Le gouvernement congolais doit constater le refus par le Rwanda du rapatriement de ses compatriotes et en faire part à la Communauté internationale.

Le gouvernement est dans l’embarras. Le ministre congolais des Affaires étrangères, Antipas Mbusa Nyamwuisi, connu pour son ouverture et son optimisme, a traduit au cours de l’interview qu’il a accordée à Rfi tout l’embarras du gouvernement. Il perçoit clairement, à travers la liste de plus de six mille génocidaires dressée par Kigali et envoyée au gouvernement congolais, un refus clair au rapatriement. Le chef de la diplomatie congolaise est d’avis qu’il n’y aurait pas plus d’une dizaine des génocidaires qui seraient encore sur le territoire congolais. Le ministre a pleinement raison. Mais dans ce monde où la raison est toujours rwandaise, on craint qu’en évoquant (citant les Fdlr) déclaration de Rome, Kigali voit en cela un soutien du gouvernement congolais aux thèses de ces milices. Qu’il y ait mille ou dix mille génocidaires, il revient à la communauté internationale d’appliquer la clause du protocole de Nairobi.
Le ministre a démontré comment il a rencontré à ses risques et périls ces rebelles rwandais afin de les sensibiliser au rapatriement volontaire. Ce qui reste à faire pour le gouvernement congolais, c’est de constater le refus de rapatriement volontaire et d’en faire part à la communauté internationale, s’il faut déplorer tous les réfugiés rwandais pour cause qu’ils seraient tous génocidaires s’il faut les traduire tous en justice, qu’on le fasse, pourvu que la Rdc soit débarrassée de ce problème.
Pourparler politique ou non, ce dossier doit désormais être traité au Rwanda entre Rwandais. En agissant comme il le fait, Kigali veut intentionnellement prendre la Rdc en otage.
Les besoins de sécurité permettent au Rwanda d’atteindre les objectifs économiques qui à notre avis, constituent la grande motivation du Rwanda dans la création des rébellions à l’Est du Congo.
(Ern.)
Joachim Diana/L’Avenir
Last edited: 19/03/2008 18:03:28