Le gouvernement central tient, ce jeudi 20 mars 2008, à Matadi, chef-lieu de la province du Bas-Congo, son Conseil des ministres.

Cette réunion, qui devrait se tenir le samedi 15 mars dernier, n’a plus eu lieu à cause des cérémonies de l’ouverture de la session parlementaire ordinaire. Selon des sources concordantes, toute l’équipe gouvernementale du Premier ministre Antoine Gizenga fera le déplacement de la ville portuaire pour solidariser avec la population de cette province au lendemain des affrontements macabres qui ont opposés les adeptes de Bundu dia Kongo aux éléments de la Police nationale congolaise.
C’est également une occasion, pour l’exécutif national, de palper du doigt la gravité des exactions commises par les uns et les autres en vue de se faire une idée claire et nette sur la ligne de conduite à adopter. La tenue du Conseil des ministres à Matadi voudrait surtout marquer et confirmer l’autorité de l’Etat sur cette partie du territoire national en « ébullition ».
Qu’à cela ne tienne. C’est la première réunion gouvernementale au lendemain de la rentrée parlementaire au cours de laquelle les présidents de deux chambres ont soulevé des questions pertinentes et sensibles de l’ensemble du microcosme politique congolais, allant jusqu’à interpeller le gouvernement sur sa « léthargie », sa « passivité » et son « manque d’anticipation » aux événements.
Peut-être qu’en ayant encore frais dans la mémoire « le cri de cœur » du président du Sénat, le gouvernement Gizenga pourra mettre les bouchées doubles en cette fin du premier trimestre 2008 où, sans mettre des loupes, d’aucuns estiment que la visibilité est nulle tant que le démarrage des travaux des cinq chantiers tant attendus par les Congolais traîne encore le pas.
Il y a également l’épineux problème de 40 % de rétrocession : Rétrocession aux provinces. De promesse en promesse – mi 2007, septembre 2007, janvier 2008 - les gouverneurs de province demeurent toujours dans l’attente et ne savent pas, eux aussi, amorcer des travaux d’envergure. Pourtant, à défaut des 40 %, le gouvernement avait promis de rétrocéder 10%. Encore une promesse non tenue à ce jour. Et, les gouverneurs se plaignent et menacent de débrayer au cas où les promesses de Kinshasa resteraient non tenues.
Octobre, novembre, décembre, 2007... Autant de mois de misère pour les députés provinciaux de certaines provinces, notamment du Bandundu et de l’Equateur, qui n’ont pas touché leurs émoluments. Les conséquences risques d’être incommensurables puisque, déjà, certains élus provinciaux ont boycotté la rentrée parlementaire du 15 mars.
(Th)
Rich Ngapi/Le Potentiel
Last edited: 18/03/2008 15:51:29