La corruption, l’immoralité, à travers notamment les danses et les propos obscènes, ainsi que la prostitution sont, entre autres, les maux qui gangrènent la société congolaise.

Tous âges confondus. Ils ont constitué l’essentiel de l’homélie de l’archevêque de Kinshasa, Mgr Laurent Monsengwo Passinya, le dimanche l6 mars dernier, devant des dizaines de milliers de jeunes kinois rassemblés au stade Tata Raphaël pour célébrer la fête des Rameaux. Là où le gouvernement central et l’Hôtel de ville de Kinshasa ont lamentablement échoué, l’archevêque de Kinshasa peut-il réussir ?
Mgr Laurent Monsengwo, nouvel archevêque de Kinshasa a réuni, dimanche 16 mars dernier au stade Tata Raphaël, des jeunes de toutes les paroisses Catholiques de l’archidiocèse de Kinshasa. Placée sous le thème « Kinshasa, lève-toi et resplendit de la lumière du Christ », cette journée de dimanche des Rameaux a donné l’occasion au prélat catholique d’inviter les jeunes au véritable changement des mentalités qui ne doit pas demeurer un vain slogan.
En effet, depuis 2007, les gouvernements central et provincial de Kinshasa ont initié une campagne de changement des mentalités. N’ayant pratiquement pris aucune mesure d’encadrement et de suivi. Ils ont prêché dans le désert. Ce changement des mentalités n’aura vécu que l’espace d’un matin. Dès les premiers jours de la campagne, une certaine bonne conduite a été constatée. Puis, plus rien : retour à la case départ. On dirait que la situation est devenue pire qu’avant. Tant les anti-valeurs sont revenues en force. Sans que cela heurte la conscience des initiateurs de la campagne, mais aussi tout Congolais censé disposer de valeurs morales à inculquer aux jeunes.
Reprise du flambeau
Heureusement que Mgr Monsengwo a senti le danger qui guette les jeunes, surtout kinois, devant l’immoralité toujours grandissante dont font preuve ces derniers. Aussi vient-il de reprendre le flambeau de cette campagne de changement des mentalités. Mais certains observateurs avertis se demandent si le « chef spirituel » des catholiques de Kinshasa va réussir là où les autorités du pays, à tous les niveaux, ont échoué. Sans oublier les prêtres et autres dont les parents démissionnaires.
Tout en saluant la reprise du flambeau par Mgr Monsengwo, d’autres estiment que le prélat catholique peut beaucoup contribuer au changement des mentalités à Kinshasa. S’il le veut vraiment. Bien que le processus soit laborieux. Pour eux, il faudrait qu’un tel rassemblement des jeunes ne soit pas le dernier. Il devrait être organisé au moins deux fois par an. Et non chaque année, le dimanche des Rameaux, comme il a été convenu. Ils souhaitent que l’archevêque de Kinshasa demande aux curés des paroisses et aux responsables des écoles catholiques de s’impliquer dans cet assainissement des moeurs. Cela en organisant très souvent les rencontres avec les jeunes pour les appeler à bannir non seulement la corruption et les danses obscènes exhibées en public, mais aussi tous les autres actes immoraux. Notamment la prostitution en milieux scolaires et académiques.
Le phénomène « Kuluna » à Bannir
Dans cette homélie tirée de l’Evangile de Saint Mathieu, Mgr Laurent Monsengwo a invité la jeunesse kinoise à être artisan de paix dans le pays. Et a déconseillé le phénomène, communément appelé « Kuluna », ou bagarre entre jeunes de différents quartiers. Il n’a pas manqué de mettre les adultes en garde contre certains comportements qui poussent les jeunes à la déperdition.
C’est ainsi que ceux qui croient à la réussite de l’archevêque de Kinshasa trouvent qu’il serait nécessaire que le clergé catholique utilise, durant cette campagne qui ne dit son nom, des saynètes d’une ou de deux minutes dans les différentes chaînes de radio et de télévision de Kinshasa pour atteindre un plus grand nombre. Cela en collaboration avec le pouvoir défaillant. Ce qui permettrait également de cibler la jeunesse non catholique.
(Th)
Olivier Dioso/le Potentiel
Last edited: 22/03/2008 14:33:33