La plénière de ce mardi à l’Assemblée nationale risque de soulever beaucoup de passions sur l’option à prendre sur les violences dans le Bas-Congo.

Les violences dans le Bas-Congo sont différemment perçues. Après, le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, Alan Doss, la Grande-Bretagne, la Belgique... c’est au tour de l’Union européenne de prendre finalement position sur les violences dans le Bas-Congo. En attendant, la plénière d’aujourd’hui à l’Assemblée nationale risque d’être houleuse. Les députés sont divisés sur l’option à prendre sur les violences dans le Bas-Congo.
Les uns soutiennent que l’autorité de l’Etat doit être rétablie et que les auteurs de ces violences doivent être poursuivis. Tandis que les autres exigent la tenue d’un dialogue entre les autorités de l’Etat et les représentants politiques de Bundu dia Kongo. La communauté internationale notamment l’Union européenne semble soutenir la deuxième option. Hier lundi, la présidence slovène a pris officiellement position. Selon un communiqué de la présidence slovène, l’Union européenne encourage l’ouverture immédiate du dialogue entre les autorités de l’Etat et les représentants politiques de Bundu dia Kongo. Seuls un véritable dialogue et la recherche active d’une solution pacifique permettront d’éviter que ces événements ne se reproduisent.
“Les actes perpétrés par des adeptes du mouvement Bundu Dia Kongo sont inacceptables, et il est légitime que l’Etat fasse respecter son autorité sur l’ensemble du territoire”, reconnaît la présidence slovène de l’UE dans son communiqué. Mais “ce maintien de l’ordre doit se faire dans le respect des principes de l’Etat de droit et des droits de l’homme, et sans recours disproportionné à la force afin d’éviter une radicalisation de la situation”, prévient-elle. Elle précise que sa prise de position est appuyée par des pays ne faisant pas partie de l’UE: la Turquie, la Croatie, la Macédoine, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, la Serbie, l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège, l’Ukraine, la Moldavie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie.
Bruxelles appelle aussi au dialogue
Le ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht a vivement dénoncé le week-end dernier l’usage disproportionné de la force à Seke-Banza, à Luozi et à Matadi lors de la répression de la Police contre les adeptes du mouvement de Bundu dia Kongo. Il a appelé les forces de sécurité et de la Police à faire preuve de retenue dans l’utilisation de la force. De Gucht a aussi exigé la mise en place d’une commission d’enquête indépendante pour établir les responsabilités. Il a mis en garde contre tous les discours extrémistes des membres du BDK. “Au moment où la RDC s’engage dans la voie de la démocratie et du respect de l’Etat de droit, nous croyons et espérons que le retour au calme sera vite fait, a déclaré le ministre belge des Affaires étrangères.
Selon le patron de la diplomatie belge, les événements survenus dans le Bas-Congo ne peuvent pas compromettre le processus de démocratisation de la RDC. Il a aussi appelé les autorités congolaises à user des moyens nécessaires pour restaurer le dialogue, le climat de paix et d’entente dans la province du Bas-Congo. Tout en soutenant le gouvernement dans sa volonté de restaurer l’autorité de l’Etat, Karel De Gucht a demandé à celui-ci d’initier le dialogue pour analyser les problèmes de fond à la base des violences enregistrées dans le Bas-Congo. En même temps, la Monuc doit sortir de sa léthargie en envoyant sur place ses casques bleus. Les élections présidentielles en 2006 ont marqué un pas important vers la stabilité en RDC avec le nouveau début vers la démocratie.
(Th)
Le Palmarès
Last edited: 18/03/2008 16:10:21