Le désarmement et le rapatriement des FDLR sont donc d’actualité. C’est l’essentiel de l’interview que le ministre des Affaires étrangères et à la Coopération internationale, Antipas Mbusa Nyamwisi, a accordée à Radio France Internationale.

Pourquoi le plan de désarmement des FDLR ne marche pas ?
Qui dit que cela ne marche pas, pour autant qu’il est en train d’être appliqué. Parce que de notre point de vue, il y a eu beaucoup d’initiatives qui ont été prises. Il est vrai qu’on n’a pas encore atteint les résultats escomptés, mais quelque chose a été fait.
Vous deviez sensibiliser les FDLR à un éventuel retour au Rwanda, avant le 15 mars. Et apparemment, rien n’a été fait ?
Beaucoup a été fait d’autant plus que moi-même j’ai été les voir, certains parmi eux, dans leur campement où j’ai discuté avec un peu plus de trois cent cinquante hommes armés et leurs dépendants. Il est vrai que jusque-là, je n’ai pas obtenu le retour d’un nombre important pour des raisons diverses.
Quelles sont les raisons justement pour lesquelles vous n’avez pas réussi à les convaincre de rentrer ?
Je dois vous dire que c’est une liste de six mille neuf cent quatre-vingt-dix-sept génocidaires qui nous a été envoyée par le gouvernement de Kigali. Et cela ne nous a pas aidé à les sensibiliser.
Cette liste que le gouvernement de Kigali vous a transmise, ne correspond-t-elle pas justement au nombre des combattants des FDLR ?
Pour le mauvais côté de l’affaire, c’était comme si nos partenaires nous disaient: « tout ce qui nous arrange, c’est le statu quo. Nous ne voulons voir personne ici ». Cela a été un mauvais signal. Mais je continue à espérer que dans le cadre des discussions que nous allons avoir bientôt à Bujumbura, d’ici le 24 ou le 25 mars, nous allons trouver une solution durable pour la population qui souffre.
Combien, à votre avis, des combattants des FDLR peuvent êtres considérés comme des génocidaires ?
En tout cas, sur les listes connues qui ont été publiées au Tribunal pénal international, il n’y en a pas une dizaine au Congo.
Dans les discussions avec vos interlocuteurs rwandais, ces dernières années, vous parliez déjà de plusieurs milliers de génocidaires parmi les FDLR ?
Je ne pense pas qu’il faille s’attarder sur cela. Ce qu’il faut, c’est de trouver un entendement commun entre nous, les Rwandais et nous-même, afin d’organiser leur retour.
Il y a eu en 2005 à Rome, des discussions sous l’égide de Sant Egidio. Les FDLR non génocidaires acceptaient de rentrer au Rwanda en échange de la promesse d’un dialogue politique. Est-ce que cela est une base à vos yeux ou pas ?
Oui. Voilà pourquoi on est en contact permanent avec le père Martin de Sant Egidio pour voir comment on peut évaluer la situation avec ces personnes qui sont, pour la plupart, en Europe. Et je pense que cela va être fait avant la fin de ce mois. Ensuite, nous organiserons une grande réunion à Kisangani aussi bien avec ceux qui sont en Europe que les commandants sur le terrain pour trouver une solution.
Tout cela dans une échéance assez brève.
Mais les Etats-Unis ne veulent pas d’une rencontre à Kisangani ?
Il nous faut absolument faire quelque chose. Nous devons aller de l’avant.
Et la solution, pour vous, c’est plus un dialogue qu’une offensive militaire ?
Je pense que cela est possible.
(Milor)
Le Potentiel
Last edited: 19/03/2008 17:02:55