La grève dans l’enseignement supérieur et universitaire continue d’être ignorée par le gouvernement, alors que l’année académique 2007-2008 est en péril.

Lancée par les professeurs de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), à la suite de la non prise en compte de leurs revendications salariales par l’organe exécutif, la grève s’étend actuellement à d’autres institutions, notamment à l’Institut facultaire des Sciences de l’information et de la communication (IFASIC).
Le corps professoral de cet institut a débrayé, depuis plus d’une semaine et exprime les mêmes revendications que les professeurs de l’Unikin. Dans cette université, le corps académique, qui faisait preuve d’attentisme jusque là, est entré dans la danse, depuis ce lundi 10 mars. Si à l’université de Kinshasa, les activités sont paralysées à cause de la grève des professeurs, dans d’autres institutions d’enseignement universitaire, il n’en est pas le cas. Puisque la grève des professeurs d’université se déroule en ordre dispersé, il n’est pas étonnant que le gouvernement puisse l’ignorer délibérément.
L’université en déliquescence
Au delà de cette grève, c’est la problématique de l’université congolaise qui est posée. 50 ans après sa création, elle est en pleine déliquescence. Le bas salaire alloué aux professeurs d’université n’est pas le seul mal qui ronge l’université, en proie à de multiples problèmes. Auditoires surpeuplés, point sexuellement transmissible, monnayage des points, etc. sont autant de problèmes qui remettent en cause les différents diplômes décernés à plusieurs générations d’étudiants, dont la plupart sont incapables de défendre le « papier » obtenu, à l’issue de leur cursus universitaire.
Bien plus, les professeurs ont pris l’habitude de vendre des syllabus, des travaux pratiques à des prix fantaisistes. A titre illustratif, le dernier prix d’un TP en premier graduat de la Faculté de médecine revient à 7 dollars USD tandis que le prix le plus élevé d’un syllabus est de 25 dollars USD.
Certains chefs des travaux monnayent des séances d’explication des cours aux groupes d’étudiants. Dans un groupe de 30 étudiants, chacun de ces derniers débourse, à titre illustratif, 500 FC par jour pour des séances qui durent entre une heure et trois heures.
Des générations d’ignorants
Tous ces problèmes évoqués vont-ils miraculeusement disparaître, si le gouvernement répond positivement aux revendications salariales des professeurs ?
Ces derniers vont-ils mettre fin à la vente des TP et autres syllabus qui constitue actuellement un marché juteux, au regard du nombre impressionnant des étudiants dans chaque auditoire ?
Les professeurs, mal payés, s’enrichissent sur le dos des étudiants. Certains de ces derniers « achètent » leurs diplômes et sont incapables de le défendre en milieu professionnel.
Des générations d’ignorants sont ainsi lancées sur le marché de l’emploi, suite aux maux qui gangrènent actuellement l’université congolaise, au nombre desquels figure le mauvais salaire accordé aux professeurs.
Entre-temps, la grève des professeurs se poursuit à l’Unikin et à l’Ifasic, sans toutefois que des négociations n’aient été entamées avec le gouvernement qui risque pourtant d’être rattrapé par le mouvement de revendication salariale des enseignants.
(Ern.)
L’Etoile de la Nation
Last edited: 15/03/2008 12:08:26