La double cérémonie des ouvertures simultanées samedi au Palais du Peuple des sessions ordinaires de mars de l’Assemblée nationale et du Sénat n’a pas été empreinte que de climat d’austérité qui a prévalu à ces séances.

L’assistance à cet événement comprenait, outre les vénérables sénateurs et députés nationaux, le gotha de la classe politique de la capitale, corps constitués et corps diplomatique confondus, à l’exception du Chef de l’Etat et du Premier ministre. Le défilé de ce haut monde pénétrant dans l’enceinte du somptueux bâtiment du Palais du Peuple représentait en soi un admirable spectacle. Le parking et l’esplanade par lesquels chacun devait passer s’étaient comme réanimés de l’affluence du jour, alors que le site était on ne peut désert durant quelques semaines qu’on duré les vacances parlementaires.
La rentrée parlementaire était donc effective et chacun se convenait à considérer la session à l’ordre du jour comme capitale à plus d’un égard. Et pour cause. Sans être extraordinaire, cette session toute ordinaire de mars était donné déterminant au regard des dossiers que les représentants du peuple devaient débattre. Le climat politique d’incertitude sur beaucoup de questions d’intérêt national prédisposait à ces considérations. Il y avait donc de l’excitation dans l’air à entendre comment et le président de la Chambre basse Vital Kamerhe et son pair de la Chambre haute allaient présenter et commenter la situation. Pouvaient-ils en présenter la même vision, alors qu’ils sont de deux bords différents, le premier dans la majorité au pouvoir et le second apparemment chevauchant au centre et non sans accointances avec l’opposition. Sur quoi allaient-ils donc axer leurs discours ?
Il est vrai que le message que les chefs des institutions parlementaires transmettent les jours des cérémonies d’ouverture officielle de leurs sessions conservent un caractère protocolaire, mais cela n’exempt pas les orateurs de procéder au brossage lucide de la situation que vit la Nation. A cela, et Vital Kamerhe et Kengo wa Dondo ne se sont pas dérobés. Chacun a présenté un état des lieux très critique de la conduite des affaires publiques, imputant sans détours la responsabilité à l’organe exécutif, le gouvernement qui a la charge de la gestion du pays.
Même constance dans les discours

Le point sur lequel chacun a mis l’accent est l’inquiétude reconnue du bilan d’exercice de tous les élus de toutes les institutions pendant que semble courir à grande vitesse leur mandat. Leurs inquiétudes portent sur leur avenir que risque d’hypothéquer une législature ratée en termes de non réalisation du programme promis aux électeurs de reconstruction du pays. Vital Kamerhe et Kengo wa Dondo ont presque sonné l’alerte pour un sursaut de décisive prise de responsabilité de tous les animateurs postés au pouvoir. Les messages étaient suivies dans une sorte de recueillement indiquant que l’enjeu était de taille de se pencher résolument sur les problèmes cruciaux auxquels est confrontée la population : paupérisation de plus en plus aggravée et un long chapelet de frustrations qui poussent au désespoir des laissés pour compte.
La constance des discours à l’ordre du jour est la recommandation faite par les deux orateurs aux membres de leurs chambres parlementaires de prendre leurs responsabilités à la session ordinaire pour s’acquitter correctement de leurs devoirs, surtout en ce qui concerne les préoccupations du peuple sur lesquelles ils se doivent de veiller. Les témoins n’ont pas manqué à cette sorte d’engagement que les deux présidents de chambres ont semblé prendre au nom des membres de leurs institutions respectives. Le public et les diplomate assistant aux deux séances ont pris acte pour attendre les assermentés au tournant. Il n’y avait donc pas lieu de se crisper outre mesure, et là-dessus les deux maîtres des céans ont aussi donné le ton de la détente à maintenir.
Effectivement le président de l’Assemblée nationale et celui du Sénat ont affiché, malgré la gravité des problèmes qu’ils présentaient, une sérénité remarquable. Comme eux compagnons loyaux engagés dans une bataille, aussitôt que chacun d’entre eux deux, achevait comme de jouer sa partition d’une symphonie, ils se retrouvaient ensemble échanger en toute confiance. Entre les deux séances, au sortir de la Salle des Congrès où s’était déroulée la cérémonie de l’Assemblée nationale, et en se dirigeant vers l’hémicycle du Sénat, Kamerhe et Kengo étaient côte à côte accompagnés, certes, par le ministre d’Etat en charge de l’Intérieur Denis Kalume.
A voir progresser ainsi dans le couloir le président de la chambre basse et son pair de la chambre haute du Parlement, on ne pouvait qu’admirer le duo qu’ils formaient et autour duquel s’agglutinait le reste de l’assistance. Le spectacle était de bon augure pour traduire un modèle d’entente entre responsables politiques. Tout cela était encore plus remarquable à l’issue de la prestation du Président du Sénat quand il rejoindra à nouveau son compagnon pour le dernier cérémonial de l’événement : la réception au cocktail offert dans la Salle des Banquets. C’est là que les deux des institutions parlementaires étaient salués par les invités qui leur adressaient des amicaux messages.
Point n’est besoin de haïr l’autre !

Les députés, sénateurs, ministres, ambassadeurs et autres personnalités de la société civile défilaient devant eux avant de se faire servir sa collation. Les retrouvailles étaient magnifiques entre un Kamerhe et un Kengo exubérant et en pleine forme et tous les invités qui pouvaient les approcher en toute assurance. Au terme de ces salutations, les deux vedettes du jour ont trinqué avec les membres de leurs bureaux respectifs, ainsi que le ministre d’Etat Kalume non moins enchanté de partager l’un de ces rares moments de retrouvailles entre autorités souvent sollicitées chacun de son côté.
Il y a à parier qu’il n’y avait pas qu’un seul admirateur du spectacle dans l’assistance. N’est-ce pas, du reste, ce genre de climat d’entente que M. Kengo a pertinemment évoqué dans son message du jour quand il indiquait ce qui suit : « Les acteurs de la pièce qui se joue, ne sont pas seulement simples et courageux, Ils sont avant tout Congolais. Point n’est besoin de haïr l’autre pour être soi-même. Ouvrir les bras vaut mieux que montrer les poings. L’identité se cultive dans l’altruisme et s’étiole dans l’égoïsme et l’allophobie. C’est là une belle leçon d’identité tolérante.
Aussi, devons nous rassembler, unir, les hommes, les femmes, les provinces de notre pays quelles que soient leurs diversités et leurs différences, tout dans un bel élan de sursaut national. De la diversité et de la différence, nous devons apprendre à tirer le meilleur ». Voilà un exemple de convivialité à souhaiter dans les contacts et relations de la classe politique congolaise qui doivent, dès lors qu’ils assument des fonctions publics, transcender leurs vues étriquées et composer pour la réalisation des programmes d’épanouissement du peuple. C’est après tout la raison qui justifie la confiance et l’espoir placés en eux.
Daniel Nzuzi/MMC
Last edited: 18/03/2008 10:52:52