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Bonjour | 07/08/2008 22:22 | English Make DC Home page | RSS feed

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Sur 4542 permis de recherche délivrés, seule une douzaine est transformée en permis d’exploitation. Pire, certains détenteurs des titres de recherche se permettent d’exporter des échantillons au détriment de l’Etat. Ou encore des concessions changent de pro­priétaire sans avis préalable des services compétents. Seraient-ce ces faits gravissimes qui auraient poussé les organisateurs et les participants aux récentes jour­nées minières à décider du gel des titres de recher­che ? De 3638 permis de recherche accordés jusque­-là par le min/stère des Mines, après avis technique du Cadastre minier, c’est l’équivalent d’environ 33,8% du territoire national. Un chiffré bien révoltant alors que le pays espère s’appuyer sur le secteur minier pour négocier la relance de l’économie nationale.

Les lampions se sont éteints pour les 5ième journées minières, organisées du 12 au 17 avril 2008. Le gouvernement, les opérateurs du secteur des mines et tous les autres services du ministère des Mines se sont concentrés durant ces cinq jours à une évaluation du Code-minier et de ses mesu­res d’application. Cela, six ans après la promulgation qui, au vu des observateurs aurait révolu­tionné le secteur minier en RDC.

Beaucoup s’attendaient à ce que soit décrétée la mesure de révision à mi-parcours du Code minier. Il n’en a pas été ainsi hier lundi 17 mars à la clôture de ces assises au Palais du peuple de Kinshasa. Mais, de­vant le faible pourcentage des permis d’exploitation sur l’en­semble des permis (recherche et d’exploitation) - soit 4542 - les participants peuvent au moins se consoler d’avoir obtenu du gou­vernement le gel de toute procé­dure d’octroi des permis de re­cherche. A travers cette décision    annoncée du reste par le mi­nistre des Mines - il s’agit pour le gouvernement de tirer au clair toutes les opérations, souvent obscures, qui se passent autour des permis de recherche accor­dés, jusque-là par le gouverne­ment, dont certains font déjà l’ob­jet de nombreux « trafics » sur les grandes places boursières du monde.

Pendant cinq jours de dis­cussions, les participants ont con­venu de ne pas réviser totale­ment le Code minier, mais de ren­forcer ses mesures d’application, en l’adaptant le plus possible an contexte institutionnel actuel. Des recommandations sor­ties de ces états généraux, il res­sort que l’octroi de nouveaux ti­tres de recherche tout comme ceux en circulation sont gelés. Le constat fait par le gouvernement démontre que des détenteurs de titres de recherche les trafiquent sur des marchés boursiers, dé­passant largement le délai prévu dans le Code pour la sollicitation, en cas d’exploration satisfai­sante, d’une mutation en permis d’exploitation. D’où, le déclen­chement de cette lutte voulue implacable par le représentant du Premier ministre. L’endosse­ment promis des recommanda­tions des Etats généraux ira dans le sens d’accorder plus de res­ponsabilités aux entités locales dans le cadre du suivi.

Moins de 10% des permis d’exploitation

Si les travaux des états généraux n’ont pas formellement reconnus le « pillage » des res­sources minières, savamment entretenu en s’appuyant sur cer­taines dispositions du Code mi­nier, nombre d’experts ont, dans la lignée du ministre des Mines, souligné la nécessité pour l’Etat congolais de voir un peu plus clair dans ce secteur. Fait révoltant, sur l’ensemble de 4.542 permis jusque-là délivrés par le ministère des Mines, à peine 411 se sont mués en permis d’exploitation. 3632, soit environ 80 % de l’en­veloppe totale, demeurent encore au stade de permis de recherche alors que, pour la plupart d’entre eux, le délai de mutation en permis d’exploitation tel que prévu par le Code minier est largement dépassé.

Il y a vraisemblablement problème. Les détenteurs se plaisent à les spéculer sur les places bour­sières à travers le monde, sans donner un seul coup de pioche dans les carrés miniers leur oc­troyés. Les adeptes de cette stra­tégie se contentent en effet de se procurer des titres sans s’in­vestir dans les recherches pour lesquelles ces titres ont été ache­tés. A l’échéance, les résultats ne permettront pas de passer à la phase suivante, alors que des plantureux bénéfices sont réali­sés au détriment des populations et de l’Etat. Et pourtant, ces en­treprises devraient faire bénéfi­cier à l’Etat et aux populations des avantages prévus dans le Code minier et contenus dans les cahiers des charges élaborés.

 « La lutte implacable », née du gel des titres de recher­che, aura pour conséquences immédiates la déchéance des détenteurs défaillants. Cette mesure sera suivie par l’octroi de nouveaux titres à de nouveaux demandeurs capables de se met­tre rapidement au travail afin que le peuple congolais sente, comme prédit par le président de la Ré­publique, à quoi auront servi son cuivre, son cobalt, son nickel, etc.

Adaptation du code

L’autre élément important développé an cours de ces journées est l’adaptation du Code minier et toutes ses mesures d’application pour mieux les faire correspondre non seulement à l’architecture institutionnelle ac­tuelle mais aussi à la vision du gouvernement qui pense s’ap­puyer sur le secteur minier dans la réalisation de son programme pour les cinq prochaines années.

Mais au-delà de ces états généraux, on a également fustigé la fraude qui prive l’Etat des res­sources nécessaires non seule­ment pour le budget national mais aussi pour un fonctionnement harmonieux des institutions pro­vinciales où évoluent ces exploi­tants miniers.

Aussi, pour mettre défini­tivement un terme à ces pratiques qui ne favorisent pas la bonne application du Code minier, il a été décidé l’option de la généra­lisation de la certification des minerais produits en RDC sui­vant le modèle de Kimberley avec le diamant. Une révolution qui est de nature à juguler la fraude et à contraindre les dé­tenteurs des titres de recherche à éviter de se contenter de la verne des échantillons afin de contourner la loi en vigueur. Ce faisant, le gouvernement compte les pousser à agir dans la trans­parence, en passant sans ater­moiements à la phase d’exploi­tation. Il va sans dire que les pro­duits de recherche sont exportés pour le contrôle de leur teneur dans les laboratoires étrangers.

Les fondamentaux juridi­ques contenus dans le Code mi­nier ne pourront produire des ef­fets escomptés que si tous les acteurs jouent franc jeu. D’un côté le gouvernement dans son rôle de régulateur et de l’autre, les exploitants qui respectent ton­tes les phases contenues dans le Code minier ainsi que les échéances et obligations. Dans le cas contraire, le gel décidé ne produira pas d’effets positifs.

(Th)

Le Potentiel

Last edited: 18/03/2008 16:20:12

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