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La Résolution 1804 du Conseil de sécurité des Nations unies exigeant des FDLR, des ex-FAR/Interahamwe, groupes armés rwandais qu’ils « déposent immédiatement les armes », pose un sérieux problème au gouvernement congolais invité à procéder à leur rapatriement. Avec quels moyens va-t-il s’y prendre quand on  sait, d’une part, qu’il est sous embargo de « facto » et que, d’autre part, les FDLR conditionnent leur désar­mement volontaire à la mise en oeuvre des  « mesures d’accompagnement » convenues avec la RDC aux né­gociations de Rome (Italie) parrainées par la commu­nauté catholique Sant’Egidio en 2005 ? Le Conseil de sécurité des Na­tions unies a, par sa Résolution 1804 du 13 mars 2008, exigé que les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), les ex-Forces armées rwandaises (ex-FAR)/ Interahamwe et « d’autres groupes armés rwandais » qu’ils « déposent immédiatement les armes ».

Il leur impose qu’ils « cessent immédiatement de recruter et d’utiliser des enfants, libèrent tous les enfants associés à eux et mettent fin aux actes de violence sexuelle et qu’ ils se présentent «  sans plus tarder et sans conditions préalables » aux autorités congolaises et à la Monuc. Et ce, en vue de leurs « désarmement démobilisation,     rapatriement, réinstallation et réintégration ». Les auteurs du recrutement des enfants soldats devant être « traduits en justice » sou- ligne-t-il.

Aux gouvernements con­golais et rwandais. Le Conseil de sécurité demande d’intensifier leur coopération afin de donner suite aux engagements énoncés dans le communiqué de Nairobi du 9 novembre 2007. « en par­ticulier en vue de créer les con­ditions propices au rapatriement des combattants démobilisés ». Cette résolution onu­sienne s’ajoutant à d’autres dé­cisions prises antérieurement sur la même question, le peuple  congolais s’interroge sur les chan­ces de leur application. Aucune action concrète n’ayant été. Depuis plusieurs années, observée sur le terrain où les rebelles rwandais «  contrôlent  aujourd’hui une dizaine de loca­lités au Sud-Kivu.

Les revendications des Fdlr

A propos des « condi­tions, personne n’ignore les revendications que les chefs des FDLR avaient exprimé le 30 mars 2005 à Rome, où ils s’étaient engagés aussi à s’abs­tenir «  d’ores et déjà de toute opération offensive contre le Rwanda et à transformer leur lutte en «  combat politique ». Au fur et à mesure que les me­sures d’accompagnement  seront mises en oeuvre, les FDLR accepteront le désarmement volontaire et le retour pacifique de leurs forces  au Rwanda, avaient promis à l’issue des négociations engagées avec des émissaires de Kinshasa.

Ils réclamaient des garan­ties sécuritaires, l’ intégration d’une partie de leurs hommes dans l’armée rwandaise, la pos­sibilité pour leur mouvement de se transformer en parti politique et en exil « sécurisé » pour ceux qui sont désireux de continuer de vivre à l’étranger.  Les ex-rebelles auront à rendre compte de leurs actes durant le génocide, avait alors menacé Kigali.

S’agissant du désarmement « forcé »  et leur rapatrie­ment par les soins du gouvernement congolais, il y a bien de points à régler. A preuve. Les chefs des FDLR étant réticents même s’ils ont accepté de par­ticiper à une prochaine réunion avec des autorités congolaises à Kisangani (province Orientale) le recours à la force pour les désarmer s’avère évident.

La Rdc  « désarmées »

La « Tripartite Plus un parrainé par les Etats-­Unis d’Amérique, avait levé des options dont l’une portait sur la mise en place d’une force mili­taire panafricaine chargée de soutenir les Forces armées de la RDC à «  neutraliser  aux fins de rapatriement - toutes les for­ces négatives présentes sur la partie orientale du territoire con­golais.

Mais, malgré les intentions affichées par certains pays afri­cains, l’Union africaine n’a pas réussi à monter un quelconque bataillon à cet effet. Alors que des soldats africains sont aujourd’hui déployés au Darfour (Soudan).

En République Centra­fricaine et tout récemment aux Comores, pour des missions de maintien de la paix ou de restau­ration de l’autorité de l’Etat.

Il convient de rappeler que les chefs d’états-majors des ar­mées Congolaise, rwandaise et ougandaise avaient, lors d’ une réunion en 2007 convenu de mener des actions militaires conjointes pour neutraliser les « for­ces négatives et étrangères.  Mais, l’éventualité d’un retour de l’armée rwandaise en RDC de « manière officielle » avait pro­voqué une réprobation générale dans les provinces Orientale et du Kivu. Ce qui avait amené le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internatio­nale, Mbusa Nyamwisi, a décla­rer qu’il n’en était pas question.

Dans les salons politiques, on se demande encore comment le Gouvernement congolais s’y prendrait si les rebelles rwandais venaient à refuser de déposer les armes volontairement. En outre, ceux que le Conseil de sécurité appelle diplomatiquement « d’autres groupes armés rwandais  ne seraient-ils pas, en réalité, des soldats de l’armée régulière du Rwanda dont la pré­sence dans les provinces du Kivu a maintes fois été dénoncée par Kinshasa ?

À l’évidence, le gouverne­ment congolais ne peut compter que sur la Monuc dont le rôle est encore mal défini quant à son éventuelle implication dans le désarmement, le cantonnement et le rapatriement des forces négatives étrangères ». En effet, en décidant de reconduire « jusqu’au 31 mars 2008 », « l’embargo sur les armes » qui frappe la RDC, la Résolution 1799 place le gouvernement con­golais en position de faiblesse.

Pourtant, en reconnaissant que « la situation en Républi­que démocratique du Congo continue de faire peser une menace sur la paix et la sécu­rité internationales dans la ré­gion , le Conseil de sécurité devrait aider le gouvernement congolais à se procurer librement des armes sur le marché mon­dial. La réalité est que le Conseil de sécurité continue à jouer le jeu des « commanditaires » des guer­res d’agression contre la Rdc. le Conseil de sécurité sait pertinemm­ent bien que la Rdc est désarmée, son armée en pleine restructuration. Pourquoi ne dé­cide-t-elle pas à requalifier le mandat de la Monuc ? il y a là anguille sous roche.

 Le Conseil de sécurité démeure au service de ceux qui financent les Nations Unies et obéi à leurs injonctions. Les dernières résolutions du Conseil de sécurité ne sont que de la poudre aux yeux des Congolais. Car, les FDLR n’obéissent qu’au langage des armes. Comme le pouvoir de Kigali. Alors trêve de distraction.

(Milor)

Le Potentiel

Last edited: 18/03/2008 13:29:25

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