toute am­biguïté. Un véritable dilem­me cornélien pour le parti de Jean-Pierre Bemba Gombo, qui risque ainsi de donner l’impression de soutenir un Premier Ministre qu’il a tou­jours combattu. Ce faisant, le MLC pousserait l’AMP, en toute logique, à prendre ses responsabilités.

Autre question en cas de divorce dans un climat aussi détestable, tout porte à croire qu’il pourrait s’ensuivre aussitôt un im­mense déballage. Le Phare sait par exemple que ré­cemment, les dérapages monétaires ont fait l’objet d’échanges vifs en Conseil des ministres. Des noms ont même été cités...

Exemple aussi, le Premier Ministre et ses principaux collaborateurs ne peuvent pas ne pas sa­voir, après toutes les réfor­mes qui ont été initiées, qui a fait quoi dans ce pays, qui a détourné les fonds publics, qui s’est fait du beurre dans la signature des contrats miniers. Des documents qui risquent de causer d’énormes dégâts s’ils tombent dans certaines mains. Autant dire que ça va chauffer, que ça risque de saigner.

(Milor)

Le Phare

Last edited: 20/03/2008 13:05:05

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