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Bonjour | 01/12/2008 22:35 | English Make DC Home page | RSS feed

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Finies les vacances. Les activités parlementaires vont reprendre leur cours normal ce samedi 15 mars 2008 dans l’hémicycle du Palais du peuple avec la rentrée parlementaire. Une rentrée parlemen­taire qui s’annonce riche en rebondissements politiques tant des points importants, d’actualité brûlante figurent déjà à l’ordre du jour. Affaire Bundu dia Kongo, amnistie, dérapage monétaire, magistrature, désignation du porte-parole de l’Op­position, et nous en passons. Autant des questions nationales aux implications politiques, économiques, juridiques et so­ciales incontestables. Ce samedi 15 mars 2008 pour­rait devenir une « date historique ». Certes, elle marque la rentrée parlementaire pour la session ordinaire du mois de mars. Mais elle promet d’impri­mer une nouvelle impulsion au processus de l’évolution politique tant il est vrai que plusieurs points qui font l’actualité nationale, doi­vent être gérés avec plus de compétence politique.

Au fait, jamais les parl­ementaires n’ont été placés de­vant leurs responsabilités histo­riques. Ils rentrent des vacances durant lesquelles ils ont palpé du doigt les réalités politiques, éco­nomiques et sociales de notre pays. Après une année d’un en­fantement difficile d’une législa­ture née des cendres d’une guerre complexe, les députés et sénateurs sont interpellés et sou­mis à cette obligation morale, mais surtout électorale de mériter de la confiance placée en eux par leurs électeurs.

C’est-à-dire, juger sans complaisance l’action de l’Exécutif qui ne bénéficie plus de la période de grâce dans le but de créer un environnement national propice à la convivialité et à un développement durable; éditer des lois impersonnelles susceptibles de renforcer l’arsenal juri­dique propice à un Etat de droit pour sortir des voies sinueuses et tortueuses; examiner et ratifier des accords bilatéraux et multi­latéraux visant à créer un espace de coopération serein en vue de doter l’Etat des moyens de sa politique dans cette perspective d’un développement harmonieux qui sous-tend toute promotion humaine.

Les plates-formes parlementaires à rude épreuve

Il est entendu que pour faire la différence avec les autres sessions parlementaires les dé­putés et sénateurs doivent se résoudre à faire preuve de haute responsabilité politique ce afin d’ho­norer leur mandat. Les « points chauds » qui pourront même bousculer le calendrier de la Ses­sion ont un caractère national. Tenez.

De la Loi portant organi­sation et fonctionnement du Conseil supérieur de la Magistrature en deuxième lecture au Sénat, dépend l’indépendance de l’ins­titution « Cours et tribunaux », l’un des piliers importants d’un Etat de droit. Si les interférences politiques influent sur le com­portement des sénateurs au re­gard des calculs politiciens, ce serait une entorse à l’édification d’un Etat de droit. On aura fait le lit à un régime totalitaire.

A l’examen de la loi sur l’Amnistie proposée par le gouvernement découlent toutes les mesures visant à créer un envi­ronnement national propice à une convivialité indispensable à l’éclosion des valeurs. Quant à l’Affaire Bundu dia Kongo, cette question repose sur le respect des textes et lois du pays, des institu­tions de la République pour raf­fermir l’autorité de l’Etat, et bien sûr le respect des libertés indivi­duelles et associatives. Quant à la désignation du porte-parole de l’Opposition, elle s’inscrit dans cette logique de maintenir cet équilibre politique nécessaire en­tre le pouvoir et l’Opposition. Ce point n’est rien d’autre qu’un test de maturité politique que l’on doit reconnaître à la classe politique.

Tous ces points chauds ont un dénominateur commun: l’action du gouvernement déjà en­tamé par le dernier dérapage monétaire. Il faudrait que les dé­putés et sénateurs examinent tou­tes ces questions en toute célé­rité, lucidité, sans passion ni com­plaisance.

Evidemment, cela ne pourrait se faire sans casse tant l’in­térêt national est enjeu. Mainte­nant, il faut juger le discours électoral, proposer des alternatives courageuses pour une nouvelle dynamique dans la gestion des institutions nationales « cette pilule amère », a dit un confrère pour que l’on guérisse. Il faut casser des œufs pour faire des omelettes, en quittant justement ce sentier de la complaisance sur fond de calculs politiciens, de ce laxisme qui conduit à un suicide collectif. Le moment est venu de briser l’immobilisme, de faire face aux défis de la réconcilia­tion nationale, de l’unité nationale, de la bonne gestion doublée d’une vision clairvoyante, du ré­tablissement de l’autorité de l’Etat.

Il ne fait l’ombre d’aucun doute que l’AMP et l’UN sont mises à rude épreuve. D’un côté, il faut honorer le discours élec­toral, reconnaître des insuffisan­ces relevées au cours de cette première année et se faire vio­lence en prenant des décisions courageuses qui ne visent qu’à honorer des engagements pris vis-à-vis des électeurs. Pour y parvenir, il faut rénover, briser cet obscurantisme découlant d’un clientélisme abject source des réseaux maffieux à la base des frustrations, de l’incapacité, de l’incompétence et de la médio­crité. Faire une autre lecture, serait pousser l’AMP à perdre la majorité parlementaire pour une cohabitation qui ne serait pas du tout la moins agitée.

De l’autre, le grand test qui attend l’Union pour la Nation est la désignation du Porte-parole de l’Opposition. Un test de maturité pour ne pas tomber dans le même piège qui guette cette majorité otage d’un clientélisme désuet que nous venons de dé­noncer.

L’atomisation de cette op­position n’est pas à exclure de­vant cette hypothèse qui ne fe­rait pas du tout mal à la majo­rité. De bonne guerre, elle en ti­rerait le bénéfice de « gouverner seul sans partage ». Il n’y aura donc point cet équilibre tant souhaité dans toute démocratie.

Une prise de conscience

Selon les premières inves­tigations, de nombreux parlementaires sont déterminés à bien jouer leur rôle. Ils refusent, toutes les tendances confondues, à être complices de ce laxisme, de cet immobilisme qui risquent de pré­cipiter le pays dans le gouffre.

L’absence de l’Etat, ce leadership fort au sommet qui fait encore défaut, est ressentie par la communauté nationale. L’Af­faire Bundu dia Kongo, les inci­dents de Lubumbashi, la guerre au Nord-Kivu, les insolences des groupes armés, l’administration d’une bonne partie du territoire national par des Rwandais, FDLR, soient-ils, sont des cho­ses inadmissibles. Des défis lan­cés à un pays et qui ne visent qu’à l’humilier, à consacrer son inexis­tence en tant que Nation et Etat. Pas étonnant que les partenaires extérieurs en soient inquiets et se montrent de plus en plus dubita­tifs de croire à une réelle volonté politique de la renaissance de la République démocratique du Congo. Ils ne se le cachent plus. Les parlementaires le savent mieux que nous.

Il y a là des éclaircies d’une réelle prise de conscience. La rentrée parlementaire qui marque également la rentrée politique s’ouvre sous ce signe. Espoir peut-être d’un changement réel qui ne doit plus s’arrê­ter aux effets d’annonce. La ten­sion est bel et bien perceptible.

(Ern.)

Le Potentiel

Last edited: 15/03/2008 13:39:52

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